Accident avec alcool : quelles conséquences ?

Commettre un accident sous l’empire d’un état alcoolique a des répercussions juridiques, à la fois sur :

Accident sous alcool avec ou sans blessé : des conséquences différentes 

La loi distingue clairement deux cas de figure, qui n’entraînent pas les mêmes poursuites ni les mêmes peines : 

À noter : Dans les deux cas, l’alcoolémie au volant constitue un délit dès 0,80 g/L de sang (ou 0,40 mg/L d’air expiré), réprimé par les articles L. 234-1 et L. 234-2 du Code de la Route.

Accident sous l’emprise de l’alcool sans blessé : quelles sanctions pénales ? 

Lorsqu’un accident est commis sous l’empire d’un état alcoolique sans faire de victime blessée, seul le délit d’alcoolémie est poursuivi.  

Voici les peines maximales encourues :

Ainsi que les peines complémentaires suivantes :

Et surtout, à ne pas oublier, la perte de 6 points sur le permis de conduire si vous êtes reconnus coupables des faits reprochés.

Accident et alcool : conséquences sur le contrat d’assurance automobile

Si vous êtes reconnu responsable d’un accident sous l’empire d’un état alcoolique, votre assureur a – aux termes de l’article A 211-1-2 du Code des Assurances –  la possibilité de résilier unilatéralement votre contrat, ou bien de vous appliquer une majoration de votre cotisation de 150% à 400% selon le nombre d’infractions sanctionnées.

En général, on constate généralement que les assurances procèdent à une résiliation automatique des contrats d’assurance des personnes reconnues responsables d’accident sous alcoolémie.

De la même façon, en cas d’accident en état d’ivresse ou sous l’empire d’un état alcoolique, les garanties facultatives que vous auriez pu souscrire auprès de votre assurance peuvent faire l’objet d’une déchéance de garantie : cela s’applique généralement aux éventuelles garanties facultatives telles que :

Ainsi, même si vous avez cotisé pour ces garanties, l’assureur ne sera pas obligé de les prendre en charge.

Accident et alcool : conséquences pour l’assuré

Les contrats d’assurances automobiles prévoient dans la quasi-totalité des cas des clauses d’exclusion de garantie si l’accident est commis sous l’empire d’un état alcoolique.

Ainsi, si la conduite sous l’empire d’un état alcoolique est retenue, vous risquez de ne rien toucher au titre de la réparation de vos dommages, qu’ils soient matériels (remboursement et/ou réparation de  votre véhicule) ou corporels (hospitalisation, invalidité, indemnités journalières).

De la même façon, l’éventuelle protection juridique de l’assurancene vous défendra pas devant le tribunal.

Accident et alcool : conséquences pour les victimes de l’accident

Quand bien même votre assurance refuse de vous indemniser, cette dernière à l’obligation légale – au titre de la garantie obligatoire de responsabilité civile – de procéder à l’indemnisation des victimes éventuelles de l’accident que vous avez pu causer sous alcoolémie.

En effet, aux termes de l’article L211-6 du Code des assurances :« est réputée non écrite toute clause stipulant la déchéance de garantie en cas de condamnation pour conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise d’un état alcoolique ou pour conduite après usage de substances ou plantes classées stupéfiants ».

Ainsi l’assureur est tenu à une couverture obligatoire des dommages qui ont pu être causé à des personnes tierces, et ce même s’il peut refuser de vous couvrir pour vos dommages à titre personnel.

Accident avec alcool et blessures involontaires : les peines encourues

Il n’en demeure pas moins – indépendamment de l’indemnisation par l’assureur des victimes – que votre responsabilité pénale peut être recherchée devant les Tribunaux correctionnels au titre des blessures involontaires.

En effet, au  délit de conduite sous l’empire d’un état alcoolique peut également s’ajouter la qualification pénale de blessures involontaires, si une tierce personne a été blessée lors de l’accident (article 222-19-1 & s. Code pénal)

Le Code pénal prévoit alors des peines plus ou moins sévères pour les personnes qui sont reconnues responsables de blessures involontaires.

Les peines encourues dépendent principalement :

Ainsi, les sanctions encourues sont les suivantes (article 222-19-1 & s. Code pénal) :

Tableau comparatif des sanctions selon la gravité des blessures

Situation Durée ITT victime Emprisonnement encouru Amende maximale
Accident sans blessé Sans objet 2 ans (délit alcool seul) 4 500 €
Blessures légères (ITT ≤ 3 mois) < 3 mois 3 à 5 ans selon circonstances aggravantes 30 000 € à 75 000 €
Blessures graves (ITT > 3 mois) > 3 mois 5 à 7 ans selon circonstances aggravantes 45 000 € à 100 000 €
Homicide involontaire sous alcool Décès Jusqu’à 10 ans Jusqu’à 150 000 €

Sanctions complémentaires en cas de blessures

Quel que soit le niveau d’ITT retenu, les peines complémentaires suivantes peuvent être prononcées.

Sanction complémentaire Détail
Suspension du permis Jusqu’à 5 ans, voire annulation si circonstance aggravante
Confiscation du véhicule Possible selon décision du tribunal
Interdiction de conduire Tout véhicule terrestre à moteur, pendant 5 ans maximum (y compris scooter sans permis)
Stage sécurité routière Obligatoire, à la charge du condamné
Immobilisation du véhicule Jusqu’à 1 an
Retrait de points 6 points retirés du permis de conduire

 

Comme vous pouvez le constater, les sanctions prévues en cas d’accident sous alcoolémie peuvent se révéler particulièrement lourdes, et il est impératif, dans ce type d’affaires, de préparer au mieux sa défense en vue de l’audience devant le Tribunal Correctionnel.

Accident et alcool : comment se défendre

Notre cabinet, composé de spécialistes en droit de l’automobile, a l’expertise nécessaire pour vous défendre efficacement si vous êtes poursuivis pour accident sous l’empire d’un état alcoolique.

Nos objectifs de défense sont :

  1. Si la procédure est entachée de vice, d’obtenir une relaxe –  partielle ou totale  – notamment vis-à-vis de la conduite sous l’empire d’un état alcoolique ., et ce afin :

D’éviter que ces circonstances aggravantes soient retenues (et donc que les peines soient plus sévères).

D’éviter que votre assurance vous refuse une prise en charge en avançant une exclusion de garantie pour conduite sous alcoolémie.

  1. Contester le montant des éventuelles demandes de réparation financières de la victime des blessures, en démontrant votre absence de faute pénale ou la responsabilité de cette dernière dans l’accident.
  1. A défaut, notre pratique continue de ce type d’audiences nous permet de plaider au mieux sur votre situation personnelle, professionnelle et sociale afin de diminuer la sévérité de la condamnation pénale.
  1. Enfin, en tant que spécialiste en droit routier, veiller également à la sauvegarde de votre permis de conduire en adaptant la stratégie selon le capital de points affecté à votre permis de conduire.

Nous vous invitons à contacter le Cabinet au 01.42.77.88.84 ou via le formulaire de contact si vous souhaitez que nos avocats répondent à vos questions.

 

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Questions fréquentes sur l’accident sous alcool 

Vous êtes poursuivi uniquement pour le délit d’alcoolémie, passible de 2 ans d’emprisonnement et 4 500 euros d’amende, avec suspension du permis jusqu’à 3 ans. La présence d’un accident reste un facteur aggravant à l’audience par rapport à un simple contrôle positif. 

 

Oui. Dès lors qu’une blessure est constatée, même légère, la qualification de blessures involontaires s’ajoute au délit d’alcoolémie. Le seuil d’ITT (incapacité temporaire de travail) détermine ensuite le niveau de peine : moins de 3 mois ou plus de 3 mois. 

 

Oui. Si une clause d’exclusion de garantie pour conduite sous alcool figure dans votre contrat, l’assureur peut refuser de prendre en charge vos dommages personnels (véhicule, blessures corporelles). En revanche, il reste obligé d’indemniser les victimes tierces. 

 

La conduite sous alcool constitue une faute présumée. La responsabilité du conducteur alcoolisé est quasi-systématiquement retenue, sauf si la victime a elle-même commis une faute ayant contribué à l’accident — un argument que votre avocat peut faire valoir pour limiter votre responsabilité. 

Si vous souhaitez mieux comprendre vos droits concernant la conduite sous l’empire d’un état alcoolique, nous vous recommandons de lire notre article sur les vices de procédure en cas d’alcoolémie au volant.

Pour approfondir ce sujet et explorer différents aspects du droit, vous pouvez également consulter nos autres ressources :

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