Il peut notamment prononcer une amende et, lorsque la loi le prévoit, certaines peines complémentaires telles qu’une suspension du permis de conduire. En revanche, contrairement au tribunal correctionnel, il ne peut pas prononcer de peine d’emprisonnement.
Une personne peut être convoquée devant cette juridiction après la contestation d’une contravention, à la suite de poursuites engagées par le ministère public ou encore après une opposition à une ordonnance pénale. Comprendre la compétence du tribunal, le déroulement de l’audience et les règles de preuve permet de mieux préparer sa défense et d’anticiper les conséquences de la décision.
À retenir
- Le tribunal de police juge les contraventions de la 1re à la 5e classe.
- Il statue en principe à juge unique ;
- L’avocat n’est pas obligatoire devant le tribunal de police.
- Le tribunal peut prononcer une amende et, selon l’infraction, certaines peines complémentaires ;
- Il ne peut pas prononcer de peine d’emprisonnement.
- Certaines affaires peuvent être jugées sans audience dans le cadre d’une ordonnance pénale.
- Les procès-verbaux bénéficient, dans de nombreux cas, d’une force probante particulière : leur contestation doit donc être préparée avec précision.
Dans cet article
Retrouvez les principales étapes abordées dans cet article.
- Qu’est-ce que le tribunal de police ?
- Quelles infractions sont jugées par le tribunal de police ?
- Tribunal de police ou tribunal correctionnel : quelle différence ?
- Quel tribunal de police est compétent ?
- Qui siège au tribunal de police ?
- Comment le tribunal de police est-il saisi ?
- Peut-on être condamné sans audience ? L’ordonnance pénale
- Comment se déroule une audience au tribunal de police ?
- Comment contester les faits devant le tribunal de police ?
- Quelles sanctions peut prononcer le tribunal de police ?
- L’avocat est-il obligatoire devant le tribunal de police ?
- Que faire si vous êtes convoqué au tribunal de police ?
- Peut-on être jugé sans être présent à l’audience ?
- Quels recours après une décision du tribunal de police ?
- Tribunal de police et infractions routières
- Questions fréquentes sur le tribunal de police
Qu’est-ce que le tribunal de police ?
Le tribunal de police est une juridiction pénale de première instance chargée de juger les contraventions.
L’article 521 du Code de procédure pénale pose une règle simple : le tribunal de police connaît des contraventions.
Les infractions pénales sont traditionnellement réparties en trois catégories selon leur gravité :
- Les contraventions, jugées par le tribunal de police ;
- Les délits, jugés par le tribunal correctionnel ;
- Les crimes, jugés par la cour criminelle départementale ou la cour d’assises selon les cas.
Le tribunal de police est constitué notamment d’un juge du tribunal judiciaire, d’un représentant du ministère public et d’un greffier.
Il faut distinguer la juridiction elle-même du bâtiment dans lequel l’audience se déroule : les audiences du tribunal de police se tiennent aujourd’hui dans le cadre du tribunal judiciaire.
Quelles infractions sont jugées par le tribunal de police ?
Le tribunal de police juge les contraventions des cinq classes.
Le montant maximal de l’amende encourue dépend de la classe de la contravention :
| Classe de contravention | Amende maximale encourue |
|---|---|
| 1re classe | 38 € |
| 2e classe | 150 € |
| 3e classe | 450 € |
| 4e classe | 750 € |
| 5e classe | 1 500 € |
| 5e classe en récidive lorsque le texte le prévoit | Jusqu’à 3 000 € |
Ces plafonds sont prévus par l’article 131-13 du Code pénal.
De nombreuses contraventions routières peuvent donc relever du tribunal de police : certains excès de vitesse, usages irréguliers du téléphone au volant, non-respect de règles de circulation ou encore certaines infractions relatives au stationnement ou à l’équipement du véhicule.
La qualification exacte de l’infraction doit néanmoins toujours être vérifiée, car une évolution législative ou réglementaire peut modifier la juridiction compétente.
Attention : le grand excès de vitesse est désormais un délit
Depuis le 29 décembre 2025, un excès de vitesse d’au moins 50 km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée ne constitue plus une contravention de 5e classe : il s’agit désormais d’un délit.
Ces faits ne relèvent donc plus du tribunal de police en raison de cette qualification, mais de la juridiction correctionnelle.
Cette évolution est importante car de nombreuses publications plus anciennes présentent encore le grand excès de vitesse comme une contravention relevant du tribunal de police.
Tribunal de police ou tribunal correctionnel : quelle différence ?
La distinction dépend avant tout de la qualification de l’infraction.
| Tribunal de police | Tribunal correctionnel |
|---|---|
| Juge les contraventions | Juge les délits |
| Pas de peine d’emprisonnement | Une peine d’emprisonnement peut être encourue |
| Amendes contraventionnelles | Amendes délictuelles |
| Certaines peines complémentaires possibles | Peines principales et complémentaires prévues pour les délits |
| Ex. certaines contraventions routières | Ex. conduite sous alcool délictuelle, stupéfiants au volant, grand excès de vitesse |
Le tribunal de police n’est donc pas une version « moins grave » du tribunal correctionnel au sens procédural. Il s’agit d’une juridiction dont la compétence est définie par la nature contraventionnelle de l’infraction.
Cette distinction détermine notamment les peines susceptibles d’être prononcées et certaines règles de procédure.
Quel tribunal de police est compétent ?
L’article 522 du Code de procédure pénale prévoit plusieurs critères de compétence territoriale.
Peut notamment être compétent :
- Le tribunal du lieu où la contravention a été commise ;
- Le tribunal du lieu où elle a été constatée ;
- Le tribunal du lieu de résidence du prévenu.
Des règles particulières existent également pour certaines contraventions relatives aux véhicules, au chargement ou aux transports terrestres.
En pratique, la juridiction compétente est indiquée sur la citation, la convocation ou la décision reçue.
Qui siège au tribunal de police ?
Le tribunal de police comprend notamment :
- Un juge ;
- Un greffier ;
- Le ministère public.
Le ministère public ne prend pas nécessairement la même forme pour toutes les contraventions.
Pour certaines contraventions, il peut être représenté par l’officier du ministère public. Pour les contraventions de 5e classe qui ne relèvent pas de la procédure de l’amende forfaitaire, le procureur de la République occupe notamment le siège du ministère public.
À l’audience peuvent également être présents :
- Le prévenu ;
- Son avocat ;
- La victime constituée partie civile ;
- L’avocat de la partie civile ;
- Éventuellement des témoins.
Comment le tribunal de police est-il saisi ?
Une affaire peut arriver devant le tribunal de police de plusieurs manières.
Le procureur de la République peut décider de poursuivre l’auteur présumé d’une contravention et choisir entre une procédure ordinaire avec audience et, lorsque les conditions sont réunies, une procédure simplifiée par ordonnance pénale.
Dans la procédure ordinaire, le prévenu peut notamment être convoqué par une citation ou par une convocation écrite remise par un officier de police judiciaire.
Le tribunal peut également être saisi notamment :
- Par citation directe à l’initiative d’une victime ;
- Par une ordonnance de renvoi du juge d’instruction ;
- Dans certaines situations, par comparution volontaire.
En matière routière, l’audience devant le tribunal de police intervient souvent après la contestation d’une contravention lorsque le ministère public décide de poursuivre l’affaire devant la juridiction.
Peut-on être condamné sans audience ? L’ordonnance pénale
Oui.
Toutes les contraventions ne donnent pas nécessairement lieu à une audience contradictoire.
Dans le cadre de la procédure simplifiée, le ministère public transmet au juge le dossier de poursuite accompagné de ses réquisitions. Le juge statue alors sans débat préalable, et rend ce que l’on appelle une ordonnance pénale contraventionnelle
Il peut, dans celle-ci :
- Prononcer une relaxe ;
- Prononcer une amende ;
- Prononcer, le cas échéant, certaines peines complémentaires ;
- Décider qu’un débat contradictoire est nécessaire et renvoyer l’affaire vers la procédure ordinaire.
La personne condamnée dispose d’un droit d’opposition.
Le délai d’opposition est en principe de 30 jours à compter de la notification dans les conditions prévues par l’article 527 du Code de procédure pénale.
L’opposition permet alors de faire rejuger l’affaire devant le tribunal de police dans le cadre d’une audience.
Comment se déroule une audience au tribunal de police ?
Recevoir une convocation devant une juridiction peut être impressionnant. Le déroulement d’une audience de police suit toutefois plusieurs étapes relativement structurées.
1. L’appel de l’affaire
Les dossiers inscrits à l’audience sont appelés successivement.
Le tribunal vérifie notamment la présence du prévenu, de son avocat lorsqu’il est assisté, ainsi que des éventuelles parties civiles.
2. La vérification de l’identité et de la poursuite
Le juge vérifie l’identité du prévenu et rappelle l’infraction pour laquelle il est poursuivi.
Cette étape permet de déterminer précisément les faits dont le tribunal est saisi.
Le débat ne porte pas sur n’importe quel comportement reproché au prévenu : il porte sur les faits visés par la poursuite.
3. L’examen des faits et des preuves
Le juge entend le prévenu, les éventuelles parties civiles et les témoins.
Il examine les pièces produites et peut procéder à des interrogatoires ou à des confrontations lorsqu’il l’estime nécessaire.
Pour une contravention routière, les débats peuvent notamment porter sur les circonstances du contrôle, l’identification du conducteur, le contenu du procès-verbal et les éléments matériels permettant d’établir l’infraction. Ils peuvent également concerner les documents ou témoignages produits par la défense ainsi qu’une éventuelle irrégularité susceptible d’affecter les poursuites.
4. Les réquisitions du ministère public
Le représentant du ministère public présente ensuite ses réquisitions.
Il expose la position de l’accusation et peut demander au tribunal de prononcer une peine ou, selon les circonstances, requérir la relaxe.
Les réquisitions constituent une demande adressée au tribunal. Le juge reste libre de la décision qu’il rend dans le respect des textes applicables.
5. La défense et la plaidoirie
Le prévenu ou son avocat peut ensuite présenter les arguments de défense.
La défense peut porter aussi bien sur :
- La régularité de la procédure ;
- La matérialité des faits ;
- Leur imputabilité au prévenu ;
- Les éléments de preuve ;
- La qualification juridique ;
- Les circonstances particulières de l’affaire ;
- La peine et ses conséquences.
6. La parole est donnée en dernier au prévenu
Avant que les débats soient clos, la parole doit être donnée en dernier au prévenu.
Il peut alors compléter les observations présentées par son avocat ou répondre personnellement aux derniers éléments évoqués au cours de l’audience.
7. Le jugement
Le tribunal peut rendre sa décision immédiatement ou fixer une date ultérieure à laquelle le jugement sera prononcé.
La décision peut notamment être une condamnation ou une relaxe.
Le mot de Maître LEFEBVRE
Lorsqu’une personne conteste une contravention, il ne suffit pas toujours d’arriver à l’audience en indiquant simplement au juge qu’elle n’est pas d’accord avec le procès-verbal. Il faut identifier ce que le dossier établit réellement, ce qui peut être juridiquement contesté et surtout quels éléments permettent de soutenir cette contestation. La préparation de la preuve est souvent déterminante.
Comment contester les faits devant le tribunal de police ?
La contestation d’une contravention présente une particularité importante : les procès-verbaux établis par les agents habilités bénéficient, dans de nombreuses situations, d’une force probante particulière.
L’article 537 du Code de procédure pénale prévoit que les contraventions peuvent être établies par procès-verbaux, rapports ou témoignages. Sauf disposition particulière, les procès-verbaux et rapports établis par les agents compétents font foi jusqu’à preuve contraire. Cette preuve contraire ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins.
Cela signifie qu’une contestation ne doit pas être confondue avec une simple dénégation.
Selon le dossier, il peut être nécessaire d’examiner les constatations personnelles de l’agent, les mentions figurant au procès-verbal, la nature exacte de l’infraction ainsi que l’identification de son auteur. L’analyse peut également porter sur les photographies ou autres éléments matériels, les documents et témoignages susceptibles de contredire les constatations, les éventuelles contradictions du dossier et la régularité des actes de procédure.
Toutes les mentions d’un procès-verbal n’ont pas nécessairement la même portée. Il faut donc analyser précisément les conditions dans lesquelles l’infraction a été constatée et les règles de preuve applicables au cas concerné.
Quelles sanctions peut prononcer le tribunal de police ?
Le tribunal de police peut tout d’abord prononcer une amende, dont le montant dépend de la classe de la contravention.
Selon l’infraction et les textes qui la répriment, des peines complémentaires ou restrictives de droits peuvent également être prévues.
En matière routière, il peut notamment s’agir, lorsque le texte applicable le permet, d’une suspension du permis de conduire.
D’autres sanctions peuvent être prévues selon la nature de la contravention, notamment certaines confiscations.
En revanche, le tribunal de police ne peut pas prononcer de peine d’emprisonnement.
Le tribunal peut également prononcer la relaxe s’il estime que la culpabilité du prévenu n’est pas suffisamment établie ou que les poursuites ne sont pas fondées.
Lorsqu’une victime s’est constituée partie civile, le tribunal statue également sur ses demandes d’indemnisation.
L’avocat est-il obligatoire devant le tribunal de police ?
Non. L’assistance d’un avocat n’est en principe pas obligatoire devant le tribunal de police.
Mais une audience ne consiste pas simplement à exposer sa version des faits. L’avocat analyse le dossier, vérifie la régularité de la procédure, conteste les éléments de preuve lorsque cela est possible et prépare les pièces utiles à la défense, notamment celles relatives à la situation personnelle, professionnelle et au permis de conduire.
L’absence d’avocat peut donc conduire à laisser de côté des arguments ou des pièces qui auraient pu permettre d’obtenir une relaxe, d’écarter certaines poursuites ou de solliciter une sanction moins sévère.
Dans les dossiers routiers, l’enjeu ne se limite souvent pas qu’au montant de l’amende. Une condamnation peut également avoir des conséquences importantes sur le permis de conduire et sur la situation professionnelle du conducteur. Être assisté par un avocat permet de présenter une défense complète et de chercher à limiter autant que possible les sanctions prononcées par le tribunal.
Que faire si vous êtes convoqué au tribunal de police ?
Il est préférable de ne pas attendre les derniers jours avant l’audience pour examiner le dossier. Il convient d’abord de vérifier précisément la convocation, notamment la juridiction saisie, la date et l’heure de l’audience, l’infraction poursuivie, la date et le lieu des faits, les textes visés ainsi que les éventuelles peines complémentaires encourues.
Il est également important de réunir les documents utiles à la défense, notamment la convocation ou la citation, l’avis de contravention initial lorsqu’il existe, la contestation déjà adressée, les réponses reçues de l’administration ou du ministère public, les photographies, les autres pièces utiles ainsi que les coordonnées des éventuels témoins.
Analysez la preuve avant l’audience
Lorsque les faits sont contestés, il faut déterminer ce que le procès-verbal établit réellement et quels éléments peuvent lui être opposés.
Une argumentation élaborée pour la première fois oralement à l’audience peut être insuffisante lorsqu’elle nécessite des pièces ou des témoignages.
Anticipez les conséquences sur le permis
En matière routière, il faut également vérifier les conséquences possibles d’une condamnation :
- Peine complémentaire éventuelle ;
- Retrait de points attaché à l’infraction ;
- Situation du solde de points ;
- Conséquences professionnelles ;
- Existence éventuelle d’autres procédures en cours.
Peut-on être jugé sans être présent à l’audience ?
La question dépend notamment de la manière dont le prévenu a été convoqué, de la nature de l’infraction et des conditions dans lesquelles son absence intervient.
Les règles relatives à la comparution et à la représentation sont applicables devant le tribunal de police : une personne régulièrement citée peut être jugée même si elle ne se présente pas à l’audience.
Lorsqu’il est établi qu’elle a eu connaissance de la citation, le jugement est en principe rendu contradictoirement à signifier. L’absence du prévenu n’entraîne donc pas automatiquement le renvoi de l’affaire
Lorsque la contravention poursuivie n’est passible que d’une peine d’amende, l’article 544 du Code de procédure pénale permet notamment au prévenu de se faire représenter par un avocat ou par une personne disposant d’une procuration spéciale.
Selon les conditions de la convocation et de la comparution, la décision peut notamment être qualifiée de contradictoire, contradictoire à signifier ou être rendue par défaut. Cette qualification est importante puisqu’elle détermine les voies et délais de recours.
Quels recours après une décision du tribunal de police ?
L’opposition à une ordonnance pénale
La personne condamnée par ordonnance pénale peut former opposition.
Le délai est = de 30 jours dans les conditions prévues par l’article 527 du Code de procédure pénale.
L’affaire est alors examinée dans le cadre d’une audience devant le tribunal de police, lors de laquelle il sera possible de faire valoir ses arguments.
L’appel d’un jugement
Contrairement à une idée fréquente, tous les jugements du tribunal de police ne sont pas susceptibles d’appel.
L’article 546 du Code de procédure pénale ouvre notamment l’appel lorsque :
- L’amende encourue est celle prévue pour une contravention de 5e classe ;
- Certaines peines restrictives de droits ont été prononcées, comme une suspension de permis ;
- L’amende effectivement prononcée dépasse le maximum prévu pour les contraventions de 2e classe, soit plus de 150 euros.
Lorsqu’il est ouvert, le délai d’appel est en principe de 10 jours, à compter du prononcé du jugement ou de sa signification selon la nature de la décision.
L’opposition à un jugement rendu par défaut
Lorsqu’une personne n’a pas eu connaissance de la convocation et qu’un jugement est rendu par défaut, l’opposition peut permettre de faire rejuger l’affaire par le tribunal de police.
Le délai est en principe de 10 jours à compter de la signification du jugement ou du moment où la personne a effectivement connaissance de la décision dans les conditions prévues par les textes.
Le pourvoi en cassation
Lorsqu’aucun appel n’est ouvert et que le jugement a été rendu en dernier ressort, un pourvoi en cassation peut être envisagé.
La Cour de cassation ne rejugera toutefois pas les faits : elle vérifie si les règles de droit et de procédure ont été correctement appliquées.
Le délai de pourvoi est en principe de 10 jours francs.
Compte tenu de la brièveté des délais de recours, il est important d’examiner rapidement la décision reçue.
Tribunal de police et infractions routières
Le droit routier représente une part importante du contentieux contraventionnel.
Un conducteur peut notamment comparaître devant le tribunal de police après avoir contesté une infraction et lorsque le ministère public décide de poursuivre l’affaire.
L’audience peut alors présenter plusieurs enjeux.
La matérialité de l’infraction
Le tribunal doit déterminer si les faits reprochés sont établis.
Selon l’infraction, la défense peut porter sur :
- Les constatations contenues au procès-verbal ;
- L’identité du conducteur ;
- Les circonstances matérielles ;
- La signalisation ;
- Les mesures réalisées ;
- Les documents techniques ;
- Des témoignages.
La régularité de la procédure
Le dossier doit également être examiné afin de vérifier si les règles prévues pour la constatation et la poursuite de l’infraction ont été respectées.
Une irrégularité n’entraîne pas automatiquement l’annulation de l’ensemble de la procédure : sa portée dépend de la règle concernée et des conditions prévues par les textes.
Les sanctions complémentaires
Certaines contraventions routières permettent au tribunal de prononcer des peines complémentaires.
La suspension du permis peut notamment être prévue pour certaines infractions.
Il faut distinguer cette sanction judiciaire du retrait de points, qui intervient dans le cadre du système administratif du permis à points lorsque l’infraction devient définitive.
L’évolution de la qualification de certaines infractions
La matière routière évolue régulièrement.
L’exemple du grand excès de vitesse est particulièrement révélateur : depuis le 29 décembre 2025, dépasser la vitesse maximale autorisée d’au moins 50 km/h constitue un délit et ne relève plus du contentieux contraventionnel du tribunal de police.
La qualification exacte de l’infraction doit donc toujours être vérifiée à la date des faits.
Questions fréquentes sur le tribunal de police
Quelles infractions sont jugées par le tribunal de police ?
Le tribunal de police juge les contraventions de la 1re à la 5e classe. L’article 521 du Code de procédure pénale lui donne compétence pour connaître des contraventions.
Quelle différence entre le tribunal de police et le tribunal correctionnel ?
Le tribunal de police juge les contraventions tandis que le tribunal correctionnel juge les délits. Le tribunal de police ne peut pas prononcer de peine d’emprisonnement.
L’avocat est-il obligatoire au tribunal de police ?
Non. L’avocat n’est en principe pas obligatoire, mais son intervention peut être utile lorsque les faits sont contestés, que le dossier comporte un enjeu professionnel important ou que le permis de conduire est menacé.
Peut-on être condamné sans audience ?
Oui. Une ordonnance pénale peut être rendue sans débat préalable. La personne condamnée dispose alors d’un droit d’opposition.
Peut-on être jugé en son absence ?
Oui, dans certaines situations. Les conséquences de l’absence dépendent notamment des conditions de convocation et peuvent avoir une incidence sur la qualification du jugement et sur les voies de recours.
Le tribunal de police peut-il suspendre le permis de conduire ?
Oui, lorsque la suspension du permis constitue une peine prévue pour la contravention poursuivie. Le tribunal ne peut donc pas prononcer une suspension pour n’importe quelle infraction.
Peut-on faire appel d’un jugement du tribunal de police ?
Pas systématiquement. L’appel n’est ouvert que dans les hypothèses prévues notamment par l’article 546 du Code de procédure pénale.
Article rédigé par Maître Yann LEFEBVRE, Avocat à la Cour, le 7 septembre 2026.
Références juridiques
- Code de procédure pénale, article 45 : ministère public devant le tribunal de police. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, articles 521 à 523 : compétence et composition du tribunal de police. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, article 522 : compétence territoriale. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, articles 524 à 528-2 : procédure simplifiée et ordonnance pénale ;
- Code de procédure pénale, article 525 : décision rendue sans débat préalable dans le cadre de l’ordonnance pénale. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, article 527 : opposition à l’ordonnance pénale. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, articles 534 à 543 : jugement devant le tribunal de police. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, article 537 : preuve des contraventions et force probante des procès-verbaux. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, articles 544 et 545 : comparution, représentation, jugement par défaut et opposition. Légifrance ;
- Code de procédure pénale, articles 546 à 549 : appel des jugements de police. Légifrance ;
- Code pénal, articles 131-12 à 131-18 : peines contraventionnelles. Légifrance ;
- Code pénal, article 131-13 : classes de contraventions et montants maximaux des amendes. Légifrance.
