Qu’est-ce que la suspension administrative du permis ?

Son principe est fixé aux articles L 224-7 et L 224-8 du Code de la Route :

« Saisi d’un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l’Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s’il n’estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l’interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n’en est pas titulaire. »

Comme son nom l’indique, la suspension du permis de conduire suspend de manière provisoire et immédiate le permis de conduire suite à la commission d’une infraction au Code de la Route.

Il est donc fait interdiction totale et absolue de rouler pendant la durée de la suspension.

Quelles infractions peuvent entraîner une suspension administrative ?

La suspension du permis de conduire intervient généralement après une interpellation pour une infraction routière, notamment en cas de :

La durée de la suspension du permis de conduire  peut cependant être portée à 1 an en cas :

Comment se déroule la procédure de suspension administrative du permis ?

Voici es étapes successives de la procédure amenant à la suspension du permis de conduire :

Durée de la suspension administrative du permis de conduire

Le Préfet a toute liberté pour choisir la durée de la suspension dont vous allez faire l’objet.

Les durées de suspension du permis de conduire varient ainsi entre 15 jours et 6 mois, et il n’existe à l’heure actuelle aucune uniformisation des sanctions selon le type d’infraction.

Ainsi, selon le département dans lequel vous vous trouvez ou vos antécédents routiers, les durées peuvent souvent varier du simple au double.

Il est impossible de dresser un tableau exact des durées de suspension, mais d’expérience, on peut constater que :

La suspension du permis de conduire est une mesure extrêmement sévère car elle prive l’automobiliste de son permis de conduire, et ce avant même que celui-ci fasse l’objet d’un jugement en justice.

On peut qualifier cette suspension du permis de conduire de « double peine » : l’automobiliste voit son permis suspendu pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois avant même son passage au Tribunal, et peut très bien être condamné à de la suspension supplémentaire par le Juge lors de l’audience.

Barème de suspension du permis pour alcoolémie

Taux d’alcool relevé Durée moyenne de suspension Remarques
0,40 à 0,50 mg/L d’air expiré (0,80 à 1,00 g/L de sang) 3 à 4 mois Taux minimum légal pour suspension
0,50 à 0,70 mg/L d’air expiré (1,00 à 1,40 g/L de sang) 3 à 5 mois Aggravation selon antécédents
Plus de 0,80 mg/L d’air expiré (plus de 1,60 g/L de sang) 6 mois (quasi-systématique) Suspension maximale administrative
Refus de souffler (refus de se soumettre aux vérifications) 6 mois (automatique) Assimilé au taux le plus élevé
Conduite en état d’ivresse manifeste Jusqu’à 1 an Applicable si menace pour l’intégrité des personnes

 

Barème de suspension pour excès de vitesse et autres infractions

Excès de vitesse relevé Durée moyenne de suspension
Entre 40 et 50 km/h au-dessus de la limite 2 à 4 mois
Plus de 50 km/h au-dessus de la limite 3 à 6 mois
Conduite sous stupéfiants 6 mois (quasi-automatique)
Délit de fuite / blessures involontaires Jusqu’à 1 an

 

Durée de la suspension judiciaire du permis de conduire

En plus de la suspension administrative du permis ( qui ne peut excéder les 6 mois) , l’automobiliste peut faire l’objet d’une suspension judiciaire du permis de conduire supplémentaire décidée par le Tribunal.

Cette dernière peut aller en général jusqu’à 3, voire 5 ans selon le type d’infraction qui lui est reproché.

Des recours existent contre ces mesures de suspension du permis de conduire et afin d’éviter de se voir condamner à une suspension supplémentaire devant le Juge.

Que risque-t-on à conduire malgré une suspension administrative du permis ?

Attention, conduire malgré la mesure de suspension du permis de conduire est constitutif d’un délit, et peut avoir des conséquences extrêmement lourdes.

Ce délit de conduite malgré la suspension du permis de conduire étant le plus souvent commis avant le passage devant le Tribunal pour la première infraction, les deux infractions (celle initiale plus la conduite malgré la suspension) sont alors jugées la plupart du temps à la même audience.

Avec hélas souvent à la clé des sanctions bien plus lourdes pour l’automobiliste jugé à la fois pour le délit initial (alcool, grand excès de vitesse, stupéfiants) et la conduite malgré la suspension du permis de conduire.

Les sanctions, prévues à l’article L 224-16 du Code de la Route, sont les suivantes :

 

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Lire aussi : Conduite malgré la suspension du permis de conduire

 

FAQ : Questions fréquentes sur la suspension administrative du permis 

À l’expiration de la suspension, vous devez en faire la demande auprès de la Préfecture, qui peut conditionner la restitution à la réussite d’examens médicaux et/ou psychotechniques obligatoires. 

 

La durée maximale est de 6 mois, portée à 1 an dans les cas les plus graves (ivresse manifeste, délit de fuite, atteinte involontaire à l’intégrité physique). 

 

Le permis est restitué par la Préfecture ou la Sous-Préfecture du département où la mesure a été prononcée, les coordonnées du service instructeur figurant sur votre décision de suspension. 

 

Non. Le Préfet apprécie les faits au cas par cas et peut décider de ne prononcer qu’un avertissement, ou de classer sans suite. En pratique, pour les infractions les plus graves (taux d’alcool élevé, refus de souffler, stupéfiants), la suspension est quasi systématique. 

 

Oui, en principe. Si le juge prononce une suspension judiciaire, la période déjà effectuée au titre de la suspension administrative doit être imputée sur la durée totale. 

 

La suspension administrative ne permet pas de bénéficier d’un permis blanc. Cette mesure n’est possible que dans le cadre d’une suspension judiciaire, et uniquement sous certaines conditions strictes définies par le tribunal. 

 

À la première infraction pour alcoolémie, la durée de suspension administrative varie généralement entre 3 et 6 mois selon le taux d’alcool relevé : 3 à 4 mois pour un taux entre 0,40 et 0,50 mg/L d’air expiré, et jusqu’à 6 mois au-delà de 0,80 mg/L. L’absence d’antécédents routiers peut jouer favorablement lors d’un éventuel recours, mais ne supprime pas la mesure.