Cette sanction peut notamment être envisagée après une alcoolémie au volant, une conduite sous stupéfiants, un grand excès de vitesse, une conduite sans permis, un refus d’obtempérer ou certaines récidives.
La confiscation n’est toutefois pas prononcée dans toutes les procédures. Son application dépend de l’infraction, de l’existence éventuelle d’une récidive, de la propriété du véhicule et des éléments présentés au tribunal. Même lorsqu’elle est prévue comme obligatoire, le juge peut, dans plusieurs situations, décider de ne pas la prononcer en motivant spécialement sa décision.
L’essentiel à retenir
La confiscation est une sanction définitive prononcée par une juridiction pénale.
Une voiture placée en fourrière après un contrôle n’est donc pas encore nécessairement confisquée.
La confiscation peut être facultative ou obligatoire, selon l’infraction commise. Une confiscation obligatoire peut néanmoins, dans de nombreux cas, être évitée en obtenant une décision spécialement motivée du tribunal.
En principe, la confiscation concerne le véhicule utilisé pour commettre l’infraction lorsque le condamné en est propriétaire. Des règles particulières existent toutefois lorsque le véhicule appartient à un tiers, à une société ou à un organisme de financement.
Lorsqu’une confiscation est prononcée, le délai pour exercer un recours peut être très court. L’appel d’un jugement pénal doit notamment être formé dans un délai de dix jours.
N’attendez pas que la confiscation devienne définitive
Les délais de recours sont courts. Le Cabinet KIRMEN & LEFEBVRE vérifie les moyens de contester la décision ou d’obtenir la restitution du véhicule.
Dans cet article
Retrouvez les principales étapes abordées dans cet article.
- Qu’est-ce que la confiscation du véhicule ?
- Quelles infractions peuvent entraîner une confiscation ?
- La confiscation obligatoire est-elle automatique ?
- Peut-on confisquer le véhicule d’un tiers ?
- Comment se déroule la procédure ?
- Comment éviter la confiscation du véhicule ?
- Comment contester et récupérer le véhicule ?
- Que devient un véhicule confisqué ?
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que la confiscation du véhicule ?
La confiscation est une peine complémentaire. Elle s’ajoute généralement à d’autres sanctions telles qu’une amende, une suspension du permis de conduire, une annulation du permis ou une peine d’emprisonnement.
Elle entraîne la perte définitive du véhicule. Le propriétaire ne peut plus le récupérer et ne reçoit, en principe, aucune indemnisation correspondant à sa valeur.
Seul un juge peut prononcer la confiscation définitive. Elle peut notamment intervenir dans le cadre :
- d’une audience devant le tribunal correctionnel ;
- d’une audience devant le tribunal de police lorsque celui-ci reste compétent ;
- d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ;
- d’une ordonnance pénale.
Confiscation, saisie, immobilisation et fourrière : quelles différences ?
Ces mesures sont souvent confondues alors qu’elles n’ont ni le même objet ni les mêmes conséquences.
| Mesure | Autorité compétente | Conséquence principale |
|---|---|---|
| Immobilisation | Forces de l’ordre ou autorité administrative ou judiciaire | Interdiction temporaire de déplacer ou d’utiliser le véhicule |
| Mise en fourrière | Autorité administrative ou judiciaire | Enlèvement et garde du véhicule dans un lieu désigné |
| Saisie pénale | Autorité judiciaire | Placement temporaire du véhicule sous main de justice |
| Confiscation | Juridiction pénale | Perte définitive du véhicule au profit de l’État |
La saisie pénale est une mesure temporaire destinée à conserver un bien pendant la procédure. La confiscation constitue, au contraire, une peine définitive.
À retenir
Le fait qu’une voiture ait été enlevée et placée en fourrière après un contrôle ne signifie pas qu’elle est déjà confisquée. Sa confiscation définitive ne peut être prononcée que par un juge, le jour de l’audience.
Quelles infractions peuvent entraîner la confiscation du véhicule ?
Le Code de la route et le Code pénal prévoient la confiscation pour de nombreuses infractions. Selon la situation, elle est facultative ou obligatoire en principe.
Les cas de confiscation facultative
La confiscation est facultative lorsque le texte permet au juge de la prononcer sans l’y obliger. Le tribunal apprécie alors la situation au regard de l’infraction, de la personnalité du prévenu et des conséquences de la sanction.
Une confiscation facultative peut notamment être encourue pour :
- une conduite sous l’empire d’un état alcoolique ;
- une conduite en état d’ivresse manifeste ;
- une conduite après usage de stupéfiants ;
- un refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie ;
- un refus de se soumettre aux vérifications de stupéfiants ;
- un dépassement de la vitesse maximale autorisée d’au moins 50 km/h ;
- la détention, le transport ou l’utilisation d’un appareil destiné à détecter ou perturber les contrôles routiers ;
- un délit de fuite ;
- une conduite sans assurance ;
- une conduite sans permis ;
- un refus d’obtempérer, hors hypothèses rendant la confiscation obligatoire.
La conduite sans assurance peut ainsi donner lieu à la confiscation du véhicule utilisé lorsque le condamné en est propriétaire. Il en va de même pour la conduite sans permis.
Depuis le 31 décembre 2025, tout dépassement de la vitesse maximale autorisée d’au moins 50 km/h constitue directement un délit. Le conducteur encourt notamment trois mois d’emprisonnement, 3 750 euros d’amende et la confiscation du véhicule utilisé lorsqu’il en est propriétaire.
Les cas de confiscation obligatoire
La confiscation est prévue comme obligatoire dans plusieurs situations particulièrement graves ou en cas de récidive.
Elle peut notamment être obligatoire en principe en cas de :
- récidive de conduite sous l’empire de l’alcool ou en état d’ivresse manifeste ;
- récidive de refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie ;
- récidive de conduite après usage de stupéfiants ;
- récidive de refus de se soumettre aux vérifications de stupéfiants ;
- conduite après usage de stupéfiants associée à un état alcoolique ;
- récidive de grand excès de vitesse ;
- récidive de refus d’obtempérer ;
- refus d’obtempérer aggravé ;
- conduite avec un faux permis de conduire ;
- conduite malgré une suspension, une annulation ou une interdiction judiciaire d’obtenir un permis ;
- rodéo motorisé ;
- homicide routier ou blessures routières dans certaines circonstances prévues par les textes.
La loi du 9 juillet 2025 a créé les qualifications d’homicide routier et de blessures routières, notamment lorsque l’accident mortel ou corporel est associé à l’alcool, aux stupéfiants, à une absence de permis, à un excès de vitesse important, à un délit de fuite, à l’usage du téléphone ou à un refus d’obtempérer.
| Situation | Régime | Observation |
|---|---|---|
| Alcool au volant, hors récidive | Facultative | Le tribunal décide s’il prononce ou non la peine |
| Récidive d’alcool au volant | Obligatoire en principe | Elle peut être écartée par une décision spécialement motivée |
| Stupéfiants, hors alcool associé | Facultative | Le véhicule doit en principe appartenir au condamné |
| Stupéfiants associés à l’alcool | Obligatoire en principe | Le tribunal peut, selon le texte applicable, l’écarter par une décision motivée |
| Grand excès de vitesse | Facultative | L’infraction est un délit depuis le 31 décembre 2025 |
| Récidive de grand excès de vitesse | Obligatoire en principe | Une décision spécialement motivée peut permettre de l’écarter |
| Conduite sans assurance | Facultative | Le condamné doit en principe être propriétaire du véhicule |
| Conduite malgré une suspension judiciaire | Obligatoire en principe | Le régime doit être distingué de la seule suspension administrative |
| Refus d’obtempérer simple | Facultative | Le régime de propriété peut être plus large que pour d’autres infractions |
| Refus d’obtempérer aggravé ou récidivé | Obligatoire en principe | Les droits du propriétaire de bonne foi doivent être pris en compte |
Cette présentation reste générale. La qualification exacte de l’infraction, la date des faits, les antécédents du conducteur et la nature de la récidive doivent être vérifiés dans chaque dossier.
La confiscation obligatoire du véhicule est-elle automatique ?
Le terme « obligatoire » peut prêter à confusion.
Il signifie que le tribunal doit, en principe, envisager et prononcer la confiscation. Cela ne signifie pas nécessairement que le véhicule sera confisqué dans tous les dossiers.
Pour plusieurs infractions, le texte autorise expressément la juridiction à ne pas prononcer la confiscation par une décision spécialement motivée. C’est notamment le cas en matière de récidive d’alcool, de récidive de stupéfiants et de récidive de grand excès de vitesse.
Le tribunal peut notamment examiner :
- les circonstances précises de l’infraction ;
- les antécédents du conducteur ;
- son comportement depuis les faits ;
- la valeur du véhicule ;
- le montant du financement restant dû ;
- son utilisation professionnelle ;
- les revenus et les charges du conducteur ;
- les conséquences de la confiscation pour son conjoint ou ses enfants ;
- les démarches entreprises pour éviter une nouvelle infraction.
Le juge n’est cependant pas obligé d’accepter la demande. Les arguments doivent être étayés par des documents précis et présentés de manière cohérente.
Une audience mal préparée peut vous coûter votre véhicule
La propriété du véhicule, son usage professionnel et votre situation personnelle doivent être établis par des pièces précises avant l’audience.
Peut-on confisquer un véhicule qui n’appartient pas au conducteur ?
En principe, les dispositions spécifiques du Code de la route visent le véhicule utilisé pour commettre l’infraction lorsque le condamné en est propriétaire.
La situation devient plus complexe lorsque la voiture appartient au conjoint, à une société, à un organisme de financement ou à une autre personne.
La carte grise est-elle une preuve de propriété ?
Le certificat d’immatriculation constitue avant tout un titre permettant d’identifier le véhicule et de le faire circuler. Le nom inscrit sur la carte grise est un élément important, mais il ne suffit pas toujours à établir la propriété.
Pour déterminer le véritable propriétaire, le tribunal peut notamment examiner :
- la facture d’achat ;
- le certificat de cession ;
- le contrat de financement ;
- l’origine des fonds ayant servi à acheter le véhicule ;
- les relevés bancaires ;
- la personne qui paie l’assurance et l’entretien ;
- l’utilisation habituelle du véhicule ;
- les conditions dans lesquelles le conducteur en dispose.
Le fait de modifier tardivement la carte grise ou de présenter une cession réalisée après l’infraction ne suffit donc pas nécessairement à faire obstacle à la confiscation.
Le véhicule du conjoint peut-il être confisqué ?
La réponse dépend de la propriété réelle du véhicule et, le cas échéant, du régime matrimonial.
Lorsque le véhicule appartient réellement au conjoint et que celui-ci est de bonne foi, il doit pouvoir faire valoir ses droits. Il est alors important de produire les justificatifs d’achat, de paiement et d’utilisation du véhicule.
Lorsqu’un véhicule est en copropriété, le copropriétaire connu doit être mis en mesure de présenter ses observations, à l’audience ou par écrit. S’il n’a pas été informé de la procédure et que la décision est devenue définitive, il peut, sous certaines conditions, saisir le tribunal d’un incident contentieux afin de demander la restitution du véhicule.
Un véhicule de société ou de fonction peut-il être confisqué ?
Un véhicule appartenant réellement à une société n’est pas, en principe, la propriété personnelle du conducteur.
La société doit néanmoins être en mesure de démontrer :
- qu’elle a effectivement acheté ou financé le véhicule ;
- qu’elle en règle les dépenses ;
- que le conducteur l’utilisait dans un cadre professionnel ;
- qu’elle n’a pas organisé artificiellement le transfert de propriété ;
- qu’elle est propriétaire de bonne foi.
Une simple mention sur la carte grise ou l’intervention d’une société étroitement liée au conducteur peut ne pas suffire si l’enquête montre que celui-ci avait, en réalité, financé le véhicule et en disposait comme de son propre bien.
Quelles règles pour un véhicule en LOA ou en LLD ?
Dans une location avec option d’achat ou une location de longue durée, le propriétaire juridique est généralement l’établissement de financement ou la société de location.
Le conducteur reste toutefois exposé à une immobilisation et à une mise en fourrière immédiate. Le bailleur devra alors faire valoir son titre et sa bonne foi pour demander la restitution du véhicule.
La situation doit être examinée avec une vigilance particulière en cas de refus d’obtempérer ou de rodéo motorisé. Dans ces matières, la confiscation peut concerner un véhicule dont le condamné a la libre disposition, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi.
Qu’en est-il d’un véhicule acheté à crédit ?
Un crédit automobile classique ne doit pas être confondu avec une LOA.
Dans le cadre d’un crédit classique, l’acheteur peut être propriétaire du véhicule même si le prêt n’est pas entièrement remboursé. Le fait que plusieurs mensualités restent dues n’empêche donc pas nécessairement la confiscation.
Il faut toutefois vérifier le contrat. Une clause de réserve de propriété, un crédit-bail ou un montage particulier peut modifier l’analyse.
Note de Maître Kirmen
Le nom figurant sur la carte grise ne permet hélas pas toujours de résoudre la question de la propriété. Le tribunal peut rechercher qui a réellement payé le véhicule, qui l’utilise, qui en assume les charges et dans quelles conditions le conducteur en avait la disposition.
Comment se déroule la procédure de confiscation ?
La confiscation définitive n’intervient généralement pas immédiatement après le contrôle. Plusieurs étapes peuvent se succéder.
L’immobilisation et la mise en fourrière après le contrôle
Les forces de l’ordre peuvent, dans plusieurs situations, faire procéder à titre provisoire à l’immobilisation et à la mise en fourrière du véhicule.
Cette mesure peut notamment intervenir en cas :
- d’infraction exposant à une confiscation obligatoire ;
- de conduite sans permis ;
- d’alcool au volant ;
- de dépistage positif aux stupéfiants ;
- de refus de se soumettre aux vérifications ;
- de grand excès de vitesse ;
- de refus d’obtempérer.
Le véhicule peut donc rester en fourrière pendant la procédure, parfois jusqu’à l’audience. Les frais d’enlèvement et de garde peuvent continuer à augmenter pendant cette période.
La procédure avant le jugement
La confiscation peut être examinée dans différentes procédures :
- devant le tribunal correctionnel ;
- devant le tribunal de police pour les infractions relevant encore de sa compétence ;
- dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ;
- par ordonnance pénale.
Avant l’audience, il convient de déterminer :
- le texte exact sur lequel repose la confiscation ;
- si elle est facultative ou obligatoire ;
- si l’état de récidive est juridiquement constitué ;
- qui est propriétaire du véhicule ;
- si un tiers doit être convoqué ou autorisé à présenter ses observations ;
- quels documents peuvent justifier une restitution ou une dispense de confiscation.
Les trois décisions possibles
Le conducteur est relaxé.
Le véhicule doit être restitué.
Le conducteur est condamné, mais la confiscation n’est pas prononcée.
Le véhicule est restitué, sous réserve d’une éventuelle immobilisation judiciaire et du paiement des frais restant à la charge du propriétaire.
Le conducteur est condamné et le véhicule est confisqué.
Le véhicule devient la propriété de l’État. Il pourra être vendu, affecté à un service public ou détruit.
Comment éviter la confiscation du véhicule ?
La défense doit être adaptée à l’infraction, à la procédure et à la situation personnelle du conducteur.
Contester l’infraction ou la régularité de la procédure
Lorsque les éléments du dossier le permettent, la défense peut notamment porter sur :
- la réalité de l’infraction ;
- l’identification du conducteur ;
- la régularité du contrôle ;
- les conditions des dépistages et vérifications ;
- le fonctionnement ou la vérification de l’appareil de mesure ;
- la qualification pénale retenue ;
- la validité de la récidive ;
- la propriété du véhicule ;
- la régularité de l’immobilisation ou de la saisie ;
- le respect des droits du propriétaire tiers.
Si le conducteur est relaxé, la confiscation ne peut pas être maintenue pour l’infraction concernée.
Demander au juge de ne pas prononcer la confiscation
Lorsque l’infraction est reconnue ou établie, il reste possible de demander au tribunal de ne pas prononcer la confiscation lorsqu’un tel pouvoir lui est reconnu.
La demande doit expliquer précisément les conséquences de la sanction et être accompagnée de justificatifs.
Les documents utiles peuvent notamment comprendre :
- un contrat de travail ;
- une attestation de l’employeur ;
- des justificatifs de déplacements professionnels ;
- un extrait Kbis pour un dirigeant ou un artisan ;
- la liste des salariés utilisant le véhicule ;
- des justificatifs de revenus et de charges ;
- le tableau d’amortissement du crédit ;
- la valeur actuelle du véhicule ;
- des documents relatifs aux déplacements des enfants ;
- des justificatifs médicaux ou familiaux ;
- les preuves de propriété du conjoint ou d’un tiers ;
- un contrat de LOA ou de LLD ;
- des attestations démontrant les mesures prises depuis les faits.
Une audience mal préparée peut vous coûter votre véhicule
La propriété du véhicule, son usage professionnel et votre situation personnelle doivent être établis par des pièces précises avant l’audience.
Comment contester une confiscation et récupérer le véhicule ?
Les démarches dépendent du stade de la procédure et de la décision rendue.
Faire appel du jugement
Lorsqu’un jugement prononce la confiscation, il est possible de faire appel dans un délai de dix jours à compter de son prononcé si le prévenu était présent ou représenté à l’audience.
Lorsque le prévenu n’était ni présent ni représenté, le délai court en principe à compter de la notification de la décision.
Il est essentiel d’agir rapidement. Une fois la décision devenue définitive, le véhicule peut être remis au service chargé de sa vente, de son affectation ou de sa destruction.
Lorsqu’une confiscation est prononcée par ordonnance pénale, la voie de recours est en principe l’opposition. Le délai et les modalités à respecter figurent sur la notification de l’ordonnance.
Attention :
Le délai d’appel est court. Une décision ne doit pas être laissée devenir définitive sans vérifier immédiatement les voies de recours disponibles.
Faire valoir les droits d’un propriétaire de bonne foi
Un conjoint, une société, un bailleur ou un autre propriétaire peut intervenir dans la procédure afin de demander la restitution du véhicule.
Le tiers doit notamment démontrer :
- son droit de propriété ;
- l’origine licite de son droit ;
- sa bonne foi ;
- l’absence de participation à l’infraction ;
- les conditions dans lesquelles le conducteur a obtenu le véhicule.
Lorsque le titre du tiers est connu ou que celui-ci revendique sa qualité de propriétaire pendant la procédure, il doit pouvoir présenter ses observations avant que la confiscation soit prononcée.
Demander le remboursement des frais de fourrière après une relaxe
Lorsque la relaxe est devenue définitive, le propriétaire peut demander le remboursement des frais d’enlèvement et de garde en fourrière au titre des frais de justice.
La demande doit être présentée dans un délai de six mois à compter du jour où la relaxe est devenue définitive. Elle doit être accompagnée d’une copie de la décision et des justificatifs de paiement.
Le remboursement porte seulement sur la période antérieure à la décision de mainlevée de la mise en fourrière. En revanche, lorsqu’une personne est déclarée coupable mais que le véhicule n’est finalement pas confisqué, les frais de fourrière ne sont normalement pas remboursés.
Que devient un véhicule confisqué ?
Lorsque la décision est devenue définitive, le véhicule est dévolu à l’État.
Selon son état, sa valeur et les décisions prises par les services compétents, il peut être :
- vendu ;
- affecté à un service de l’État ;
- détruit.
Le prix obtenu lors de la vente n’est pas reversé à l’ancien propriétaire. Les droits réels licitement constitués au profit de tiers peuvent toutefois continuer à grever le bien dans les conditions prévues par la loi.
Lorsqu’un véhicule confisqué n’avait pas encore été saisi ou placé en fourrière, le ministère public peut ordonner au condamné de le remettre au service chargé de son aliénation ou de sa destruction.
Le fait de refuser de remettre le véhicule, de le dissimuler, de le détruire ou de tenter de le détruire constitue une nouvelle infraction.
Pourquoi consulter un avocat en cas de confiscation du véhicule ?
Une procédure de confiscation ne se limite pas à vérifier le nom inscrit sur la carte grise.
L’analyse doit notamment porter sur :
- la qualification exacte de l’infraction ;
- la date des faits et les textes applicables ;
- l’existence juridique d’une récidive ;
- le caractère facultatif ou obligatoire de la confiscation ;
- la possibilité d’obtenir une décision spécialement motivée ;
- la propriété réelle du véhicule ;
- les droits d’un conjoint, d’une société ou d’un bailleur ;
- la régularité de l’immobilisation et de la mise en fourrière ;
- les pièces à produire devant le tribunal ;
- les délais d’appel ou d’opposition.
Une intervention rapide permet également d’éviter qu’une décision devienne définitive alors qu’un recours ou une demande de restitution restait possible.
Votre véhicule est immobilisé ou menacé de confiscation ?
Le Cabinet KIRMEN & LEFEBVRE examine la procédure, la propriété du véhicule et les éléments pouvant être présentés au tribunal.
Questions fréquentes sur la confiscation du véhicule
La police peut-elle confisquer directement une voiture ?
Non. Les forces de l’ordre peuvent immobiliser le véhicule et le faire placer en fourrière dans les cas prévus par la loi. La confiscation définitive constitue toutefois une peine qui doit être prononcée par un juge.
Une voiture placée en fourrière est-elle déjà confisquée ?
Non. La mise en fourrière est une mesure provisoire. Le tribunal peut ensuite ordonner la restitution du véhicule ou prononcer sa confiscation.
La confiscation obligatoire peut-elle être évitée ?
Dans de nombreuses situations, oui. Le texte permet au tribunal de ne pas prononcer la confiscation obligatoire à condition de motiver spécialement sa décision. Le conducteur doit présenter des arguments précis et des justificatifs.
Peut-on confisquer la voiture de mon conjoint ?
Cela dépend de la propriété réelle du véhicule et de l’infraction poursuivie. Le conjoint de bonne foi doit pouvoir présenter ses observations et produire les documents établissant ses droits.
Une voiture en LOA ou en LLD peut-elle être confisquée ?
Le propriétaire est généralement la société de financement ou de location. Une immobilisation et une mise en fourrière restent néanmoins possibles. Dans certaines infractions, notamment le refus d’obtempérer ou le rodéo motorisé, la libre disposition du véhicule peut également être examinée, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi.
La carte grise prouve-t-elle la propriété du véhicule ?
Elle constitue un élément de preuve, mais pas un titre de propriété suffisant dans toutes les situations. La facture, le certificat de cession, les paiements et les conditions d’utilisation peuvent également être examinés.
Peut-on récupérer le véhicule après le jugement ?
Oui, lorsque le conducteur est relaxé ou condamné sans confiscation. Lorsque la confiscation a été prononcée, il faut exercer rapidement la voie de recours appropriée.
Quel est le délai pour faire appel d’une confiscation ?
Le délai d’appel d’un jugement pénal est en principe de dix jours. Son point de départ dépend notamment de la présence ou de la représentation du prévenu à l’audience.
Qui paie les frais de fourrière ?
Les frais sont à la charge du propriétaire. En cas de relaxe définitive, un remboursement peut être demandé dans un délai de six mois, sous certaines conditions.
L’assurance rembourse-t-elle une voiture confisquée ?
La confiscation est une sanction pénale et non un accident ou un vol. Les garanties automobiles habituelles n’ont donc généralement pas vocation à indemniser la perte du véhicule. Le contrat d’assurance doit néanmoins être vérifié.
Principaux textes applicables
Les principaux textes à consulter sont notamment :
- l’article 131-21 du Code pénal relatif à la confiscation ;
- les articles L.221-2 et L.221-2-1 du Code de la route ;
- l’article L.224-16 relatif à la conduite malgré certaines mesures affectant le permis ;
- les articles L.233-1 et suivants relatifs au refus d’obtempérer ;
- les articles L.234-1, L.234-8 et L.234-12 relatifs à l’alcool ;
- les articles L.235-1, L.235-3 et L.235-4 relatifs aux stupéfiants ;
- l’article L.324-2 relatif au défaut d’assurance ;
- l’article L.325-1-2 relatif à l’immobilisation et à la mise en fourrière ;
- l’article L.413-1 relatif au grand excès de vitesse ;
- les dispositions du Code pénal relatives aux homicides et blessures routiers.
Article rédigé par Maître Auni KIRMEN, Avocat à la Cour.
Mis à jour le 13 juillet 2026.
