Récidive d’alcool au volant : définition et conditions

En matière d’alcool au volant, la récidive désigne la situation dans laquelle une personne déjà condamnée définitivement commet une nouvelle infraction similaire, dans les conditions prévues par la loi.

En matière délictuelle, il y a récidive lorsqu’une personne :

En cas de récidive d’alcool au volant, le conducteur encourt notamment :

Attention : une deuxième alcoolémie ne suffit pas toujours à caractériser une récidive légale. L’état de récidive légale peut être contesté : tout dépend de la condamnation antérieure, de sa date, de son caractère définitif et de la qualification exacte des nouveaux faits.

Ce point est essentiel, car il peut permettre d’éviter l’annulation de plein droit du permis, qui repose justement sur l’existence d’une récidive juridiquement constituée.

Récidive alcool : l’urgence est de défendre votre permis.

Le Cabinet KIRMEN & LEFEBVRE intervient dans les dossiers d’alcool au volant sur toute la France.

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Quelles sanctions en cas de récidive d’alcool au volant ?

La récidive d’alcool au volant expose le conducteur à des sanctions particulièrement lourdes. Il ne s’agit plus d’une simple première alcoolémie délictuelle, mais d’une situation aggravée par l’existence d’une précédente condamnation.

Les peines principales en récidive d’alcool au volant

En cas de récidive légale, par application de l’article 132-10 du Code pénal, le maximum des peines prévues pour une alcoolémie au volant est doublé.

Le conducteur poursuivi pour récidive d’alcool au volant encourt donc :

Ces peines sont des maxima encourus. La peine effectivement prononcée dépend du dossier : taux d’alcool, antécédents, circonstances du contrôle, existence ou non d’un accident, situation personnelle et professionnelle, démarches entreprises depuis les faits et défense présentée devant le tribunal.

Les peines complémentaires prévues par le Code de la route

L’article L234-2 du Code de la route prévoit également plusieurs peines complémentaires pouvant être prononcées contre une personne condamnée pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique ou conduite en état d’ivresse manifeste.

Le tribunal peut notamment prononcer :

L’article L234-2 du Code de la route précise également que la suspension du permis de conduire prévue par ce texte ne peut pas être assortie du sursis, même partiellement.

Une annulation de permis peut être évitée si la récidive est contestable.

Le cabinet vérifie la condamnation antérieure, les délais et la régularité de la procédure.

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L’annulation de plein droit du permis de conduire

En récidive alcool au volant, l’article L234-13 du Code de la route prévoit une conséquence particulièrement sévère : toute condamnation pour l’une des infractions prévues aux articles L234-1 et L234-8 du Code de la route, commise en état de récidive au sens de l’article 132-10 du Code pénal, donne lieu de plein droit à l’annulation du permis de conduire.

Cela signifie que si la récidive légale est retenue et que le conducteur est condamné, le permis n’est pas simplement suspendu : il est annulé.

L’annulation du permis entraîne des conséquences très différentes d’une suspension. Après une suspension, le conducteur peut récupérer son permis à l’expiration de la mesure, sous réserve des démarches administratives et médicales nécessaires. Après une annulation, le permis disparaît. Le conducteur doit accomplir les démarches nécessaires pour obtenir un nouveau permis, après avoir respecté l’éventuelle période d’interdiction.

Le mot de Maître Kirmen

Pas besoin de passer un stage de récupération de points avant l’audience, car si le juge prononce la culpabilité, le permis sera annulé, et ce même si vous êtes à 12 points sur 12. Si la procédure est viciée, vous serez relaxé et vous n’aurez alors pas le moindre retrait de points.

Tout se joue donc sur la question de savoir si la procédure a été faite correctement ou non, en espérant que ce ne soit pas le cas.

L’éthylotest anti-démarrage après l’annulation du permis

L’article L234-13 du Code de la route prévoit également qu’en cas de récidive, l’annulation du permis s’accompagne d’une interdiction de conduire un véhicule qui ne serait pas équipé d’un dispositif homologué d’anti-démarrage par éthylotest électronique.

Cette interdiction peut durer jusqu’à 3 ans. Elle s’applique à compter de l’obtention du nouveau permis de conduire.

Concrètement, cela peut imposer au conducteur de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un éthylotest anti-démarrage, aussi appelé EAD. Cette sanction peut avoir des conséquences importantes, notamment pour les conducteurs qui utilisent un véhicule professionnel, un véhicule de société, un véhicule familial ou un véhicule partagé.

Confiscation et immobilisation du véhicule en récidive

L’article L234-12 du Code de la route prévoit des peines complémentaires spécifiques lorsque l’infraction est commise en état de récidive légale.

En cas de récidive d’alcool au volant, le conducteur encourt notamment :

La confiscation est dite obligatoire, mais le tribunal peut décider de ne pas la prononcer par une décision spécialement motivée. Ce point est important en défense, notamment lorsque le véhicule est indispensable à l’activité professionnelle du conducteur, lorsqu’il est utilisé par la famille, ou lorsque la situation de propriété du véhicule mérite d’être discutée.

Tableau récapitulatif des sanctions

Tableau récapitulatif des sanctions en cas de récidive d’alcool au volant
SanctionFondementConséquence
EmprisonnementArticles L234-1 du Code de la route et 132-10 du Code pénalJusqu’à 6 ans en récidive
AmendeArticles L234-1 du Code de la route et 132-10 du Code pénalJusqu’à 18 000 euros en récidive
Retrait de pointsArticle L234-1 du Code de la routeRetrait de 6 points
Suspension du permisArticle L234-2 du Code de la routeJusqu’à 5 ans, sans sursis possible
Annulation du permisArticles L234-2 et L234-13 du Code de la routeAnnulation pouvant être de plein droit en récidive
Interdiction de solliciter un nouveau permisArticle L234-2 du Code de la routeJusqu’à 5 ans
Éthylotest anti-démarrageArticles L234-2 et L234-13 du Code de la routeInterdiction de conduire un véhicule non équipé d’un EAD
Stage de sensibilisationArticle L234-2 du Code de la routeStage obligatoire aux frais du condamné
Travail d’intérêt généralArticle L234-2 du Code de la routePeine complémentaire possible
Jours-amendeArticle L234-2 du Code de la routePeine complémentaire possible
Confiscation du véhiculeArticles L234-2 et L234-12 du Code de la routeConfiscation obligatoire en récidive si le conducteur est propriétaire, sauf décision spécialement motivée
Immobilisation du véhiculeArticle L234-12 du Code de la routeImmobilisation possible pendant un an au plus

Annulation de plein droit du permis : quelles infractions sont concernées ?

L’annulation de plein droit du permis est attachée à une condamnation pour des faits commis en état de récidive légale.

L’article L234-13 du Code de la route vise uniquement les condamnations, commises en état de récidive, pour les infractions prévues aux articles L234-1 et L234-8 du Code de la route.

Cela concerne donc :

Pour que l’annulation de plein droit prévue par L234-13 s’applique, il faut donc que la nouvelle condamnation porte sur :

La composition pénale ne constitue pas une récidive légale

Une composition pénale exécutée ne constitue pas le premier terme d’une récidive légale. La Cour de cassation rappelle que seule une condamnation pénale définitive peut servir de base à la récidive au sens de l’article 132-10 du Code pénal (Cour de cassation, chambre criminelle, 30 novembre 2010, n° 10-80.460, publié au Bulletin criminel 2010, n° 190).

Or, la composition pénale est une alternative aux poursuites, prévue notamment par l’article 41-2 du Code de procédure pénale, et non une condamnation pénale.

Elle peut donc avoir des conséquences sur le permis ou le casier, mais elle ne permet pas, à elle seule, de retenir la récidive légale lors d’une nouvelle alcoolémie au volant.

Peut-on éviter l’annulation du permis en cas de récidive alcool au volant ?

Oui, si des vices de procédure existent, ils peuvent permettre de faire tomber le dossier, de sauver votre permis et d’éviter une condamnation.

Pour cela, il faut reprendre la procédure point par point, identifier les failles exploitables et construire la défense la plus efficace avant l’audience.

En pratique, plusieurs axes doivent être examinés.

Vérifier si la récidive légale est réellement constituée

C’est le premier point. Si la récidive n’est pas légalement constituée, le régime aggravé ne doit pas s’appliquer. L’ancien dossier doit donc être analysé avec autant d’attention que le nouveau.

Il faut vérifier la date de la précédente condamnation, sa nature exacte, son caractère définitif, la peine prononcée, le point de départ du délai de récidive et la qualification des nouveaux faits.

Rechercher les vices de procédure dans le contrôle d’alcoolémie

Le taux d’alcool ne se résume pas au chiffre mentionné sur la convocation. Il faut examiner les conditions du contrôle et les pièces de procédure.

Plusieurs points peuvent être analysés :

Une irrégularité ne suffit pas toujours à faire disparaître les poursuites. Mais certaines anomalies peuvent affaiblir le dossier, permettre une discussion sur la qualification ou modifier la stratégie de défense.

L’avocat peut également étudier :

Lorsque la vérification de l’alcoolémie est réalisée par un appareil mesurant l’air expiré, un second contrôle peut être immédiatement effectué après vérification du bon fonctionnement de l’appareil. Ce second contrôle est de droit lorsqu’il est demandé dans les conditions prévues.

Dans certains dossiers, ces vérifications permettent d’identifier un argument utile. Dans d’autres, elles servent à apprécier avec lucidité la marge de défense réellement disponible.

Pour approfondir ce sujet, il peut être utile de consulter notre page consacrée aux vices de procédure en matière d’alcoolémie au volant.

Vérifier si le taux d’alcool est proche du seuil délictuel

Lorsque le taux est proche du seuil délictuel, l’analyse doit être particulièrement attentive. Une différence minime peut parfois avoir des conséquences très importantes, notamment entre une contravention et un délit.

Dans une procédure de récidive, cette frontière peut changer toute l’issue du dossier. Une alcoolémie contraventionnelle n’emporte pas les mêmes conséquences qu’une alcoolémie délictuelle en récidive.

Préparer la défense sur la peine, le permis et le véhicule

Lorsque les faits sont difficilement contestables, la défense ne disparaît pas. Elle change d’objectif. Il faut alors préparer une défense sur la peine, sur les conséquences professionnelles, sur la confiscation du véhicule, sur les modalités d’exécution et sur les garanties présentées par le conducteur.

Le tribunal apprécie le dossier dans son ensemble. Les justificatifs peuvent avoir une importance considérable : contrat de travail, attestation employeur, justificatifs familiaux, démarches de soins, suivi addictologique, absence d’accident, efforts réalisés depuis les faits.

Une annulation de permis peut être évitée

Le cabinet vérifie la condamnation antérieure, les délais et la régularité de la procédure.

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Pourquoi contacter le Cabinet KIRMEN & LEFEBVRE en cas de récidive d’alcool au volant ?

Le Cabinet KIRMEN & LEFEBVRE est spécialisé en droit routier et en défense du permis de conduire.

Nous intervenons depuis plus de 15 ans dans les dossiers liés aux infractions routières et aux permis menacés, sur l’ensemble du territoire français.

Notre pratique est centrée sur la défense des conducteurs confrontés à des délits routiers, et plus spécifiquement sur les conduites sous l’empire d’un état alcoolique en récidive.

Chaque dossier fait l’objet d’une analyse attentive des pièces, des délais, des antécédents et des éventuelles irrégularités de procédure.

Nous sommes également engagés auprès d’associations de défense des automobilistes, notamment la FNEC et l’ANDEVI, et sommes régulièrement sollicités par les médias pour notre expertise en droit routier.

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Une défense peut être préparée sur le permis, la peine et les conséquences professionnelles.

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Questions fréquentes sur la récidive d’alcool au volant

Une deuxième alcoolémie au volant signifie-t-elle automatiquement récidive ?

Non. La récidive légale suppose notamment une condamnation définitive antérieure, puis la commission d’un nouveau délit entrant dans le délai prévu par le Code pénal. Une simple précédente interpellation ou une ancienne suspension administrative ne suffisent pas nécessairement.

En cas de récidive d’alcool au volant, le permis est-il automatiquement annulé ?

Si la récidive légale est retenue pour un délit d’alcoolémie ou d’ivresse manifeste, l’annulation du permis intervient de plein droit. Il ne s’agit donc plus seulement d’une simple possibilité parmi les peines encourues.

Quel est le délai de récidive pour un délit d’alcool au volant ?

Le Code pénal prévoit que la récidive délictuelle peut être caractérisée lorsqu’un nouveau délit est commis dans les cinq ans à compter de l’expiration ou de la prescription de la précédente peine, sous réserve que les infractions concernées entrent bien dans le régime légal de la récidive.

La récidive d’alcool au volant entraîne-t-elle automatiquement une peine de prison ferme ?

Non. La récidive aggrave fortement les peines encourues, mais elle ne signifie pas automatiquement qu’une incarcération ferme sera prononcée. La décision dépend du dossier, des antécédents, des circonstances des faits et de la juridiction saisie. La stratégie de défense doit précisément tenir compte de cette exposition pénale.

Le véhicule peut-il être confisqué ?

Oui. En cas de récidive légale d’alcool au volant, la confiscation du véhicule est en principe obligatoire lorsque le conducteur en est propriétaire. La juridiction peut toutefois décider de ne pas la prononcer, mais elle doit alors spécialement motiver sa décision.

Un éthylotest anti-démarrage peut-il être imposé après une annulation pour récidive ?

Oui. Après l’annulation du permis en cas de récidive, le Code de la route prévoit une interdiction de conduire un véhicule non équipé d’un éthylotest anti-démarrage homologué pendant une durée pouvant aller jusqu’à trois ans à compter de l’obtention d’un nouveau permis, sauf si ce nouveau permis est obtenu plus de trois ans après l’annulation du précédent.

Faut-il accepter une CRPC en cas de récidive d’alcool au volant ?

Pas sans analyse du dossier. La CRPC suppose de reconnaître les faits et peut conduire à l’homologation d’une peine proposée par le procureur. Avant de prendre position, il faut apprécier les conséquences sur le permis, le véhicule, la récidive retenue et la situation personnelle du conducteur.

Peut-on contester le taux d’alcool ?

Oui, dans certains dossiers, le taux ou les conditions de vérification peuvent être discutés. Il faut analyser les procès-verbaux, l’appareil utilisé, les mentions relatives au contrôle et les formalités accomplies.

La récidive alcool au volant entraîne-t-elle une inscription au casier judiciaire ?

Une condamnation pour récidive d’alcool est inscrite sur le casier judiciaire. Cet enjeu est particulièrement important pour certaines professions, notamment lorsqu’un bulletin n°2 vierge est exigé.

Que doit vérifier un avocat dans un dossier de récidive d’alcool au volant ?

Il peut vérifier la qualification de récidive, la décision antérieure, les délais, la régularité de la procédure d’alcoolémie, les notifications, la mesure affectant le permis, la question du véhicule et les conséquences possibles sur la défense. L’objectif est d’identifier les options pertinentes au regard du dossier.

Un avocat peut-il vraiment changer quelque chose en récidive d’alcool ?

Oui, lorsque des points de procédure existent, lorsque la récidive est contestable ou lorsque la peine doit être préparée. L’avocat peut aussi intervenir sur les conséquences concrètes : annulation, EAD, confiscation, casier judiciaire, situation professionnelle.

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Article rédigé par Maître Auni Kirmen, Avocat à la Cour, et mis à jour le 28 juin 2026.