Cette page reprend la procédure dans l’ordre où elle intervient, depuis le contrôle routier jusqu’à l’éventuelle convocation devant le tribunal. L’objectif est simple : vous permettre de comprendre ce qui se joue et d’identifier les points à vérifier sans attendre.
Contrôle positif aux stupéfiants : que signifie vraiment cette infraction ?
La conduite sous stupéfiants est poursuivie sous la qualification de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants.
En pratique, cela concerne notamment les conducteurs contrôlés positifs :
- au cannabis ;
- à la cocaïne ;
- aux amphétamines ;
- aux opiacés ;
- ou à toute autre substance classée comme stupéfiant.
Le mot de Maître Lefebvre
Contrairement à l’alcool au volant, il n’existe pas de seuil légal à dépasser pour être poursuivi pour conduite sous stupéfiants.
Si l’analyse confirme la présence d’un stupéfiant dans l’organisme, des poursuites peuvent être engagées, y compris lorsque la quantité détectée paraît faible. Cela ne signifie pas que le dossier est inattaquable. La procédure reste encadrée, et elle doit être vérifiée avec précision.
Je vais reprendre ici le déroulement habituel de la procédure, dans l’ordre chronologique, depuis le contrôle jusqu’à la convocation en justice.
Dans quels cas les forces de l’ordre peuvent-elles procéder à un dépistage ?
Le Code de la route prévoit plusieurs situations dans lesquelles un dépistage de stupéfiants peut être réalisé.
Il peut notamment intervenir :
- après un accident mortel ou corporel de la circulation ;
- lorsqu’une infraction au Code de la route a été constatée ;
- lorsqu’il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner que le conducteur a fait usage de stupéfiants ;
- dans le cadre de contrôles autorisés par les textes, y compris en l’absence d’infraction préalable ou de soupçon individualisé.
Comment se déroule généralement un contrôle de stupéfiants au volant ?
Dans la plupart des dossiers, la procédure suit plusieurs étapes.
Un premier dépistage est réalisé
Les forces de l’ordre procèdent généralement à un test salivaire destiné à détecter la présence éventuelle de stupéfiants.
Si le test est négatif
Lorsque le dépistage est négatif, le contrôle prend en principe fin sur ce point, sauf autre infraction ou circonstance particulière.
Si le test est positif
Si le test est positif, des vérifications complémentaires sont engagées afin d’établir si le conducteur a effectivement fait usage de stupéfiants.
Aujourd’hui, ces vérifications reposent très souvent sur un prélèvement salivaire envoyé en laboratoire pour analyse.
Conseil de l’avocat : qui effectue le prélèvement salivaire ?
La loi prévoit que le prélèvement salivaire doit être effectué par le conducteur lui-même, avec le collecteur placé dans sa bouche, sous le contrôle des forces de l’ordre.
Autrement dit, si un policier ou un gendarme a lui-même introduit et manipulé la tige dans votre bouche, ce point mérite d’être relevé. Il peut alimenter une discussion sur la régularité de la procédure.
La contre-expertise est-elle possible ? Oui, mais seulement si un prélèvement sanguin a été réalisé
Après le prélèvement salivaire, l’officier ou l’agent de police judiciaire doit demander au conducteur s’il souhaite se réserver la possibilité d’une contre-expertise.
Si la réponse est oui, un prélèvement sanguin doit être effectué.
C’est ce prélèvement qui permettra ensuite, si les résultats sont positifs, de solliciter une contre-expertise dans les 5 jours suivant la notification des résultats.
Cette contre-expertise sera réalisée sur le deuxième flacon de sang prélevé lors de l’interpellation.
À retenir
La contre-expertise n’est possible que si deux conditions sont réunies :
- le conducteur a demandé à se réserver cette faculté lors du contrôle ;
- un prélèvement sanguin a bien été réalisé à ce moment-là.
Conseil de l’avocat
Je recommande fortement de demander le prélèvement sanguin, en particulier lorsqu’il existe un risque de récidive légale ou lorsque les conséquences sur le permis peuvent être lourdes.
Les textes applicables au prélèvement sanguin imposent des exigences procédurales plus strictes. Dans certains dossiers, ce sont précisément ces vérifications qui permettent de faire apparaître des irrégularités utiles à la défense.
Il faut aussi avoir en tête un point très concret : si vous ne demandez pas le prélèvement sanguin pendant le contrôle, vous ne pourrez pas le réclamer plus tard. La possibilité d’une contre-expertise disparaît alors avec lui.
En pratique, les forces de l’ordre insistent parfois pour dissuader le conducteur de solliciter cette prise de sang. Cela ne change rien : c’est un droit. Lorsqu’il présente un intérêt, il faut l’exercer clairement.
Vous avez été contrôlé positif aux stupéfiants ?
Appelez le cabinet pour faire le point sur le prélèvement, la contre-expertise, les délais et les premières décisions à prendre.
Le permis peut être retenu immédiatement
Lorsque les conditions sont réunies, les forces de l’ordre peuvent procéder à une rétention immédiate du permis de conduire.
La rétention immédiate du permis
La rétention intervient juste après le contrôle. Les forces de l’ordre conservent matériellement le permis ou empêchent le conducteur de reprendre le volant.
Un document appelé avis de rétention lui est alors remis.
Cet avis précise que le permis est retenu pour une durée de 120 heures, soit 5 jours entiers.
Pendant cette période, vous n’avez plus le droit de conduire.
La rétention est une mesure provisoire. Elle laisse au préfet le temps de prendre, s’il l’estime justifié, une décision de suspension administrative de permis.
À retenir
Une erreur sur l’avis de rétention permet-elle d’annuler la procédure ?
Une question revient très souvent : si l’avis de rétention contient une erreur, peut-on faire tomber toute la procédure ?
Il peut s’agir, par exemple :
- d’une erreur sur le numéro de permis ;
- d’une date d’obtention incorrecte ;
- d’une heure ou d’un jour d’infraction erroné ;
- d’une faute sur le nom de famille.
Dans la plupart des cas, non. L’avis de rétention n’est pas, à lui seul, la pièce sur laquelle le juge va apprécier la régularité de la procédure pénale.
Cela ne signifie pas qu’aucun vice n’existe dans le dossier. Mais la vérification sérieuse ne se fait pas en s’arrêtant à l’avis de rétention. Elle suppose d’examiner les procès-verbaux, les notifications, les prélèvements et les délais.
La suspension administrative du permis
Après la rétention, le préfet peut prononcer une suspension administrative du permis de conduire.
Dans le délai de 120 heures, les forces de l’ordre transmettent généralement le dossier à la préfecture. Le préfet peut alors prendre un arrêté de suspension, souvent appelé arrêté « 3F ».
Cette suspension est une mesure provisoire prise dans l’attente de l’issue judiciaire du dossier. Elle suspend votre permis et donc votre droit de conduire.
Sa durée est fréquemment de plusieurs mois. Dans les dossiers de stupéfiants, elle est souvent fixée autour de 6 mois, mais elle peut aller jusqu’à 12 mois dans les situations les plus graves.
L’arrêté est en principe adressé au domicile du conducteur par lettre recommandée avec accusé de réception.
En pratique, il arrive souvent qu’il soit envoyé une dizaine ou une quinzaine de jours après le contrôle, donc après l’expiration du délai de rétention de 120 heures.
Les 120 heures sont passées et aucun courrier n’est arrivé : peut-on reprendre le volant ?
En parallèle, les résultats du prélèvement sont notifiés au conducteur
Une fois le prélèvement réalisé, l’échantillon est envoyé en laboratoire.
Si l’analyse confirme la présence de stupéfiants, le conducteur est généralement convoqué au commissariat ou à la gendarmerie. Cette convocation prend souvent la forme d’une audition libre.
C’est à cette occasion que les résultats lui sont officiellement notifiés.
Conseil de l’avocat
Le délai de 5 jours pour demander une contre-expertise commence à compter de la notification officielle des résultats, et non au jour du contrôle.
Ce délai est court. Dans de nombreux cas, la demande peut être formulée directement au moment de la convocation auprès des forces de l’ordre.
Mais cette contre-expertise n’est possible que si :
- le conducteur avait demandé à s’en réserver la possibilité lors du contrôle ;
- un prélèvement sanguin avait effectivement été pratiqué.
À retenir
La convocation en justice
La conduite sous stupéfiants constitue un délit. Elle entraîne donc des poursuites pénales.
Plusieurs procédures peuvent être utilisées :
- convocation devant le tribunal correctionnel ;
- ordonnance pénale ;
- comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ou CRPC ;
- composition pénale dans certains cas.
C’est dans le cadre de cette procédure que seront décidées les sanctions éventuellement prononcées.
Très souvent, la convocation ou le document de poursuite est remis le même jour que l’audition au cours de laquelle les résultats d’analyse sont notifiés.
Ce que vous risquez pour conduite sous stupéfiants
Le risque ne se limite pas à une peine pénale. Un dossier de conduite sous stupéfiants peut avoir des conséquences sur :
- le permis ;
- les points ;
- l’emploi ;
- le casier judiciaire ;
- l’assurance ;
- la mobilité quotidienne.
Deux conducteurs contrôlés positifs peuvent être dans des situations très différentes selon :
- leur passé routier ;
- leur solde de points ;
- leur statut de jeune conducteur ;
- leur activité professionnelle ;
- les circonstances du contrôle ;
- le mode de poursuite retenu.
Les sanctions prévues pour conduite après usage de stupéfiants
La conduite après usage de stupéfiants est un délit.
Aux termes de l’article L. 235-1 du Code de la route, elle est punie, au maximum, de :
- 3 ans d’emprisonnement ;
- 9 000 € d’amende ;
- 6 points retirés sur le permis de conduire.
Le tribunal peut également prononcer des peines complémentaires, notamment :
- une suspension du permis pouvant aller jusqu’à 5 ans ;
- une annulation du permis, avec interdiction d’en solliciter un nouveau pendant 5 ans au plus ;
- une interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur, y compris ceux ne nécessitant pas de permis, pendant 5 ans au plus ;
- l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
- l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants ;
- dans certains cas, la confiscation du véhicule.
Ces peines ne sont pas automatiquement prononcées dans leur totalité. La juridiction apprécie le dossier au regard des circonstances, des antécédents et de la procédure suivie.
Les conséquences sur le permis et les points
La conduite après usage de stupéfiants entraîne de plein droit un retrait de 6 points.
C’est un point central. Dans certains dossiers, le risque lié aux points devient même plus grave que la suspension temporaire.
Un conducteur dont le capital est déjà faible peut se retrouver exposé à une invalidation du permis pour solde nul, parfois plusieurs mois après la décision pénale.
À retenir
Le retrait de 6 points peut devenir l’enjeu principal du dossier si le conducteur dispose d’un solde réduit ou d’un permis probatoire.Le risque est encore plus sensible :
- en permis probatoire ;
- en cas d’infractions multiples ;
- en cas de cumul avec l’alcool ;
- lorsque le conducteur a déjà perdu plusieurs points auparavant.
Les conséquences professionnelles et personnelles
La perte du droit de conduire a souvent des effets immédiats :
- impossibilité de se rendre au travail ;
- difficulté à poursuivre une activité indépendante ;
- fragilisation d’un poste nécessitant des déplacements ;
- perte d’autonomie au quotidien ;
- complication de l’organisation familiale ;
- hausse possible des coûts d’assurance ;
- inquiétude liée à la procédure pénale et aux décisions à venir.
Pour un commercial, un artisan, un chauffeur, un dirigeant, un professionnel de santé ou tout salarié dépendant de son véhicule, l’enjeu dépasse largement la seule sanction prévue par les textes.
Les conséquences sur le casier judiciaire
La conduite sous stupéfiants étant un délit, la question du casier judiciaire doit être examinée avec sérieux.
Tout dépend de la procédure utilisée et de la décision rendue. Cet aspect prend une importance particulière lorsque l’activité professionnelle suppose :
- une habilitation ;
- l’accès à une profession réglementée ;
- la présentation à un concours ;
- un emploi public ;
- ou une vérification des antécédents.
Pourquoi agir rapidement après un contrôle positif ?
Après un contrôle positif aux stupéfiants, plusieurs étapes peuvent s’enchaîner rapidement :
- rétention du permis ;
- suspension administrative ;
- notification des résultats d’analyse ;
- convocation pénale ;
- ouverture d’un délai pour demander une contre-expertise.
Le danger est de laisser passer un délai utile avant même que le dossier ait été analysé.
Agir rapidement permet de comprendre précisément où en est la procédure, de conserver les documents importants, de vérifier les échéances et d’éviter qu’une option ne disparaisse faute d’avoir été envisagée à temps.
Suspension, convocation ou délai de contre-expertise ?
Une analyse rapide du dossier permet d’identifier les délais utiles, les documents à réunir et les décisions à ne pas prendre à la légère.
Que faire immédiatement après un contrôle positif aux stupéfiants ?
Les premières décisions comptent. Après un contrôle positif, beaucoup de conducteurs attendent, espèrent que la situation va se régler d’elle-même ou lisent trop vite les documents reçus.
C’est souvent une mauvaise stratégie.
Lire attentivement chaque document reçu
Il faut identifier précisément ce qui vous a été remis ou adressé :
- avis de rétention ;
- arrêté de suspension administrative ;
- convocation ;
- ordonnance pénale ;
- convocation en CRPC ;
- proposition de composition pénale ;
- relevé d’information intégral, si vous en disposez déjà.
Chacun de ces documents peut contenir une date, un délai ou une information déterminante.
Vérifier la nature exacte de la mesure
Avant toute décision, il faut savoir si vous êtes concerné par :
- une simple rétention ;
- une suspension administrative ;
- une convocation pénale ;
- une décision judiciaire déjà rendue ;
- un retrait de points à venir ;
- un risque d’invalidation du permis.
Sans cette distinction, il est très facile de se tromper sur ce que l’on peut faire ou non.
Peut-on contester une conduite sous stupéfiants ?
Oui, un résultat positif n’empêche pas d’examiner la procédure.
Le déroulement du contrôle, les prélèvements, les notifications, l’information sur la contre-expertise et le respect des délais doivent être vérifiés avec précision.
Des irrégularités peuvent exister. Certaines n’auront aucun effet utile. D’autres peuvent modifier profondément la défense à mettre en place.
Avant d’accepter une procédure ou de se présenter devant le tribunal sans stratégie, il faut savoir exactement ce que contient le dossier.
Ce qui peut être vérifié dans le dossier
Selon les pièces disponibles, l’analyse peut notamment porter sur :
- les conditions dans lesquelles le contrôle a été décidé et réalisé ;
- la qualité et la compétence des agents intervenus ;
- la régularité du dépistage et des vérifications ;
- l’information donnée au conducteur sur la possibilité de se réserver une contre-expertise ;
- les conditions du prélèvement salivaire ;
- les conditions du prélèvement sanguin lorsqu’il a été effectué ;
- l’identité et la qualité du professionnel ayant pratiqué la prise de sang ;
- la présence requise d’un officier ou agent de police judiciaire lors de ce prélèvement ;
- l’étiquetage, le scellement et la conservation des prélèvements ;
- les délais entre les différentes étapes ;
- la cohérence entre les horaires, les procès-verbaux et les notifications ;
- la qualification pénale retenue ;
- les antécédents du conducteur ;
- le solde de points ;
- la procédure choisie par le parquet ;
- les conséquences professionnelles de la décision à venir.
Ces points ne débouchent pas automatiquement sur une contestation utile. Ils doivent être appréciés ensemble, dans le contexte exact du dossier.
Les erreurs fréquentes à éviter après un contrôle stupéfiants
Attendre trop longtemps
Certains délais sont très courts. Lorsqu’une contre-expertise peut être demandée, attendre quelques jours de trop suffit à perdre définitivement cette possibilité.
Confondre rétention et suspension
La rétention est une mesure immédiate.
La suspension administrative est une décision préfectorale.
La suspension judiciaire est une décision pénale.
Ces mesures peuvent se succéder, mais elles ne produisent pas les mêmes effets et ne se contestent pas de la même manière.
Continuer à conduire
Conduire malgré une rétention, une suspension ou une invalidation peut ouvrir une nouvelle procédure pénale et aggraver nettement la situation.
Négliger le retrait de points
Le retrait de points peut devenir plus dangereux à moyen terme que la suspension elle-même, surtout si le permis est probatoire ou si le solde est déjà faible.
Ignorer une convocation
Une convocation pénale ne doit jamais être prise à la légère. Même une procédure qui paraît simple peut avoir des effets importants sur le permis, le casier judiciaire et les points.
Accepter trop vite une procédure sans en mesurer les conséquences
Ordonnance pénale, composition pénale, CRPC : chacune de ces procédures peut produire des effets durables.
Avant d’accepter, de ne pas contester ou de laisser courir un délai, il faut comprendre ce que cela implique réellement.
Ne pas conserver les documents
Les courriers, avis de rétention, arrêtés de suspension, convocations, notifications de résultats, décisions reçues et enveloppes peuvent être utiles pour vérifier les délais et la régularité de la procédure.
Attention aux erreurs irréversibles
Dans un dossier de stupéfiants au volant, une décision prise trop vite peut avoir des conséquences durables sur le permis, les points, le casier judiciaire ou l’activité professionnelle.Il vaut mieux comprendre les effets d’une procédure avant de l’accepter ou de la laisser suivre son cours.
Comment un avocat peut intervenir dans un dossier de conduite sous stupéfiants
Le rôle de l’avocat n’est pas de promettre un résultat à l’avance. Il consiste à identifier les risques réels, les arguments exploitables et les décisions à éviter.
Analyser l’ensemble de votre situation
Le cabinet examine notamment :
- l’infraction reprochée ;
- la mesure prise sur le permis ;
- la durée de suspension ;
- le solde de points ;
- les antécédents ;
- le mode de poursuite ;
- la situation professionnelle ;
- les contraintes personnelles ;
- les délais à respecter.
Vérifier la procédure
L’analyse porte sur les documents disponibles, les procès-verbaux, les tests, les prélèvements, les notifications, les délais et les conditions du contrôle.
L’objectif est d’identifier les arguments utiles, les fragilités éventuelles du dossier et les options procédurales réellement envisageables.
Préparer une stratégie de défense adaptée
Selon la situation, la défense peut viser plusieurs objectifs :
- limiter les conséquences sur le permis ;
- préparer l’audience ;
- discuter la procédure lorsque cela est pertinent ;
- présenter les garanties du conducteur ;
- anticiper les effets sur les points ;
- éviter une décision prise dans la précipitation ;
- produire les documents utiles devant la juridiction.
Penser à la fois la défense pénale et la situation du permis
Dans ce type de dossier, il serait réducteur de ne regarder que la sanction pénale.
La stratégie doit aussi intégrer :
- le nombre de points restant ;
- le risque d’invalidation ;
- l’existence d’un permis probatoire ;
- les antécédents routiers ;
- les conséquences administratives de la décision à venir.
Une réponse correcte devant le tribunal peut malgré tout laisser le conducteur dans une situation très défavorable sur le plan du permis. C’est précisément ce qu’il faut éviter.
À retenir
Vous assister devant le tribunal
Le cabinet peut intervenir :
- devant le tribunal correctionnel ;
- dans le cadre d’une CRPC ;
- face à une composition pénale ;
- à la suite d’une ordonnance pénale ;
- ou dans toute autre procédure adaptée au dossier.
L’accompagnement peut intervenir :
- avant la décision ;
- pendant l’audience ou la procédure ;
- après la décision, pour comprendre les suites administratives et les démarches liées au permis.
Une pratique centrée sur le permis de conduire et les infractions routières
Le cabinet intervient principalement en droit routier, permis de conduire et défense pénale liée aux infractions routières.
Nous accompagnons depuis plus de 15 ans des conducteurs dont le permis est menacé, avec une pratique centrée sur les enjeux concrets :
- suspension ;
- annulation ;
- invalidation ;
- retrait de points ;
- poursuites pénales.
Le cabinet est également régulièrement sollicité par les médias pour son expertise en droit routier et s’engage aux côtés d’associations de défense d’automobilistes, notamment la FNEC et l’ANDEVI.
Ce que le cabinet vérifie
Le cabinet ne s’arrête pas au résultat du test. Il vérifie notamment :
- la mesure prise sur votre permis ;
- les délais applicables ;
- les pièces disponibles ;
- la régularité de la procédure ;
- les conditions du dépistage ;
- la possibilité d’une contre-expertise ;
- vos antécédents ;
- votre solde de points ;
- la convocation ou la décision reçue ;
- les conséquences possibles de chaque option ;
- votre situation professionnelle et personnelle.
Situations particulières en conduite sous stupéfiants
Permis probatoire
Le permis probatoire est particulièrement exposé.
Une perte de 6 points peut avoir des conséquences extrêmement lourdes si le conducteur n’a pas encore reconstitué son capital. Dans certains dossiers, le risque d’invalidation du permis doit être anticipé avant même que la procédure pénale n’aboutisse.
Conducteur professionnel ou permis indispensable au travail
Pour un conducteur professionnel, un commercial, un artisan, un chauffeur, un dirigeant ou un salarié dépendant de son véhicule, la suspension du permis peut menacer directement l’activité.
L’analyse doit alors prendre en compte :
- les justificatifs professionnels ;
- les contraintes de déplacement ;
- la fonction réellement exercée ;
- les conséquences concrètes d’une interdiction de conduire.
Cannabis au volant
Le cannabis est l’une des situations les plus fréquentes en matière de stupéfiants au volant.
Beaucoup de conducteurs expliquent avoir consommé plusieurs heures, voire plusieurs jours avant le contrôle. Cet élément peut avoir une place dans l’analyse du dossier, mais il ne suffit pas, à lui seul, à écarter les poursuites.
CBD et contrôle positif
Certaines personnes contrôlées positives indiquent avoir consommé du CBD.
Cette situation doit être prise au sérieux, mais examinée avec méthode. Le point décisif reste le résultat des analyses et les circonstances exactes du dossier.
Selon les cas, la question de l’origine de la positivité, de la nature du produit consommé et de l’intérêt d’un prélèvement sanguin peut justifier une analyse approfondie.
Cumul alcool et stupéfiants
Lorsque le conducteur est poursuivi à la fois pour conduite après usage de stupéfiants et pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique au-delà des seuils légaux, les sanctions sont aggravées.
Dans cette hypothèse, les peines encourues peuvent atteindre :
- 5 ans d’emprisonnement ;
- 15 000 € d’amende ;
- 9 points retirés sur le permis de conduire.
La confiscation du véhicule devient également obligatoire en principe si le conducteur en est propriétaire, sauf décision spécialement motivée de la juridiction.
Ces dossiers doivent être traités avec une vigilance particulière. Le cumul des infractions change nettement l’exposition pénale et le risque pesant sur le permis.
Refus de se soumettre aux vérifications
Refuser de se soumettre aux vérifications destinées à établir l’usage de stupéfiants constitue une infraction distincte de la conduite après usage.
Ce refus est puni, au maximum, de :
- 2 ans d’emprisonnement ;
- 4 500 € d’amende ;
- 6 points retirés.
Il peut également entraîner :
- une suspension du permis pouvant aller jusqu’à 3 ans ;
- une annulation du permis avec interdiction d’en solliciter un nouveau pendant 3 ans au plus ;
- une interdiction de conduire certains véhicules ;
- l’obligation d’accomplir certains stages ;
- la confiscation du véhicule dans certains cas.
Il serait donc risqué de voir le refus comme une manière d’éviter les conséquences d’un contrôle positif.
La défense doit être construite à partir des circonstances exactes du refus et des pièces de procédure.
Récidive de conduite sous stupéfiants
La récidive légale ne doit pas être confondue avec le simple fait d’avoir déjà été contrôlé ou poursuivi.
Elle suppose que les conditions prévues par le Code pénal soient réunies, notamment :
- l’existence d’une condamnation antérieure définitive ;
- le respect du délai légal de récidive.
Lorsqu’une conduite après usage de stupéfiants est commise en état de récidive légale, les peines maximales d’emprisonnement et d’amende peuvent être aggravées.
Surtout, en cas de condamnation pour conduite sous stupéfiants en récidive légale :
- l’annulation du permis est prononcée de plein droit ;
- le conducteur peut se voir interdire de solliciter un nouveau permis pendant 3 ans au plus ;
- la confiscation du véhicule est obligatoire en principe s’il en est propriétaire, sauf décision spécialement motivée du juge ;
- une immobilisation du véhicule peut également être prononcée.
Un dossier de récidive impose donc une lecture précise de la précédente condamnation, des dates, de la qualification retenue et des conséquences concrètes sur le permis.
Accident avec stupéfiants
En cas d’accident, les conséquences peuvent être beaucoup plus lourdes, notamment lorsqu’il existe des blessures ou un décès.
Le dossier doit alors être examiné dans son ensemble :
- circonstances de l’accident ;
- responsabilités en cause ;
- constatations matérielles ;
- dépistage ;
- analyses ;
- auditions ;
- assurance ;
- procédure pénale.
FAQ — Conduite sous stupéfiants
Que risque-t-on pour conduite sous stupéfiants ?
La conduite après usage de stupéfiants est un délit. Elle est punie au maximum de 3 ans d’emprisonnement et 9 000 € d’amende. Elle entraîne également un retrait de 6 points.
Le tribunal peut prononcer d’autres peines, notamment une suspension ou une annulation du permis, selon le dossier.
Peut-on perdre son permis après un contrôle positif aux stupéfiants ?
Oui.
Le permis peut d’abord être retenu, puis faire l’objet d’une suspension administrative. Ensuite, le tribunal peut prononcer une suspension judiciaire ou, dans certains cas, une annulation du permis.
Il faut également vérifier le solde de points, car le retrait de 6 points peut entraîner une invalidation si le capital restant est insuffisant.
Quelle est la différence entre rétention et suspension du permis ?
La rétention est une mesure immédiate prise après le contrôle.
La suspension administrative est une décision prise par le préfet.
La suspension judiciaire est décidée par une juridiction pénale.
Ces mesures peuvent se succéder, mais elles n’ont ni la même nature ni les mêmes effets.
Comment se déroule un contrôle salivaire positif aux stupéfiants ?
Après un premier test positif, des vérifications sont réalisées, souvent au moyen d’un prélèvement salivaire envoyé en laboratoire.
Le conducteur doit aussi être interrogé sur sa volonté de se réserver la possibilité d’une contre-expertise.
Le permis est fréquemment retenu, dans l’attente des suites administratives et pénales.
Peut-on conduire après une rétention du permis pour stupéfiants ?
Il faut être extrêmement prudent.
Si le permis est retenu ou suspendu, conduire peut constituer une nouvelle infraction. Avant toute reprise du volant, il faut vérifier :
- la décision reçue ;
- sa durée ;
- sa date d’effet ;
- les éventuelles démarches médicales ou administratives nécessaires.
Combien de points perd-on pour conduite sous stupéfiants ?
La conduite après usage de stupéfiants entraîne un retrait de 6 points.
En cas de cumul avec l’alcool, le retrait peut atteindre 9 points.
Le risque doit toujours être apprécié en fonction du solde réel du conducteur, en particulier en permis probatoire.
Le CBD peut-il poser problème lors d’un contrôle ?
Oui.
Certaines consommations de CBD peuvent conduire à un résultat positif, selon les produits consommés et les analyses réalisées. Cette situation doit être examinée au cas par cas.
C’est aussi pour cette raison qu’un prélèvement sanguin peut présenter un intérêt lorsqu’il est demandé au moment du contrôle.
Que risque-t-on en cas de cumul alcool et stupéfiants ?
Lorsque la conduite après usage de stupéfiants se cumule avec une alcoolémie au-delà des seuils légaux, les peines encourues peuvent atteindre :
- 5 ans d’emprisonnement ;
- 15 000 € d’amende ;
- 9 points retirés.
La confiscation du véhicule est également prévue en principe, sous réserve d’une décision spécialement motivée du juge.
Que risque-t-on en cas de récidive de conduite sous stupéfiants ?
En cas de récidive légale, les conséquences sont nettement aggravées.
Si une condamnation est prononcée :
- l’annulation du permis est de plein droit ;
- l’interdiction de solliciter un nouveau permis peut durer jusqu’à 3 ans ;
- la confiscation du véhicule est obligatoire en principe si le conducteur en est propriétaire, sauf décision spécialement motivée.
Refuser les vérifications stupéfiants permet-il d’éviter les poursuites ?
Non.
Le refus de se soumettre aux vérifications constitue une infraction distincte. Il est puni au maximum de :
- 2 ans d’emprisonnement ;
- 4 500 € d’amende ;
- 6 points retirés.
Des peines complémentaires sur le permis peuvent également être prononcées.
Un contrôle positif aux stupéfiants entraîne-t-il automatiquement une garde à vue ?
Non.
Une garde à vue peut être décidée si les conditions légales sont réunies, mais elle n’est pas automatique dans tous les dossiers de conduite sous stupéfiants.
Selon les circonstances, le conducteur peut être entendu dans un autre cadre procédural. La mesure réellement prise doit être vérifiée à partir du dossier.
Que faire si je reçois une ordonnance pénale pour stupéfiants au volant ?
Il ne faut pas l’ignorer.
Une ordonnance pénale peut avoir des conséquences sur le permis, les points et le casier judiciaire.
Selon les cas, une opposition peut être envisagée dans un délai de 45 jours. Avant de décider, il faut mesurer les effets de la décision rendue.
La conduite sous stupéfiants entraîne-t-elle un casier judiciaire ?
En principe, une condamnation pour conduite sous stupéfiants peut avoir des conséquences sur le casier judiciaire.
Tout dépend toutefois de la procédure engagée et de la décision rendue. Certaines procédures, plus rares, n’entraînent pas les mêmes effets sur les différents bulletins du casier.
Il peut également être pertinent, selon le dossier, de demander une dispense d’inscription à certains bulletins.
Faut-il un avocat pour une conduite sous stupéfiants ?
L’avocat n’est pas obligatoire dans tous les cas.
Il peut toutefois être particulièrement utile lorsque sont en jeu :
- le permis ;
- l’emploi ;
- le casier judiciaire ;
- les points ;
- une contre-expertise ;
- une procédure de récidive ;
- ou un dossier présentant des irrégularités possibles.
Son rôle est d’analyser la procédure, de vérifier les délais, de préparer la défense et d’aider le conducteur à prendre une décision éclairée.
Que préparer avant un premier échange avec un avocat ?
Il est utile de réunir :
- l’avis de rétention ;
- l’arrêté de suspension ;
- la convocation ;
- les courriers reçus ;
- la notification des résultats d’analyse ;
- le relevé d’information intégral ;
- les documents professionnels utiles ;
- tout élément relatif au contrôle.
Ces pièces permettent d’identifier plus rapidement les risques, les délais et les options possibles.
Faire analyser votre situation après un contrôle stupéfiants
Une conduite sous stupéfiants peut avoir des conséquences rapides sur le permis et des effets durables sur la situation personnelle ou professionnelle du conducteur.
La priorité est de savoir exactement où vous en êtes :
- rétention ;
- suspension administrative ;
- poursuite pénale ;
- risque de retrait de points ;
- possibilité d’une contre-expertise ;
- convocation ;
- ordonnance pénale ;
- CRPC ;
- audience devant le tribunal.
L’analyse utile commence toujours par les documents réellement remis ou reçus : avis de rétention, arrêté de suspension, notification des analyses, convocation et solde de points.
Documents utiles pour une première analyse
Il peut être utile de réunir, si vous les avez déjà reçus :
- l’avis de rétention ;
- l’arrêté de suspension administrative ;
- la notification des résultats d’analyse ;
- la convocation ou le document de poursuite ;
- l’ordonnance pénale, la convocation en CRPC ou la proposition de composition pénale, le cas échéant ;
- votre relevé d’information intégral ;
- les justificatifs professionnels utiles si votre permis est indispensable à votre activité.
Ces documents permettent de situer rapidement la procédure, d’identifier les premiers délais et de repérer les points qui doivent être vérifiés en priorité.
Pour aller plus loin sur la conduite sous stupéfiants
Les conséquences d’une conduite sous stupéfiants peuvent être particulièrement lourdes, notamment en cas de récidive ou lorsque l’infraction concerne un conducteur en permis probatoire. Dans ces situations, les risques pour le permis comme sur le plan pénal doivent être évalués avec précision.
La procédure mérite aussi une attention particulière. Le droit à une contre-analyse et, plus largement, le respect du droit à une contre-expertise peuvent jouer un rôle décisif dans la défense du conducteur.
