Elle dure en principe 72 heures. Elle peut toutefois atteindre 120 heures lorsque des vérifications complémentaires sont nécessaires, notamment en matière d’alcool ou de stupéfiants.
À l’issue de ce délai, deux situations sont possibles : votre permis vous est restitué, ou une suspension administrative est décidée.
À savoir immédiatement
- Durée de la rétention : 72 heures en principe, jusqu’à 120 heures pour certaines infractions comme l’alcool au volant ou la conduite sous stupéfiants
- Peut-on conduire pendant la rétention ? Non.
- Que se passe-t-il après ? Le permis peut être restitué ou une suspension administrative peut suivre.
Votre permis vient d’être retenu ?
Dans les heures qui suivent le contrôle, il est souvent essentiel de comprendre ce qui peut arriver ensuite : restitution du permis, suspension préfectorale, poursuites pénales. Le cabinet peut faire le point rapidement sur votre situation.
Qu’est-ce qu’une rétention du permis de conduire ?
La rétention du permis est une mesure conservatoire. Elle intervient immédiatement après le contrôle, avant toute décision du préfet ou du tribunal.
Les policiers ou les gendarmes retirent matériellement le permis et remettent au conducteur un avis de rétention. Ce document indique notamment le service auprès duquel le permis pourra éventuellement être récupéré.
Si le conducteur n’a pas son permis sur lui au moment du contrôle, il doit en principe le remettre dans un délai de 24 heures.
Le mot de Maître Kirmen
Une erreur sur l’avis de rétention constitue-t-elle un vice de procédure ?
On me pose régulièrement cette question.
Cela peut être, par exemple, une erreur sur le numéro de permis, la date d’obtention de celui-ci, votre nom ou votre prénom.
La réponse est hélas non : une erreur dans la rédaction d’un avis de rétention du permis de conduire ne constitue pas, par elle-même, un vice de procédure entraînant automatiquement l’irrégularité de la rétention ou de la suspension administrative qui suit.
Elle peut cependant avoir un intérêt si elle porte sur la date, l’heure ou le motif de la rétention, mais encore faut-il que cela soit corroboré par le dossier pénal.
Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez consulter mon article consacré aux erreurs dans la rédaction de l’avis de rétention du permis de conduire.
Rétention, suspension, annulation : ne pas confondre
La rétention ne doit pas être confondue avec d’autres mesures plus lourdes.
| Mesure | Qui décide ? | À quel moment ? | Effet principal |
|---|---|---|---|
| Rétention | Police ou gendarmerie | Immédiatement après le contrôle | Interdiction provisoire de conduire |
| Suspension administrative | Préfet | Après la rétention | Interdiction de conduire pendant plusieurs mois |
| Suspension judiciaire | Tribunal | Après jugement | Sanction pénale |
| Annulation du permis | Tribunal | Après jugement | Perte du permis, avec obligation de le repasser dans certains cas |
Cette distinction est importante. Beaucoup de conducteurs pensent que leur permis est déjà « suspendu » lorsqu’il vient seulement d’être retenu. Juridiquement, ce n’est pas encore la même chose.
Dans quels cas le permis peut-il être retenu ?
La rétention du permis peut être décidée dans plusieurs situations prévues par le Code de la route.
Alcool au volant
Le permis peut être retenu lorsqu’un conducteur est contrôlé en état d’alcoolémie, en état d’ivresse manifeste, ou lorsqu’il refuse de se soumettre aux vérifications prévues.
Dans ce type de dossier, la rétention est souvent la première étape d’une procédure qui peut ensuite conduire à une suspension administrative, puis à des poursuites pénales.
Pour approfondir ce point, vous pouvez consulter notre page dédiée à l’alcool au volant.
Conduite sous stupéfiants
La rétention peut également intervenir après un dépistage positif aux stupéfiants ou lorsqu’il existe des raisons plausibles de soupçonner un usage de substances illicites avant la conduite.
Elle peut aussi être décidée en cas de refus de se soumettre aux vérifications.
Dans ces dossiers, des analyses complémentaires sont fréquemment réalisées. C’est notamment ce qui explique que le délai maximal de rétention puisse être porté à 120 heures.
Pour en savoir plus, voir notre page consacrée à la conduite sous stupéfiants.
Excès de vitesse d’au moins 40 km/h
Lorsque le conducteur est intercepté après un dépassement de la vitesse maximale autorisée d’au moins 40 km/h, son permis peut être retenu immédiatement.
C’est un point souvent sous-estimé. Un automobiliste contrôlé à grande vitesse ne repart pas nécessairement avec son permis, même s’il n’a jamais commis d’infraction auparavant.
Pour une analyse plus complète de cette infraction, vous pouvez consulter notre page sur l’excès de vitesse.
Autres cas possibles
La rétention peut aussi être décidée dans certaines situations particulières, notamment :
- après certains accidents corporels ou mortels ;
- en cas de refus d’obtempérer ;
- en cas d’usage du téléphone tenu en main associé à une autre infraction grave au Code de la route.
Combien de temps dure une rétention de permis ?
Le principe : 72 heures maximum
Dans la majorité des cas, la rétention du permis dure 72 heures maximum à compter de sa notification.
Pendant cette période, le conducteur n’a pas le droit de conduire.
Le délai continue à courir les week-ends et jours fériés. Il ne s’agit pas de trois jours ouvrés, mais bien d’un délai exprimé en heures.
L’exception : 120 heures
Le délai peut être porté à 120 heures maximum lorsque des vérifications complémentaires sont nécessaires dans certains dossiers liés :
- à l’alcool au volant ;
- à la conduite sous stupéfiants.
Cette prolongation permet notamment d’attendre les résultats d’analyses ou de vérifications techniques indispensables à la suite de la procédure.
| Situation | Durée maximale de rétention |
|---|---|
| Cas général | 72 heures |
| Alcool ou stupéfiants avec vérifications complémentaires | 120 heures |
Peut-on conduire pendant une rétention du permis ?
Non.
Dès lors que la rétention du permis a été notifiée, le conducteur n’a plus le droit de prendre le volant pendant toute sa durée.
C’est une erreur fréquente : certains conducteurs pensent pouvoir conduire « tant qu’ils n’ont pas reçu l’arrêté de suspension ». Ce raisonnement est dangereux. La rétention produit immédiatement ses effets.
Conduire pendant cette période expose à des sanctions lourdes, indépendamment de l’infraction initiale.
Le mot de Maître Kirmen
Puis-je conduire une fois la rétention du permis terminée ?
C’est la question principale qu’on me pose.
Une fois les 72 heures ou 120 heures dépassées, ai-je le droit de conduire ?
Oui, une fois le délai de rétention expiré, vous pouvez en principe reprendre le volant, mais seulement, et je dis bien seulement, tant qu’aucune décision de suspension du permis ne vous a été notifiée.
Cette précision est extrêmement importante, car dès qu’un arrêté de suspension vous est notifié, vous n’avez plus le droit de conduire.
Pour aller plus loin, j’ai consacré un article complet à cette question, car en pratique, les situations peuvent varier selon les cas.
J’y explique précisément quand vous pouvez reprendre le volant après la rétention, et quand il ne faut surtout pas conduire.
Vous ne savez pas si vous pouvez reprendre le volant ?
Cette question dépend souvent de la chronologie exacte de votre dossier et de l’existence ou non d’une décision de suspension. Avant de reprendre la route, le cabinet peut vérifier votre situation et vous aider à éviter une erreur lourde de conséquences.
Que se passe-t-il après la rétention du permis ?
À l’issue du délai de 72 ou 120 heures, plusieurs suites sont possibles.
Le permis est restitué
Si aucune décision de suspension administrative n’est prise dans le délai prévu, le permis doit être remis à disposition du conducteur.
Il peut alors être récupéré auprès du service indiqué sur l’avis de rétention ou, selon les cas, être adressé par courrier.
La restitution du permis ne signifie pas nécessairement que toute procédure est terminée. Une convocation ou des poursuites peuvent encore intervenir par la suite.
Le mot de Maître Kirmen
Comment et où récupérer son permis ?
Je vous conseille, dès les 72 heures ou 120 heures expirées, d’appeler directement les gendarmes ou les policiers qui ont procédé à la rétention.
Demandez-leur si vous faites l’objet d’une suspension du permis et, si ce n’est pas le cas, quand vous pouvez venir récupérer votre permis de conduire.
Attention : le fait de n’avoir aucune nouvelle d’une suspension préfectorale au bout de 72 ou 120 heures ne veut pas pour autant dire que le préfet n’a pas pris de suspension du permis.
En effet, le préfet n’a pas l’obligation de vous prévenir dans les 72 ou 120 heures, seulement de prendre sa mesure.
Ainsi, si le préfet a pris sa décision dans le délai prévu, même si vous ne l’avez pas encore reçue, les forces de l’ordre ne pourront, et ne voudront, pas vous restituer votre permis de conduire.
Une suspension administrative est décidée
Dans de nombreux dossiers, la rétention est suivie d’une suspension administrative du permis prononcée par le préfet.
Cette mesure interdit de conduire pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, selon la nature des faits reprochés et les circonstances.
Depuis la réforme entrée en vigueur en 2025, la suspension administrative doit notamment être prononcée dans certains cas d’alcoolémie, de conduite sous stupéfiants ou de refus des vérifications prévues.
La rétention n’est donc souvent que la première étape d’une procédure beaucoup plus contraignante.
Pour comprendre son fonctionnement, sa durée et les recours possibles, vous pouvez consulter notre article consacré à la suspension administrative du permis de conduire.
Une procédure pénale peut suivre
La rétention du permis n’empêche pas l’ouverture d’une procédure pénale.
Selon le dossier, le conducteur peut ensuite recevoir :
- une convocation devant le tribunal ;
- une ordonnance pénale ;
- une convocation en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ;
- ou une autre forme de poursuite.
Il ne faut donc pas croire qu’une restitution rapide du permis signifie automatiquement que le dossier est sans suite.
Rétention et suspension du permis : une confusion fréquente
La rétention et la suspension du permis sont souvent mélangées dans l’esprit des conducteurs. Pourtant, ces deux mesures n’ont ni la même durée, ni la même portée.
La rétention est une mesure d’urgence, décidée immédiatement après le contrôle.
La suspension administrative intervient ensuite, sur décision du préfet. Elle peut durer plusieurs mois et avoir des conséquences concrètes lourdes, notamment lorsque le permis est indispensable pour travailler.
| Point de comparaison | Rétention | Suspension administrative |
|---|---|---|
| Autorité compétente | Forces de l’ordre | Préfet |
| Moment | Immédiatement après le contrôle | Après la rétention |
| Durée | 72 ou 120 heures | Plusieurs semaines ou plusieurs mois |
| Effet | Interdiction provisoire de conduire | Interdiction prolongée de conduire |
Cette différence est essentielle pour comprendre la situation réelle du conducteur et les démarches à envisager.
Comment récupérer son permis après une rétention ?
La récupération du permis dépend de la décision prise pendant le délai de rétention.
Si aucune suspension n’est prononcée
Si aucune décision administrative n’est adoptée dans le délai légal, le permis doit être remis à disposition.
Le conducteur doit alors suivre les indications figurant sur l’avis de rétention. En pratique, il est important de vérifier précisément :
- le lieu de récupération ;
- les horaires éventuels ;
- les modalités d’envoi si le permis n’est pas retiré sur place.
Si une suspension a été notifiée
Si le préfet a pris un arrêté de suspension, le permis n’est pas restitué.
Le conducteur doit alors lire attentivement la décision reçue afin de connaître :
- la durée exacte de la suspension ;
- la date de début de la mesure ;
- les démarches à accomplir avant de pouvoir reconduire ;
- les éventuelles visites médicales ou examens imposés.
À ce stade, une analyse juridique devient souvent utile, en particulier lorsque le permis est nécessaire à l’activité professionnelle ou que les circonstances du contrôle soulèvent des questions.
Quels réflexes avoir après une rétention de permis ?
Une rétention de permis intervient souvent dans un moment de stress. Pourtant, certains réflexes sont importants dès les premières heures.
Conserver tous les documents remis
Il faut garder précieusement :
- l’avis de rétention ;
- les documents remis au moment du contrôle ;
- les convocations reçues ensuite ;
- l’éventuel arrêté de suspension administrative.
Ces pièces permettent de vérifier les dates, les délais et la régularité de la procédure.
Vérifier le point de départ du délai
Le délai de rétention court à compter de sa notification.
Cette date est essentielle pour déterminer si une éventuelle décision préfectorale a été prise à temps.
Ne pas reprendre le volant trop vite
Même lorsque le délai de 72 ou 120 heures semble écoulé, il ne faut jamais reprendre la conduite sans certitude.
Il faut d’abord vérifier :
- si une suspension a été notifiée ;
- si le permis a bien été remis à disposition ;
- si aucune autre mesure n’interdit encore de conduire.
Demander rapidement conseil lorsque les enjeux sont importants
Lorsque le permis est indispensable pour travailler, conserver son emploi ou organiser sa vie familiale, il est préférable de ne pas rester dans l’incertitude.
Une étude du dossier peut permettre de vérifier :
- la régularité de la mesure ;
- le respect des délais ;
- les suites administratives ou pénales prévisibles ;
- les recours éventuellement envisageables.
Vous avez reçu un avis de rétention ou un arrêté de suspension ?
Le cabinet peut examiner les documents, vérifier les délais applicables et vous indiquer les recours ou démarches utiles selon votre situation.
Peut-on contester une rétention du permis ?
La rétention étant une mesure très courte, l’enjeu principal n’est pas toujours de la contester isolément. En pratique, il faut surtout examiner ce qu’elle entraîne ensuite.
Il peut notamment être utile de vérifier :
- la régularité du contrôle ;
- la validité des dépistages ou vérifications ;
- le respect des délais ;
- la cohérence des documents remis ;
- la légalité d’une éventuelle suspension administrative.
Chaque dossier repose sur une chronologie précise. Une mauvaise lecture des dates ou de la procédure peut conduire à passer à côté d’un élément important.
Une rétention du permis n’est pas une simple formalité. Lorsqu’elle est suivie d’une suspension, d’une convocation ou d’une procédure pénale, un examen précis du dossier permet d’éviter les erreurs d’interprétation.
FAQ sur la rétention du permis de conduire
Combien de temps dure une rétention du permis ?
La rétention du permis dure en principe 72 heures maximum. Elle peut être portée à 120 heures dans certains dossiers d’alcool ou de stupéfiants nécessitant des vérifications complémentaires.
Peut-on conduire pendant les 72 heures de rétention ?
Non. Dès que la rétention est notifiée, vous n’avez plus le droit de conduire pendant toute sa durée.
Peut-on conduire après la fin de la rétention ?
En principe, oui, à condition qu’aucune décision de suspension du permis ne vous ait été notifiée. Il faut toutefois rester très prudent et vérifier précisément votre situation avant de reprendre le volant.
Que faire si je n’ai reçu aucune suspension après 72 heures ou 120 heures ?
L’absence de courrier ou de notification ne signifie pas nécessairement qu’aucune suspension n’a été décidée. Il est conseillé de contacter le service ayant procédé à la rétention pour savoir si votre permis peut être récupéré.
Où récupérer son permis après une rétention ?
Le permis peut en principe être récupéré auprès du service indiqué sur l’avis de rétention, sauf si une suspension administrative a été décidée entre-temps.
Une rétention du permis entraîne-t-elle toujours une suspension ?
Non. Une rétention peut être suivie d’une restitution du permis. Toutefois, dans de nombreux dossiers, elle débouche ensuite sur une suspension administrative.
Peut-on contester une rétention du permis ?
La contestation de la rétention seule présente souvent un intérêt limité compte tenu de sa courte durée. En revanche, il peut être très utile d’analyser la régularité de la procédure et la légalité d’une éventuelle suspension administrative qui suit.
À retenir sur la rétention du permis
La rétention du permis est une mesure immédiate qui prive provisoirement le conducteur du droit de conduire.
Elle dure :
- 72 heures dans la plupart des cas ;
- jusqu’à 120 heures dans certains dossiers d’alcool ou de stupéfiants.
Elle peut être suivie :
- d’une restitution du permis ;
- d’une suspension administrative ;
- d’une procédure pénale.
Il faut donc prendre cette mesure au sérieux dès les premières heures, conserver tous les documents remis et éviter toute reprise de la conduite sans certitude.
Votre permis vient d’être retenu après un contrôle d’alcoolémie, de stupéfiants ou un grand excès de vitesse ?
Le cabinet peut analyser votre situation, vérifier les délais et vous expliquer clairement ce qui peut se passer dans les prochaines heures ou les prochains jours.
