Le défèrement constitue donc un moment décisif. Les choix effectués à ce stade peuvent avoir des conséquences immédiates sur la liberté de la personne, mais aussi sur la manière dont elle sera poursuivie et jugée.
Dans cet article
Retrouvez les principales étapes abordées dans cet article.
- L’essentiel à retenir sur le défèrement
- Que signifie être déféré ?
- Pourquoi une personne est-elle déférée ?
- Comment se déroule un défèrement ?
- Combien de temps peut durer un défèrement ?
- Quels sont les droits de la personne déférée ?
- Que peut décider le procureur ?
- Être déféré signifie-t-il aller en prison ?
- Quel est le rôle de l’avocat ?
- Un proche est déféré : que faire ?
- Un délit routier peut-il entraîner un défèrement ?
- Déféré, mis en examen, prévenu ou détenu
- À ne pas confondre avec le déféré d’appel
- Questions fréquentes sur le défèrement
L’essentiel à retenir sur le défèrement
- Le défèrement intervient généralement à la fin d’une garde à vue ;
- La personne est transférée au tribunal sous escorte ;
- Elle est présentée au procureur ou à un juge d’instruction ;
- Elle doit en principe comparaître le jour même ;
- En cas de nécessité, cette présentation peut intervenir le lendemain, dans un délai maximal de 20 heures ;
- Être déféré ne signifie pas nécessairement être jugé ou incarcéré ;
- Plusieurs orientations sont possibles, notamment une remise en liberté, une convocation, une CRPC, une comparution immédiate ou l’ouverture d’une information judiciaire ;
- L’intervention rapide d’un avocat permet de préparer la présentation et de réunir les justificatifs utiles.
Un proche vient d’être déféré ?
Le cabinet peut vous aider à comprendre la procédure et prendre en charge sa défense
Que signifie être déféré ?
En droit pénal, le défèrement désigne la conduite d’une personne devant une autorité judiciaire après la levée de sa garde à vue ou d’une autre mesure de retenue.
La personne quitte donc les locaux de police ou de gendarmerie, mais elle ne retrouve pas immédiatement sa liberté. Elle est conduite sous escorte jusqu’au tribunal judiciaire compétent.
Elle peut ensuite être présentée :
- Au procureur de la République ;
- À un magistrat du parquet ;
- Au juge d’instruction lorsqu’une information judiciaire est ouverte ;
- Puis, selon la procédure choisie, au tribunal correctionnel ou au juge des libertés et de la détention.
L’article 803-2 du Code de procédure pénale prévoit que la personne déférée doit en principe comparaître le jour même devant le magistrat concerné.
Le défèrement doit être distingué d’une simple convocation. Lorsqu’une convocation est remise à la fin de la garde à vue, la personne sort libre des locaux et se présentera au tribunal à une date ultérieure. En cas de défèrement, elle est immédiatement conduite au palais de justice.
Pourquoi une personne est-elle déférée après une garde à vue ?
Le défèrement est décidé lorsque le procureur de la République estime qu’une présentation immédiate est nécessaire pour déterminer les suites de la procédure.
Il peut notamment être envisagé lorsque :
- Le parquet souhaite engager rapidement des poursuites ;
- Une comparution immédiate est envisagée ;
- Une convocation assortie d’un contrôle judiciaire doit être discutée ;
- Une CRPC doit être organisée immédiatement ;
- Une information judiciaire doit être ouverte ;
- Le placement sous contrôle judiciaire, sous assignation à résidence ou en détention provisoire est envisagé ;
- La situation personnelle de l’intéressé doit être examinée avant toute remise en liberté.
Le défèrement n’établit pas la culpabilité de la personne. Il signifie uniquement que le parquet ne souhaite pas la remettre en liberté sans qu’une décision d’orientation soit prise.
Il ne faut donc pas conclure automatiquement que le dossier est particulièrement grave ou que la personne sera incarcérée. La nature des faits, les éléments recueillis pendant l’enquête, les antécédents judiciaires et la situation personnelle de l’intéressé seront examinés.
Comment se déroule concrètement un défèrement ?
Le transfert vers le tribunal
À la fin de la garde à vue, la personne est informée qu’elle ne sera pas libérée et qu’elle va être déférée.
Elle est conduite sous escorte depuis le commissariat ou la gendarmerie jusqu’au tribunal judiciaire. À son arrivée, elle peut être placée dans les locaux spécialement aménagés de la juridiction, souvent désignés sous le terme de « dépôt ».
Elle y reste dans l’attente de sa présentation au magistrat.
Cette attente peut durer plusieurs heures. Sa durée dépend notamment :
- De l’heure d’arrivée au tribunal ;
- De la disponibilité du magistrat ;
- Du nombre de personnes déférées ;
- De la complexité du dossier ;
- De la procédure envisagée ;
- De la nécessité de réunir un avocat ou un interprète.
La présentation devant le procureur de la République
Lorsque le dossier relève d’une procédure correctionnelle et qu’aucune information judiciaire n’est immédiatement ouverte, la personne est généralement présentée au procureur de la République.
Le magistrat vérifie son identité et lui indique les faits qui lui sont reprochés ainsi que leur qualification juridique.
La personne doit être informée de son droit :
- De faire des déclarations ;
- De répondre aux questions ;
- De garder le silence ;
- D’être assistée par un avocat ;
- De consulter le dossier, directement ou par l’intermédiaire de son avocat.
L’avocat peut consulter le dossier, s’entretenir librement avec son client et présenter des observations sur la régularité de la procédure, la qualification des faits, les investigations restant à effectuer ou le mode de poursuite envisagé.
Le procureur décide ensuite de l’orientation du dossier.
La présentation devant le juge d’instruction
Le procureur peut également décider d’ouvrir une information judiciaire, notamment lorsque les faits sont complexes, criminels ou nécessitent des investigations approfondies.
La personne est alors présentée au juge d’instruction dans le cadre d’un interrogatoire de première comparution.
Le juge lui indique précisément les faits pour lesquels une mise en examen est envisagée. L’avocat peut consulter le dossier, communiquer avec son client et présenter ses observations.
À l’issue de cette première comparution, le juge d’instruction peut décider :
- De ne pas mettre la personne en examen et de lui attribuer le statut de témoin assisté ;
- De la mettre en examen ;
- De la laisser libre sans mesure particulière ;
- De la placer sous contrôle judiciaire ;
- De demander son placement sous assignation à résidence avec surveillance électronique ;
- De saisir le juge des libertés et de la détention afin qu’il statue sur une éventuelle détention provisoire.
La personne ne peut accepter d’être interrogée sur les faits qu’en présence de son avocat. Elle dispose également du droit de faire des déclarations ou de garder le silence.
Un proche vient d’être déféré ?
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Combien de temps peut durer un défèrement ?
En principe, la personne déférée doit comparaître devant le magistrat le jour même de la fin de sa garde à vue.
Toutefois, lorsque cette présentation ne peut pas avoir lieu immédiatement, elle peut intervenir le lendemain. La personne peut alors être retenue dans les locaux de la juridiction pendant un délai maximal de 20 heures à compter de la levée de la garde à vue.
Si elle n’a pas été présentée à un magistrat à l’expiration de ce délai, elle doit être immédiatement remise en liberté.
Pendant cette période de rétention, la personne doit pouvoir :
- S’alimenter ;
- Demander qu’un proche soit prévenu par téléphone ;
- Être examinée par un médecin ;
- S’entretenir avec un avocat choisi ou commis d’office ;
- Demander, par l’intermédiaire de son avocat, la consultation du dossier.
L’heure d’arrivée au tribunal et l’heure de la présentation devant le magistrat doivent être enregistrées dans un registre spécial.
Attention au délai de 20 heures
Le délai de droit commun n’est pas de 24 heures.
Lorsqu’une présentation le lendemain est nécessaire, elle doit avoir lieu au plus tard dans les 20 heures suivant la levée de la garde à vue.
Il faut donc identifier précisément :
- L’heure de fin de la garde à vue ;
- L’heure d’arrivée au tribunal ;
- L’heure de présentation effective devant le magistrat.
Le respect de ces horaires peut être vérifié par l’avocat.
Quels sont les droits d’une personne déférée ?
Une personne déférée conserve l’ensemble de ses droits de la défense. Elle ne doit pas être considérée comme coupable du seul fait de son transfert au tribunal.
Le droit de connaître les faits reprochés
La personne doit être informée de la nature des faits qui lui sont reprochés et de leur qualification juridique.
Cette information doit lui permettre de comprendre précisément pourquoi elle est présentée au procureur ou au juge.
Le droit de garder le silence
La personne peut :
- Faire des déclarations spontanées ;
- Répondre aux questions ;
- Décider de ne pas répondre ;
- Garder entièrement le silence.
Le choix entre répondre et se taire doit être effectué après examen du dossier et discussion avec l’avocat. Dans certains dossiers, des explications immédiates peuvent être utiles. Dans d’autres, des déclarations improvisées risquent d’aggraver la situation.
Le droit à l’assistance d’un avocat
La personne peut demander l’intervention de son avocat habituel ou d’un avocat commis d’office.
L’avocat peut :
- Rencontrer son client ;
- Lui expliquer la procédure ;
- Consulter le dossier lorsqu’il y a accès ;
- Vérifier les conditions de la garde à vue et du défèrement ;
- Préparer les observations à présenter ;
- Réunir les justificatifs utiles ;
- Assister la personne devant le magistrat ;
- Préparer immédiatement l’éventuelle audience.
L’assistance d’un avocat est obligatoire dans certaines procédures, notamment lors d’une CRPC ou lorsqu’il est demandé au prévenu s’il accepte d’être jugé immédiatement en comparution immédiate.
Le droit à un interprète
Lorsqu’elle ne comprend pas suffisamment le français, la personne doit pouvoir bénéficier de l’assistance d’un interprète.
Elle doit être en mesure de comprendre les faits qui lui sont reprochés, les droits qui lui sont notifiés et les décisions qui peuvent être prises.
Que peut décider le procureur après le défèrement ?
La présentation au procureur ne conduit pas nécessairement à une audience immédiate. Plusieurs décisions sont possibles.
| Orientation | Ce qu’elle signifie | Conséquence immédiate |
|---|---|---|
| Remise en liberté | Aucune mesure immédiate n’est retenue. | La personne peut quitter le tribunal. |
| Poursuite de l’enquête | Des investigations restent nécessaires. | La personne peut être libérée ou faire l’objet d’une autre mesure. |
| Convocation par procès-verbal | Une audience correctionnelle est fixée. | La personne est jugée ultérieurement. |
| CRPC | Une peine est proposée si les faits sont reconnus. | La proposition peut être acceptée, refusée ou faire l’objet d’un délai de réflexion. |
| Comparution immédiate | Le parquet demande un jugement rapide. | La personne est conduite devant le tribunal correctionnel. |
| Comparution à délai différé | Certains résultats techniques ou médicaux manquent. | Une audience est fixée dans un délai rapproché. |
| Information judiciaire | Un juge d’instruction est saisi. | La personne peut devenir témoin assisté ou être mise en examen. |
La convocation par procès-verbal
Le procureur peut remettre à la personne une convocation devant le tribunal correctionnel.
L’audience doit en principe être fixée dans un délai compris entre 10 jours et 6 mois. Le prévenu peut toutefois renoncer au délai minimal de 10 jours en présence de son avocat.
Dans l’attente de l’audience, le procureur peut demander au juge des libertés et de la détention de placer la personne sous contrôle judiciaire ou sous assignation à résidence avec surveillance électronique.
La comparution immédiate
Le procureur peut décider de faire juger la personne dès le jour du défèrement lorsque les conditions légales sont remplies et que le dossier paraît en état d’être jugé.
En matière de délit flagrant, la comparution immédiate peut notamment être utilisée lorsque la peine d’emprisonnement encourue atteint le seuil prévu par la loi. Le prévenu est alors retenu et conduit sous escorte devant le tribunal correctionnel.
Le prévenu ne peut toutefois être jugé le jour même qu’avec son accord, recueilli en présence d’un avocat. S’il refuse ou si l’affaire n’est pas prête, l’audience est renvoyée.
La comparution à délai différé
Cette procédure peut être utilisée lorsque les charges sont suffisantes pour poursuivre la personne, mais que le dossier ne peut pas encore être jugé.
C’est notamment le cas lorsque sont encore attendus des résultats d’analyses, des expertises techniques, des examens médicaux ou des réponses à des réquisitions déjà adressées.
Le prévenu doit être assisté par un avocat. Le juge des libertés et de la détention peut décider d’un contrôle judiciaire, d’une assignation à résidence ou, lorsque les conditions sont réunies, d’une détention provisoire. L’audience doit intervenir dans un délai maximal de deux mois.
La CRPC sur défèrement
Une personne peut également être déférée devant le procureur afin de faire l’objet d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Cette procédure suppose qu’elle reconnaisse les faits. Elle doit obligatoirement être assistée par un avocat.
Le procureur propose une ou plusieurs peines. La personne peut :
- Accepter immédiatement ;
- Refuser la proposition ;
- Demander un délai de réflexion.
Lorsque la proposition est acceptée, elle est soumise à un juge chargé de décider s’il l’homologue. Le Code de procédure pénale autorise le recours à la CRPC à l’égard d’une personne déférée devant le procureur, sous réserve des infractions exclues de cette procédure.
Être déféré signifie-t-il que l’on va aller en prison ?
Non. Le défèrement ne signifie pas automatiquement que la personne sera incarcérée.
À l’issue de la présentation, elle peut :
- Être remise en liberté ;
- Recevoir une convocation pour une audience ultérieure ;
- Être placée sous contrôle judiciaire ;
- Être assignée à résidence avec surveillance électronique ;
- Être jugée immédiatement ;
- Être présentée au juge des libertés et de la détention.
Le procureur de la République ne décide pas seul du placement en détention provisoire. Lorsqu’une incarcération avant jugement est envisagée, la décision relève en principe d’un juge, notamment du juge des libertés et de la détention.
Le magistrat examine alors la nature des faits, les éléments du dossier, les antécédents judiciaires et les garanties de représentation.
Ces garanties peuvent notamment résulter d’un domicile stable, d’un emploi, d’une formation, d’une vie familiale établie, d’un suivi médical, d’un projet de soins, d’une possibilité d’hébergement, de l’absence de risque de fuite et de la capacité à respecter les convocations ainsi que les obligations judiciaires.
C’est pourquoi les justificatifs personnels et professionnels doivent être réunis le plus rapidement possible.
Un proche vient d’être déféré ?
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Quel est le rôle de l’avocat pendant le défèrement ?
Le défèrement laisse souvent peu de temps pour préparer la défense. L’avocat doit intervenir rapidement afin de comprendre le dossier et d’anticiper la décision du parquet.
Avant la présentation au magistrat
L’avocat peut identifier la procédure envisagée, vérifier l’heure de fin de la garde à vue, s’entretenir avec la personne, consulter les pièces accessibles, recueillir sa version des faits, lui expliquer l’intérêt de répondre ou de garder le silence, contacter ses proches pour obtenir des justificatifs et préparer les observations relatives à sa situation personnelle.
Pendant la présentation
L’avocat peut attirer l’attention du magistrat sur une irrégularité de procédure, une qualification juridique discutable, l’insuffisance des investigations, les garanties de représentation, les conséquences professionnelles d’une mesure ou encore la possibilité de privilégier un contrôle judiciaire plutôt qu’un placement en détention.
Après la décision
L’avocat prépare ensuite la suite de la procédure, qu’il s’agisse d’une audience correctionnelle, d’une comparution immédiate ou d’un débat devant le juge des libertés et de la détention.
Son intervention ne se limite donc pas à accompagner la personne devant le procureur. Elle consiste aussi à anticiper les conséquences concrètes de chaque orientation.
Un proche est déféré : que faire immédiatement ?
Lorsqu’un proche est déféré, la famille reçoit souvent peu d’informations. Il est fréquent d’ignorer l’heure exacte de la présentation, le nom du magistrat ou la procédure envisagée.
Certaines démarches peuvent néanmoins être engagées immédiatement.
Contacter rapidement un avocat
Il faut lui transmettre autant d’informations que possible :
- L’identité complète de la personne ;
- Sa date de naissance ;
- Le commissariat ou la brigade où elle se trouvait ;
- La date et l’heure approximatives de son placement en garde à vue ;
- L’heure connue ou supposée de la fin de la mesure ;
- La nature des faits reprochés ;
- Le nom du tribunal susceptible d’être compétent ;
- Les éventuels antécédents judiciaires ;
- Les difficultés médicales ou personnelles particulières.
Rassembler les documents de personnalité
Les documents suivants peuvent être utiles :
- Pièce d’identité ;
- Justificatif de domicile récent ;
- Attestation d’hébergement ;
- Pièce d’identité de l’hébergeant ;
- Contrat de travail ;
- Dernières fiches de paie ;
- Attestation de l’employeur ;
- Justificatif de formation ou de scolarité ;
- Livret de famille ;
- Actes de naissance des enfants ;
- Justificatifs de charges familiales ;
- Documents médicaux ;
- Justificatifs de suivi psychologique ou addictologique ;
- Attestations de proches ;
- Justificatifs de rendez-vous professionnels ;
- Tout document démontrant la stabilité de la personne.
Note de l’avocat
Ces pièces ne servent pas seulement à présenter la personne sous un jour favorable.
Elles permettent de démontrer qu’elle dispose d’attaches personnelles et professionnelles solides, qu’elle répondra aux convocations judiciaires et qu’une mesure de détention n’est pas nécessaire pour garantir sa présence.
Une attestation précise de l’employeur, un hébergement vérifiable ou la preuve d’un suivi médical peuvent avoir une importance immédiate lors de la discussion d’un contrôle judiciaire ou d’une détention provisoire.
Chaque heure compte après un défèrement
Le cabinet peut vous aider à comprendre la procédure et prendre en charge sa défense
Un délit routier peut-il entraîner un défèrement ?
Oui. Certaines infractions routières peuvent conduire à une garde à vue puis à un défèrement.
Cette orientation n’est toutefois pas automatique. Elle dépend notamment de la nature et de la gravité des faits, de l’existence éventuelle de victimes, des antécédents du conducteur, d’un possible état de récidive, des infractions associées, de la nécessité d’un jugement rapide et de sa situation personnelle.
Un défèrement peut notamment être envisagé dans des dossiers concernant :
- Un refus d’obtempérer ;
- Des blessures involontaires ;
- Un homicide routier ;
- Une conduite sous alcool ou stupéfiants en récidive ;
- Une conduite malgré une suspension, une annulation ou une invalidation du permis ;
- Un délit de fuite associé à d’autres infractions ;
- Des faits susceptibles de donner lieu à une comparution immédiate ;
- Plusieurs infractions routières commises simultanément.
Le procureur peut décider d’une comparution immédiate, d’une convocation par procès-verbal, d’une CRPC ou, dans les affaires les plus complexes, de l’ouverture d’une information judiciaire.
Déféré, mis en examen, prévenu ou détenu : quelles différences ?
| Terme | Signification |
|---|---|
| Personne déférée | Personne conduite devant un magistrat après une garde à vue ou une retenue. |
| Prévenu | Personne poursuivie devant une juridiction pour un délit. |
| Mis en examen | Personne à laquelle un juge d’instruction reproche officiellement des faits dans le cadre d’une information judiciaire. |
| Témoin assisté | Personne mise en cause bénéficiant de droits particuliers sans être mise en examen. |
| Détenu provisoire | Personne incarcérée avant son jugement définitif. |
| Condamné | Personne déclarée coupable par une juridiction. |
Une même personne peut successivement être déférée, mise en examen puis placée sous contrôle judiciaire. Elle peut également être déférée, devenir prévenue et être immédiatement présentée au tribunal correctionnel.
Ces termes désignent donc des étapes ou des statuts différents.
À ne pas confondre avec le déféré d’appel
Le défèrement pénal ne doit pas être confondu avec le déféré d’appel.
En procédure civile, le déféré est un recours permettant de soumettre à la cour d’appel certaines ordonnances rendues par le conseiller de la mise en état.
Cette procédure ne concerne pas la conduite d’une personne devant le procureur ou le juge à la fin d’une garde à vue. Le mot « déféré » possède donc plusieurs significations juridiques selon le contexte dans lequel il est employé.
Questions fréquentes sur le défèrement
Que veut dire être déféré ?
Être déféré signifie être conduit devant un magistrat après la fin d’une garde à vue ou d’une retenue. La personne est généralement présentée au procureur de la République ou à un juge d’instruction.
Qui décide de déférer une personne ?
La décision est prise par l’autorité judiciaire chargée de la procédure, généralement le procureur de la République.
Combien de temps une personne peut-elle rester au dépôt ?
Elle doit en principe être présentée le jour même. En cas de nécessité, elle peut être retenue jusqu’au lendemain, pendant un délai maximal de 20 heures à compter de la levée de la garde à vue.
Peut-on refuser d’être déféré ?
Non. Le défèrement est une décision judiciaire. La personne ne peut pas s’opposer à son transfert vers le tribunal.
Elle conserve toutefois le droit de garder le silence, d’être assistée par un avocat et de contester ultérieurement une éventuelle irrégularité.
Peut-on voir un proche pendant le défèrement ?
En pratique, les proches ne peuvent généralement pas accéder au dépôt ni rencontrer directement la personne avant sa présentation.
La personne retenue peut toutefois demander, dans les conditions prévues par la loi, qu’un proche soit prévenu. L’avocat peut également lui rendre visite et lui transmettre certaines informations utiles.
L’avocat est-il obligatoire pendant le défèrement ?
La personne dispose du droit d’être assistée par un avocat lors de sa présentation au procureur.
L’assistance devient obligatoire pour certaines procédures, notamment la CRPC ou lorsque le tribunal recueille l’accord du prévenu pour être jugé immédiatement.
Même lorsqu’elle n’est pas juridiquement obligatoire à chaque étape, l’assistance d’un avocat est particulièrement importante compte tenu des décisions susceptibles d’être prises.
Peut-on être remis en liberté après un défèrement ?
Oui. Le procureur ou le juge peut décider qu’aucune mesure privative de liberté n’est nécessaire.
La personne peut être remise en liberté avec une convocation, placée sous contrôle judiciaire ou libérée sans poursuite immédiate.
Être déféré signifie-t-il que les faits sont reconnus ?
Non. Le défèrement n’est ni un aveu ni une reconnaissance de culpabilité.
La personne peut contester les faits, discuter leur qualification, faire des déclarations ou garder le silence.
Article rédigé par Maître Auni KIRMEN, Avocat à la Cour. Mis à jour le 15 juillet 2026.
