Après un contrôle positif aux stupéfiants, vous pensez peut-être d’abord à la suspension du permis, à la convocation qui va suivre ou à la sanction pénale. C’est normal. Mais pour un jeune conducteur, le risque peut être plus large : au-delà de la procédure pénale, c’est aussi la validité du permis qui peut être menacée.
La conduite après usage de stupéfiants entraîne en effet un retrait de 6 points sur le permis de conduire.
Or, un permis probatoire commence avec 6 points seulement. Si vous n’avez pas encore récupéré de points supplémentaires, une seule infraction peut donc suffire à faire tomber votre solde à zéro et à provoquer l’invalidation du permis.
À cela peuvent s’ajouter une rétention ou une suspension du permis, des poursuites pénales avec une convocation en justice, puis une condamnation éventuelle avec une inscription au casier judiciaire.
Dans la vie quotidienne, les conséquences sont souvent immédiates : impossibilité de travailler, poursuivre une formation, se rendre en alternance ou simplement rester autonome.
Ce qui est en jeu après un contrôle positif aux stupéfiants en permis probatoire
- Le délit de conduite sous stupéfiants entraine un retrait de 6 points ;
- le permis probatoire va être invalidé si le solde tombe à zéro ;
- une suspension du permis est décidée par le Préfet, puis par le juge ;
- une procédure pénale va suivre, avec une inscription au casier judiciaire à la clé ;
- des marges d’action peuvent exister, mais elles doivent être vérifiées rapidement.
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Peut-on sauver son permis probatoire après un contrôle positif aux stupéfiants ?
Oui, soit en empêchant le retrait des points sur le permis de conduire, soit en obtenant l’annulation des poursuites, lorsque le dossier le permet.
Le retrait de points n’intervient pas le jour du contrôle positif. Aux termes de l’article L223-1 du Code de la Route, le retrait de point intervient au moment ou une condamnation devient définitive.
Pour un titulaire d’un permis probatoire, ce décalage a une importance décisive : tant que vous n’êtes pas jugé de façon définitive, vous ne pourrez faire l’objet d’un retrait de points.
Notre cabinet est spécialisé en droit routier et traite régulièrement ce type de procédure, où la sauvegarde du permis est aussi importante que la défense pénale devant le tribunal pour limiter les sanctions.
Selon la situation, il est utile de vérifier :
- si l’invalidation du permis est réellement imminente ;
- si une décision trop rapide risque d’accélérer inutilement le retrait de points ;
- si une prochaine majoration du capital de points peut sauver le permis;
- si une contestation sérieuse peut être envisagée ;
- si la défense pénale doit être préparée en tenant compte du risque de perte du permis.
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Comment fonctionne la reconstitution des points en permis probatoire?
Le permis probatoire commence avec un capital initial de 6 points. Ce capital augmente ensuite progressivement pendant la période probatoire, mais seulement à condition qu’aucune infraction entraînant un retrait de points ne soit commise.
Pour un permis probatoire classique, la période probatoire dure en principe 3 ans. Le conducteur récupère alors 2 points par an : il passe de 6 à 8 points après la première année, de 8 à 10 points après la deuxième année, puis de 10 à 12 points à la fin de la troisième année.
Pour un conducteur ayant suivi l’apprentissage anticipé de la conduite, c’est-à-dire la conduite accompagnée, la période probatoire est en principe réduite à 2 ans. Dans ce cas, la majoration est de 3 points par an : le permis passe de 6 à 9 points après la première année, puis de 9 à 12 points à la fin de la deuxième année.
Attention : cette reconstitution progressive des points ne s’operera pas en cas de retrait de points. Elle est conditionnée à l’absence d’infraction ayant entraîné un retrait de points depuis le début de la période probatoire. Un contrôle positif aux stupéfiants, ou même un précédent retrait de points peut donc bloquer cette progression et empêcher le jeune conducteur d’atteindre un capital de points suffisants pour encaisser un retrait de 6 points pour une conduite sous stupéfiants.
C’est pourquoi le calendrier du dossier est souvent déterminant. Avant d’accepter une mesure ou de laisser la procédure de conduite sous stupéfiants avancer sans analyse, il faut vérifier le nombre de points disponibles, la date d’obtention du permis, l’échéance de la prochaine majoration et le moment auquel le retrait de points risque réellement d’intervenir.
Quelles sont les sanctions d’une conduite sous stupéfiants pour un jeune permis ?
La conduite sous l’emprise de stupéfiants est prévue et réprimée par l’article L.235-1 du Code de la route.
Les peines principales encourues sont les suivantes :
- 3 ans d’emprisonnement ;
- 9 000 euros d’amende.
Lorsque le conducteur se trouve également sous l’empire d’un état alcoolique, les peines sont portées à :
- 5 ans d’emprisonnement ;
- 15 000 euros d’amende.
La personne condamnée encourt également les peines complémentaires suivantes :
- la suspension du permis de conduire pour une durée de 5 ans au plus, sans possibilité de limiter cette suspension à la conduite en dehors de l’activité professionnelle et sans possibilité de sursis, même partiel ;
- l’annulation du permis de conduire, avec interdiction de solliciter la délivrance d’un nouveau permis pendant 5 ans au plus ;
- une peine de travail d’intérêt général ;
- une peine de jours-amende ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur, y compris ceux pour lesquels le permis de conduire n’est pas exigé, pour une durée de 5 ans au plus ;
- l’obligation d’accomplir, aux frais du condamné, un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
- l’obligation d’accomplir, aux frais du condamné, un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants ;
- la confiscation du véhicule ayant servi à commettre l’infraction, si le condamné en est propriétaire.
Et surtout le retrait de 6 points sur le permis de conduire
Ces sanctions correspondent aux peines maximales prévues par la loi : fort heureusement elles ne sont pas automatiquement prononcées et dépendent toujours des circonstances du dossier, du profil du conducteur et de la décision du tribunal.
En général pour une première conduite sous stupéfiants en jeune permis, il faut s’attendre à 6 à 10 mois de suspension (prefectorale et judiciaire) et une amende de quelques centaines d’euros et un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Les deux points les plus importants pour un jeune permis sont en général le retrait des 6 points et l’inscription au casier judiciaire, qui risque de mettre en péril leur avenir professionnel.
Une défense bien préparée peut permettre d’agir sur ces deux enjeux essentiels :
- sauver le permis, en retardant le retrait des points jusqu’à la fin de la période probatoire ;
- protéger l’avenir professionnel, en sollicitant la non-inscription de la condamnation au casier judiciaire.
Permis probatoire et stupéfiants : quelles poursuites judiciaires ?
Après un contrôle positif aux stupéfiants en permis probatoire, les poursuites judiciaires peuvent prendre plusieurs formes :
- l’ordonnance pénale : le juge rend une décision sans audience préalable, sur la base du dossier transmis par le parquet. Il est possible de former opposition à cette décision dans un délai de 45 jours afin de demander à ce que sa cause soit entendue devant le Tribunal correctionnel dans le cadre d’une véritable audience.
- la composition pénale : une mesure peut être proposée au conducteur, avec des conséquences pénales et administratives à bien mesurer avant de l’accepter. Cette procédure n’entraine pas d’inscription au casier judiciaire, mais le retrait de points est toujours encouru.
- la CRPC, ou comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité : le conducteur reconnaît les faits et une peine lui est proposée. L’avocat est obligatoire dans cette procédure , car la peine peut être négociée avec le substitut du procureur
- la convocation devant le tribunal correctionnel : le conducteur est jugé à l’audience, avec la possibilité de faire valoir sa défense devant le tribunal.
Le choix de la procédure dépend du dossier, des antécédents, des circonstances du contrôle et de l’appréciation du parquet.
Dans tous les cas, il ne faut pas seulement regarder la sanction pénale : pour un jeune conducteur, l’enjeu principal est le retrait de 6 points et le risque d’invalidation du permis probatoire.
Attention aux infractions simultanées en jeune permis : le retrait peut aller jusqu’à 8 points.
En cas d’infractions simultanées, le retrait de points peut être plus lourd qu’un simple retrait de 6 points. L’article L.223-2 du Code de la route prévoit que, lorsque plusieurs infractions entraînant un retrait de points sont commises en même temps, les retraits se cumulent dans la limite des deux tiers du nombre maximal de points, soit 8 points. Cette règle est également rappelée par l’article R.223-2 du Code de la route.
Pour un conducteur en permis probatoire qui a commis une conduite sous stupéfiants associée à une autre infraction, cette situation peut être particulièrement problematique.
En effet, le permis probatoire classique commence avec 6 points, puis bénéficie d’une majoration de 2 points par an en l’absence d’infraction entraînant retrait de points : 6 points la première année, 8 points après un an, 10 points après deux ans, puis 12 points à la fin de la période probatoire.
Si le conducteur risque un retrait de 8 points ( par exemple pour une conduite sous stupéfiants avec un franchissement de ligne continue) alors qu’il dispose seulement de 8 points sur 8, son permis peut tomber à zéro.
Dans ce type de dossier, l’enjeu peut donc être de retarder le jugement ou le moment où l’infraction devient définitive jusqu’à la fin de la deuxième année de permis, lorsque le capital passe de 8 points sur 8 à 10points sur 10.
Le retrait de 8 points ne ferait alors plus tomber le solde à zéro.
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Permis probatoire et stupéfiants : ne laissez pas la procédure avancer sans analyse
Dans ce type de dossier, certaines erreurs sont fréquentes.
Accepter trop vite une mesure proposée, répondre seul à une convocation sans en mesurer les conséquences, ou ne regarder que la sanction pénale en oubliant la mécanique des points : autant de décisions qui peuvent vous faire perdre définitivement le permis de conduire
Même sans disposer encore de tous les documents, un premier échange permet souvent d’identifier les urgences du dossier et les décisions à ne pas prendre trop vite.
Pourquoi contacter le cabinet dans ce type de dossier ?
Notre cabinet exerce exclusivement en droit routier et intervient régulièrement dans les dossiers où le permis de conduire est menacé, notamment en cas de conduite sous stupéfiants avec un permis probatoire,
Dans ce type de dossier, notre intervention consiste notamment à :
- analyser votre solde de points et le risque réel d’invalidation du permis probatoire ;
- vérifier le calendrier du retrait de points, notamment lorsque la fin de la période probatoire approche ;
- examiner la procédure, les conditions du contrôle et les éventuelles irrégularités ;
- préparer votre défense pénale devant la juridiction compétente ;
- chercher à limiter les conséquences de la procédure, notamment sur le permis, les sanctions et le casier judiciaire.
Le Cabinet KIRMEN & LEFEBVRE intervient partout en France pour défendre les conducteurs devant les juridictions pénales et administratives. Son activité est centrée depuis plus de 15 ans sur la défense du permis de conduire, avec plus d’un millier de permis sauvegardés ou récupérés depuis sa création.
L’objectif est simple : déterminer s’il existe une voie sérieuse pour protéger votre permis, éviter une invalidation ou, à défaut, limiter les conséquences de la procédure.
Concrètement, cette analyse se déroule en plusieurs étapes. Avant d’envisager une contestation ou une stratégie de défense, il faut d’abord comprendre précisément votre situation de permis, le calendrier du dossier et les risques réels liés au retrait de points.
Vérifier immédiatement si votre permis est réellement en danger
Tout commence par une reconstitution précise de votre situation. Le cabinet vérifie notamment :
- la date d’obtention du permis ;
- le nombre de points disponibles ;
- la nature du permis : conduite accompagnée ou permis probatoire classique ;
- les éventuels retraits de points antérieurs ;
- l’existence d’une suspension administrative ;
- la nature de la procédure déjà engagée ;
- les documents reçus ou signés après le contrôle ;
- les échéances prochaines liées à la période probatoire.
Rechercher les vices de procédure qui peuvent changer l’issue du dossier
Un contrôle lié aux stupéfiants obéit à des règles précises. Il examiner de près l’existence d’eventuels vices de procédure, qui peuvent toucher :
- les circonstances du contrôle ;
- les conditions du dépistage ;
- les modalités des vérifications complémentaires ;
- les actes et notifications remis au conducteur ;
- la cohérence des documents de procédure ;
- les éléments permettant de discuter la régularité de la procédure.
Lorsqu’une irrégularité sérieuse existe, elle peut devenir un point central de la défense.
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FAQ – Permis probatoire et conduite sous stupéfiants
Peut-on perdre son permis probatoire après un contrôle positif aux stupéfiants ?
Oui. La conduite après usage de stupéfiants entraîne un retrait de 6 points. Or, un permis probatoire commence avec seulement 6 points. Si le conducteur n’a pas encore récupéré de points supplémentaires, le retrait peut faire tomber le solde à zéro et provoquer l’invalidation du permis.
Combien de points perd-on pour une conduite sous stupéfiants en jeune permis ?
La conduite sous stupéfiants entraîne en principe un retrait de 6 points sur le permis de conduire. Pour un jeune conducteur, ce retrait est particulièrement grave, car il peut suffire à invalider le permis probatoire.
Le retrait des points intervient-il le jour du contrôle positif ?
Non. Le retrait des points n’intervient pas le jour du contrôle. Il intervient lorsque l’infraction est définitivement établie, notamment après une condamnation devenue définitive, le paiement d’une amende forfaitaire, l’émission d’une amende forfaitaire majorée ou l’exécution d’une composition pénale.
Peut-on sauver son permis probatoire après une conduite sous stupéfiants ?
Oui, dans certains dossiers. Il peut être possible de sauver le permis en empêchant le retrait des points, en obtenant l’annulation des poursuites ou en tenant compte du calendrier de la procédure, notamment lorsque la fin de la période probatoire approche.
Comment fonctionne la reconstitution des points en permis probatoire ?
Un permis probatoire classique commence avec 6 points et récupère en principe 2 points par an, à condition qu’aucune infraction entraînant un retrait de points ne soit commise. En conduite accompagnée, la période probatoire est plus courte et la majoration est généralement de 3 points par an.
Que se passe-t-il en cas d’infractions simultanées ?
En cas d’infractions simultanées, les retraits de points peuvent se cumuler dans la limite de 8 points. Pour un conducteur en permis probatoire, cette situation peut être très dangereuse, notamment si le conducteur dispose seulement de 8 points au moment où l’infraction devient définitive.
Quelles sont les sanctions pour une conduite sous stupéfiants en jeune permis ?
La conduite sous stupéfiants est punie de 3 ans d’emprisonnement et de 9 000 euros d’amende. Des peines complémentaires peuvent également être prononcées, notamment une suspension du permis, une annulation du permis, un stage de sensibilisation, une interdiction de conduire certains véhicules ou encore la confiscation du véhicule.
Une conduite sous stupéfiants entraîne-t-elle une inscription au casier judiciaire ?
Oui, une condamnation pour conduite sous stupéfiants peut entraîner une inscription au casier judiciaire.Il est possible de solliciter la non-inscription de la condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire, notamment lorsque l’avenir professionnel du conducteur est en jeu.
Quelles poursuites judiciaires peuvent suivre un contrôle positif aux stupéfiants ?
Après un contrôle positif aux stupéfiants, plusieurs procédures sont possibles : ordonnance pénale, composition pénale, CRPC ou convocation devant le tribunal correctionnel. Le choix de la procédure dépend du dossier, des antécédents, des circonstances du contrôle et de l’appréciation du parquet.
Pourquoi contacter un avocat après un contrôle positif aux stupéfiants en permis probatoire ?
Un avocat en droit routier peut analyser le solde de points, le calendrier du dossier, les risques d’invalidation, la procédure pénale et les éventuels vices de procédure. L’objectif est de déterminer s’il existe une voie sérieuse pour protéger le permis, éviter une invalidation ou limiter les conséquences de la procédure.
Article rédigé par Maître Auni Kirmen, Avocat à la Cour, et mis à jour le 30 juin 2026
