Dans les heures et les jours qui suivent, beaucoup de conducteurs ne savent plus exactement où ils en sont. Peuvent-ils reprendre le volant après 120 heures ? Une convocation va-t-elle arriver ? La suspension préfectorale est-elle déjà décidée ? Que risque-t-on réellement devant le tribunal ?

La réponse dépend toujours du dossier : du taux retenu, de vos antécédents, des documents établis lors du contrôle et de la procédure choisie par le parquet.

Cette page vous aide à comprendre ce qui se passe après un contrôle positif à l’alcool, à distinguer les mesures qui peuvent vous concerner et à repérer les décisions à ne pas prendre à la légère.

Le mot de Maître KIRMEN

Je vais reprendre la procédure dans son ordre réel, depuis le contrôle routier jusqu’à l’éventuelle convocation devant le tribunal. L’objectif est simple : vous permettre de savoir ce qui vient de se produire, ce qui peut arriver ensuite et à quel moment il devient utile de faire analyser votre dossier.

Comment se déroule un contrôle d’alcoolémie au volant ?

Après un contrôle positif à l’alcool avec rétention du permis, il faut distinguer trois moments :

Ces étapes sont souvent confondues. Pourtant, elles n’ont ni le même fondement, ni les mêmes conséquences, ni les mêmes voies de contestation.

Le dépistage initial

Lors d’un contrôle routier, les forces de l’ordre commencent généralement par un dépistage de l’imprégnation alcoolique, par exemple à l’aide d’un éthylotest.

Ce premier test ne constitue pas, à lui seul, la mesure qui servira à vous poursuivre. Il indique simplement qu’un contrôle plus précis doit être réalisé.

Conseil de l’avocat

Ne refusez pas de vous soumettre au contrôle. Le refus de vérification de l’état alcoolique constitue un délit autonome, qui entraîne souvent des conséquences plus lourdes qu’un contrôle accepté. Il conduit également, en pratique, à une rétention immédiate du permis.

La vérification du taux d’alcoolémie

Si le dépistage est positif, ou si les circonstances le justifient, les forces de l’ordre procèdent ensuite à une mesure destinée à établir le taux retenu.

Cette vérification peut se faire :

Pour mieux comprendre la différence entre ces deux modes de mesure, vous pouvez consulter notre article consacré à la distinction entre alcool dans le sang et alcool dans l’air expiré.

Conseil de l’avocat

Même en dehors d’un accident, vous pouvez demander qu’une prise de sang soit réalisée. Cette demande mérite une attention particulière, surtout dans les dossiers sensibles, notamment en cas de récidive. Le cadre juridique de l’analyse sanguine est plus contraignant et certaines irrégularités peuvent avoir une incidence réelle sur la procédure.

Lorsque cette vérification est dans votre intérêt, il faut la demander clairement.

Vous venez d’être contrôlé positif à l’alcool ?

Appelez le cabinet pour comprendre rapidement les démarches utiles, vérifier les documents remis et éviter les premières erreurs.

Appeler le cabinet

Le second contrôle à l’éthylomètre

Lorsque le taux est mesuré par éthylomètre, le résultat doit être notifié immédiatement au conducteur. Il doit également être informé de son droit de demander un second contrôle, souvent appelé « second souffle ».

Ce second contrôle est de droit lorsqu’il est demandé.

Ce point ne relève pas d’un simple détail. L’absence d’information sur la possibilité de demander un second contrôle, ou le refus d’y procéder lorsqu’il a été sollicité, peut constituer une irrégularité importante. C’est l’un des éléments qui doivent être vérifiés à la lecture des procès-verbaux.

Dans quels cas un contrôle d’alcoolémie peut-il être réalisé ?

Les contrôles d’alcoolémie ne peuvent pas être décidés n’importe comment. Le Code de la route prévoit plusieurs hypothèses, notamment :

Dans certains dossiers, la discussion ne porte donc pas uniquement sur le taux mesuré. Elle peut aussi concerner les conditions mêmes dans lesquelles le contrôle a été déclenché.

C’est ce que l’on désigne souvent comme le périmètre de contrôle. Lorsqu’il n’est pas conforme aux textes, il peut devenir un véritable axe de contestation.

Que se passe-t-il ensuite ?

Après le contrôle, la procédure suit généralement trois séquences :

Ces mécanismes se succèdent, mais ne se confondent pas.

Rétention, suspension administrative, suspension judiciaire : ce qu’il faut distinguer

MesureQui la décide ?Quand intervient-elle ?Effet principal
Rétention du permisForces de l’ordreImmédiatement après le contrôle, dans certains casInterdiction provisoire de conduire pendant 120 heures
Suspension administrativePréfetAprès la rétention, dans l’attente de la procédure judiciaireInterdiction de conduire pendant une durée fixée par arrêté
Suspension judiciaireJugeÀ l’issue de la procédure pénaleSanction éventuellement prononcée par la juridiction

La rétention du permis de conduire

La rétention du permis est la première mesure prise sur place, immédiatement après le contrôle.

Elle peut intervenir lorsque :

Un avis de rétention est alors remis au conducteur. Ce document indique que le permis est retenu pendant 120 heures, soit 5 jours entiers.

Pendant cette période, vous n’avez pas le droit de conduire.

L’avis de rétention comporte une erreur : est-ce suffisant pour annuler la procédure ?

C’est une question fréquente. L’avis peut parfois comporter une erreur sur :

Ces erreurs ne permettent pas, à elles seules, de faire annuler la procédure. L’avis de rétention n’est pas la pièce centrale sur laquelle le juge appréciera la régularité des poursuites.

Cela ne signifie pas qu’aucune contestation n’est possible. Simplement, les irrégularités réellement utiles se trouvent le plus souvent ailleurs : dans les procès-verbaux, les notifications, les modalités de contrôle ou les conditions de mesure du taux.

À quoi sert la rétention du permis ? À laisser le temps au préfet de prononcer une suspension administrative

La rétention ouvre la deuxième phase du dossier : la suspension administrative du permis de conduire.

Pendant les 120 heures suivant le contrôle, les forces de l’ordre transmettent le dossier à la préfecture. Le préfet peut alors prendre un arrêté de suspension, souvent désigné sous le nom d’arrêté 3F.

Cette suspension est une mesure provisoire. Elle intervient avant le jugement et suspend le droit de conduire dans l’attente de la suite de la procédure.

Dans les dossiers d’alcoolémie, sa durée est fréquemment de 6 mois, mais elle peut aller jusqu’à 12 mois dans les cas les plus graves.

L’arrêté est généralement notifié par lettre recommandée avec accusé de réception. En pratique, il arrive souvent après l’expiration des 120 heures de rétention, parfois une dizaine ou une quinzaine de jours après le contrôle.

Le délai de 120 heures est dépassé : peut-on reprendre le volant ?

La réponse n’est pas automatique. Elle dépend notamment :

C’est l’un des points les plus sensibles en pratique. Reprendre le volant trop tôt peut exposer à une nouvelle infraction.

Et ensuite ? Les poursuites pénales en justice

Lorsque le taux retenu est égal ou supérieur à 0,40 mg/l d’air expiré, ou 0,8 g/l de sang, les faits constituent un délit. Une procédure pénale est alors engagée.

Le juge pénal pourra se prononcer sur les sanctions éventuelles : amende, suspension judiciaire, annulation du permis, stage, éthylotest antidémarrage, voire emprisonnement dans les dossiers les plus sérieux.

Dans de nombreux cas, une convocation est remise après une audition libre par la police ou la gendarmerie. Elle peut intervenir dans les jours ou semaines qui suivent l’interpellation.

Alcool au volant : faut-il forcément passer devant un tribunal ?

Pas nécessairement sous la forme d’une audience classique. Selon le dossier et l’orientation choisie par le parquet, plusieurs procédures sont possibles.

Les principales formes de procédure après un délit d’alcool au volant

ProcédureEn quoi consiste-t-elle ?Point de vigilance
Convocation devant le tribunal correctionnelL’affaire est examinée lors d’une audiencePréparer la défense, les pièces et l’impact sur le permis
Ordonnance pénaleDécision rendue sans audience préalable classiqueVérifier l’intérêt d’accepter ou de former opposition
Composition pénaleMesure proposée par le parquet sous conditionsElle suppose une démarche volontaire et produit des effets juridiques
CRPCProcédure fondée sur la reconnaissance des faitsLa proposition de peine doit être étudiée avant acceptation

Ces procédures n’obéissent pas à la même logique. Certaines impliquent une reconnaissance des faits. D’autres permettent un débat devant une juridiction. Certaines doivent être acceptées ou refusées dans un délai limité.

Avant de répondre à une convocation, de signer une composition pénale ou d’accepter une CRPC, il est souvent utile de vérifier ce que le dossier permet réellement de soutenir.

Pourquoi agir vite après une rétention de permis pour alcool ?

Après une rétention, plusieurs décisions peuvent intervenir rapidement :

Le risque n’est pas seulement de manquer une date. C’est aussi de laisser la procédure avancer sans avoir compris ce qui est en jeu.

Une réaction rapide ne garantit jamais un résultat. En revanche, elle évite certaines erreurs très concrètes : reprendre le volant à tort, laisser passer une notification, accepter une procédure sans en mesurer les effets ou arriver à l’audience sans dossier préparé.

Alcool au volant : attention à bien distinguer alcoolémie contraventionnelle et alcoolémie délictuelle

Quels sont les seuils d’alcoolémie autorisés ?

En France, il est interdit de conduire avec un taux d’alcool :

Ces seuils permettent de savoir s’il existe une infraction. Mais ils servent aussi à distinguer deux régimes très différents :

Cette distinction conditionne la procédure, les sanctions et l’urgence du dossier.

Alcoolémie contraventionnelle

L’alcoolémie contraventionnelle correspond à la situation dans laquelle le taux dépasse le seuil applicable au conducteur, tout en restant inférieur au seuil du délit.

Pour un conducteur soumis au régime de droit commun, cela correspond à un taux compris entre :

Pour un conducteur en permis probatoire ou soumis au seuil réduit, l’infraction existe dès 0,2 g/l de sang.

Alcoolémie délictuelle

La conduite sous l’empire d’un état alcoolique devient un délit à partir de :

Le délit est puni de peines pouvant aller jusqu’à :

Les mêmes sanctions peuvent être encourues en cas d’ivresse manifeste, même lorsqu’aucun taux chiffré n’est retenu.

Alcoolémie contraventionnelle ou délictuelle : les différences essentielles

CritèreAlcoolémie contraventionnelleAlcoolémie délictuelle
TauxÀ partir du seuil légal applicable, mais en dessous de 0,8 g/l de sangÀ partir de 0,8 g/l de sang ou 0,40 mg/l d’air expiré
Nature de l’infractionContraventionDélit
Retrait de points6 points6 points
Procédure fréquenteAmende forfaitaire dans de nombreux casProcédure pénale
AmendeJusqu’à 750 €, avec en pratique une amende forfaitaire de 135 € dans de nombreux dossiersJusqu’à 9 000 €
EmprisonnementNonJusqu’à 3 ans
PermisSuspension possibleRétention possible, suspension administrative, puis sanction judiciaire éventuelle
Suspension judiciaireJusqu’à 3 ansJusqu’à 5 ans
Enjeu principalÉviter une perte de points aux conséquences lourdes, notamment si le solde est faiblePréparer la défense pénale et mesurer les conséquences sur le permis, le casier et la mobilité

Ce que vous risquez concrètement après un contrôle d’alcoolémie

Les conséquences sur le permis et les points

Une infraction liée à l’alcool au volant entraîne, en principe, un retrait de 6 points.

L’impact réel dépend fortement de votre situation :

Il faut donc regarder au-delà de la sanction immédiate. Dans certains dossiers, le véritable enjeu est la survie du permis à moyen terme.

Les sanctions en cas d’alcoolémie contraventionnelle

L’alcoolémie contraventionnelle peut entraîner :

Dans de nombreux cas, l’infraction est traitée par la voie de l’amende forfaitaire. Mais il ne faut pas en déduire qu’il s’agit toujours d’un dossier sans enjeu.

Lorsque le solde de points est fragile, payer trop vite peut avoir des conséquences irréversibles.

Les sanctions en cas d’alcoolémie délictuelle

À partir de 0,8 g/l de sang ou 0,40 mg/l d’air expiré, le conducteur encourt notamment :

Ces peines ne sont pas prononcées automatiquement. Le tribunal statue selon le dossier : le taux, les antécédents, la procédure choisie, le contexte du contrôle et la situation personnelle du conducteur.

Que faire immédiatement après une rétention de permis pour alcool ?

Lire attentivement les documents remis lors du contrôle

Après le contrôle, plusieurs documents peuvent vous avoir été remis ou notifiés :

Il faut les conserver. Ils permettent notamment d’identifier :

Surveiller l’arrivée d’une suspension administrative

Lorsque le permis a été retenu, une décision préfectorale peut suivre rapidement.

Il faut donc :

La situation doit être appréciée à partir des documents effectivement reçus, et non sur la base d’une simple supposition.

Ne pas conduire si votre droit de conduire est suspendu ou retiré

Conduire malgré une rétention ou une suspension constitue une infraction distincte du dossier d’alcoolémie initial.

Pendant la période de rétention, le conducteur s’expose notamment à :

En cas de doute sur votre droit de conduire, il faut vérifier la situation exacte avant de reprendre le volant.

Réunir les pièces utiles dès les premiers jours

Pour analyser sérieusement un dossier d’alcool au volant, il est utile de rassembler :

Ces documents permettent de distinguer un dossier apparemment simple d’un dossier qui appelle une vraie stratégie.

Les conséquences sur le travail, la vie quotidienne et l’assurance

Pour beaucoup de conducteurs, le problème ne se résume pas à une sanction abstraite. Les difficultés apparaissent immédiatement :

Ces éléments ne modifient pas, à eux seuls, la qualification juridique des faits. En revanche, ils peuvent compter dans l’analyse du dossier, la préparation de la défense et la présentation de la situation au juge.

Les erreurs fréquentes à éviter après un contrôle positif à l’alcool

Attendre sans lire les courriers reçus

Une suspension administrative, une convocation ou une échéance de procédure peuvent arriver rapidement. Ne pas ouvrir les courriers, les égarer ou ne pas conserver les enveloppes peut compliquer inutilement la défense.

Croire que la rétention et la suspension sont la même chose

La distinction est pourtant essentielle :

Les confondre conduit souvent à mal interpréter sa situation, notamment sur le droit de reprendre ou non la conduite.

Reprendre le volant sans avoir vérifié ses droits

Après une rétention ou une suspension, conduire peut ouvrir un second dossier pénal, parfois plus difficile à gérer que le premier.

En cas d’incertitude, il faut vérifier avant de rouler.

Payer trop vite une amende forfaitaire sans mesurer les conséquences

En cas d’alcoolémie contraventionnelle, le paiement de l’amende vaut reconnaissance de l’infraction et empêche ensuite de la contester.

Il entraîne également le retrait de 6 points prévu par les textes.

Lorsque votre solde est fragile, cette décision ne doit pas être prise mécaniquement.

Sous-estimer l’impact du retrait de points

La perte de 6 points peut être décisive pour :

Le danger n’est donc pas toujours immédiat. Il peut apparaître quelques semaines ou quelques mois plus tard, au moment de l’enregistrement effectif du retrait.

Sous-estimer une convocation devant le tribunal

Une audience correctionnelle ne se prépare pas la veille.

Même lorsque les faits semblent clairs, il faut examiner :

Peut-on contester une procédure pour alcool au volant ?

Oui, certaines procédures peuvent être contestées. Mais il n’existe pas de vice automatique, ni de solution valable dans tous les dossiers.

L’analyse peut notamment porter sur :

Ce que l’avocat spécialiste en droit routier peut vérifier dans le dossier

Dans un dossier d’alcoolémie au volant, l’analyse peut porter sur :

Les textes imposent notamment que le résultat soit notifié immédiatement au conducteur et qu’il soit informé de la possibilité de demander un second contrôle lorsqu’un éthylomètre est utilisé.

Cela ne signifie pas qu’une irrégularité existe dans chaque dossier. Mais cela explique pourquoi une lecture attentive des pièces peut faire toute la différence avant de définir une stratégie.

Suspension administrative, procédure pénale, points : plusieurs niveaux d’intervention

Un dossier d’alcool au volant ne se limite presque jamais à une seule question.

Le volet administratif

Il concerne notamment :

Le volet pénal

Il concerne :

Le volet permis à points

Il concerne :

Une stratégie cohérente suppose de regarder ces trois dimensions ensemble. Se concentrer uniquement sur l’audience ou uniquement sur la suspension administrative peut conduire à manquer l’essentiel.

Suspension, convocation ou risque sur votre permis ?

Une affaire d’alcool au volant peut avoir des conséquences pénales, administratives et sur votre solde de points. Appelez le cabinet pour faire le point sur l’ensemble de votre situation.

Appeler le cabinet

Documents utiles à préparer

Afin de préparer utilement un éventuel entretien avec nous, vous pouvez réunir :

Comment le cabinet peut accompagner un conducteur poursuivi pour alcool au volant

Une analyse complète de votre situation

Le cabinet examine le dossier dans son ensemble :

L’objectif est d’identifier clairement les vrais enjeux du dossier avant de déterminer la stratégie.

Une vérification attentive de la procédure

Le cabinet peut étudier :

Cette analyse évite d’appliquer une réponse standard à une situation qui ne l’est pas.

Une stratégie adaptée aux risques du dossier

Selon le contexte, l’intervention peut consister à :

Une assistance devant le tribunal ou dans le cadre d’une procédure alternative

Le cabinet accompagne les conducteurs :

Un accompagnement centré sur le permis de conduire et le droit routier

Le cabinet intervient depuis plus de 15 ans auprès de conducteurs confrontés à une suspension, une annulation ou une procédure pénale liée à la route.

Son activité est centrée sur :

Le cabinet est également régulièrement sollicité par les médias pour son expertise en droit routier et engagé aux côtés d’associations de défense d’automobilistes, notamment la FNEC et l’ANDEVI.

Situations particulières : certains dossiers exigent une vigilance renforcée

Conducteur professionnel ou permis indispensable au travail

Lorsque le permis est nécessaire à l’activité professionnelle, la suspension produit immédiatement des effets très concrets :

Ces éléments ne changent pas la qualification des faits. En revanche, ils doivent être documentés, car ils peuvent compter dans la manière de présenter le dossier et d’apprécier ses conséquences.

Permis probatoire : un risque immédiat pour le droit de conduire

Pour un titulaire d’un permis probatoire, le seuil légal est abaissé à :

L’infraction entraîne un retrait de 6 points. Lorsqu’un jeune conducteur ne dispose encore que de 6 points, cette perte peut provoquer l’invalidation du permis pour solde nul.

Récidive d’alcool au volant : une situation nettement aggravée

La récidive modifie profondément l’analyse du dossier.

Lorsqu’une nouvelle infraction est commise en état de récidive légale, les peines maximales encourues peuvent être doublées selon les règles du Code pénal.

En outre, une condamnation en récidive pour conduite en état d’ivresse manifeste ou avec un taux d’alcool d’au moins 0,8 g/l de sang entraîne l’annulation du permis de conduire.

La récidive expose également à :

Dans ce type de dossier, il faut examiner avec une attention particulière les antécédents retenus, la qualification de récidive et les conséquences concrètes sur le permis.

Cumul alcool et stupéfiants : des sanctions encore renforcées

Lorsque la conduite après usage de stupéfiants est associée à un état alcoolique dépassant les seuils légaux, les sanctions sont aggravées.

Le conducteur encourt notamment :

Ces dossiers appellent souvent une analyse spécifique, compte tenu du cumul d’infractions et de l’ampleur des conséquences possibles.

Refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie

Refuser de se soumettre aux vérifications destinées à établir l’état alcoolique ne permet pas d’éviter la procédure. Il s’agit d’un délit distinct.

Le refus peut être puni de :

L’analyse d’un tel dossier diffère d’une procédure fondée sur un taux d’alcool mesuré. Les enjeux de preuve, les procès-verbaux et les possibilités de contestation ne sont pas exactement les mêmes.

Votre situation dépend de votre dossier

Deux contrôles d’alcoolémie peuvent sembler identiques et pourtant appeler des analyses très différentes.

Le taux retenu, le statut du permis, les antécédents, la nature de la procédure, les délais, les documents remis et les notifications reçues peuvent modifier sensiblement l’approche du dossier.

C’est pourquoi une stratégie sérieuse ne se construit pas à partir d’un scénario général, mais à partir des pièces réelles.

Questions fréquentes sur l’alcool au volant

Quel taux d’alcool est interdit au volant ?

Pour la plupart des conducteurs, il est interdit de conduire avec un taux d’alcool égal ou supérieur à 0,5 g/l de sang ou 0,25 mg/l d’air expiré. Le seuil est abaissé à 0,2 g/l de sang ou 0,10 mg/l d’air expiré pour les titulaires d’un permis probatoire, les personnes en conduite accompagnée et certains conducteurs soumis à l’éthylotest antidémarrage.

À partir de quel taux l’alcool au volant devient-il un délit ?

La conduite avec un taux d’alcool égal ou supérieur à 0,8 g/l de sang ou 0,40 mg/l d’air expiré constitue un délit. Elle peut être punie de 3 ans d’emprisonnement et de 9 000 euros d’amende, outre les peines complémentaires liées au permis de conduire.

Mon permis peut-il être retenu immédiatement après un contrôle positif ?

Oui. Une rétention du permis peut intervenir notamment lorsque le taux atteint le seuil délictuel, en cas d’état d’ivresse manifeste ou en cas de refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie. Cette rétention peut ensuite être suivie d’une suspension administrative décidée par le préfet.

Combien de temps dure la rétention du permis après un contrôle d’alcoolémie ?

La rétention dure en principe 120 heures en cas de délit d’alcool au volant. À l’issue de cette période, une suspension administrative peut être notifiée.

Combien de temps peut durer une suspension administrative pour alcool ?

Dans les cas ordinaires, la suspension administrative du permis est souvent fixée à 6 mois, mais elle peut aller jusqu’à 12 mois.

Peut-on contester une procédure pour alcool au volant ?

Oui, dans certains dossiers. Mais jamais de manière automatique. Une contestation dépend de la procédure suivie, des notifications réalisées, des délais, des documents disponibles et des circonstances du contrôle. L’analyse doit être menée dossier par dossier, à partir des pièces réellement établies.

Ai-je droit à un second contrôle d’alcoolémie ?

Oui. Lorsque la vérification est réalisée par éthylomètre, le conducteur doit être informé du résultat et de la possibilité de demander un second contrôle. Ce second contrôle est de droit lorsqu’il est sollicité.

Faut-il payer immédiatement une amende pour alcoolémie contraventionnelle ?

Pas nécessairement. Le paiement de l’amende vaut reconnaissance de l’infraction et empêche ensuite de la contester. Lorsque la perte de 6 points risque de mettre votre permis en difficulté, il peut être utile de faire analyser votre situation avant de payer.

Que risque un jeune conducteur contrôlé positif à l’alcool ?

Le seuil applicable au permis probatoire est de 0,2 g/l de sang ou 0,10 mg/l d’air expiré. L’infraction entraîne un retrait de 6 points, ce qui peut être particulièrement grave lorsque le conducteur ne dispose encore que de 6 points.

La récidive d’alcool au volant entraîne-t-elle l’annulation du permis ?

Oui. Lorsque les conditions de la récidive légale sont réunies pour un délit d’alcool au volant, l’annulation du permis est prévue par les textes. La récidive expose également à des sanctions complémentaires lourdes, notamment la confiscation obligatoire du véhicule en principe, sous réserve de l’appréciation motivée du juge.

Une condamnation pour alcool au volant peut-elle avoir un impact sur le casier judiciaire ?

Oui. Lorsqu’il s’agit d’un délit, une condamnation peut avoir des conséquences sur le casier judiciaire. Les effets concrets dépendent toutefois de la décision rendue et de la nature du bulletin concerné. Dans certains dossiers, la question d’une demande relative à l’inscription au bulletin n° 2 peut mériter d’être examinée.

Faut-il contacter un avocat immédiatement après une rétention de permis pour alcool ?

Lorsqu’un permis est retenu, qu’une suspension administrative est attendue ou qu’une procédure pénale est probable, une analyse rapide peut être utile. Elle permet de comprendre ce qui est reproché, de vérifier les documents reçus, d’anticiper les délais et de préparer une stratégie adaptée au dossier.

Conclusion : après un contrôle positif à l’alcool, chaque décision compte

Un contrôle positif à l’alcool au volant peut avoir des conséquences lourdes sur votre permis, votre solde de points, votre situation professionnelle et, dans les cas délictuels, votre dossier pénal.

Mais aucun dossier ne doit être traité de façon mécanique. Le taux retenu, la procédure suivie, les délais, les pièces établies, les antécédents et le solde de points peuvent modifier l’analyse.

Il est donc préférable de ne pas agir dans la précipitation, mais de faire examiner rapidement la situation afin d’identifier les options possibles et de préparer les étapes à venir.

Pour aller plus loin sur l’alcool au volant

Les conséquences d’une infraction liée à l’alcool varient fortement selon les circonstances. Une récidive d’alcool au volant, un accident survenu après une conduite sous l’empire d’un état alcoolique ou une situation impliquant un jeune conducteur en permis probatoire appellent une analyse particulièrement attentive.

La régularité de la procédure doit également être examinée de près. L’absence de second souffle lors du contrôle, certains vices de procédure en matière d’alcool au volant ou encore un retard dans l’avis au procureur pendant une garde à vue peuvent avoir une incidence importante sur la défense. Dans les dossiers les plus lourds, le conducteur doit aussi mesurer le risque d’annulation du permis de conduire.