En jeune permis, le seuil autorisé d’alcool est très bas : 0,2 g/L de sang, soit 0,10 mg/L d’air expiré.

Dans les faits, il faut le comprendre comme une règle de zéro alcool avant de conduire.

Pour un jeune conducteur, le vrai danger tient surtout au retrait de 6 points sur le permis de conduire prévu par les textes.

À retenir 

  • Le taux d’alcool autorisé en permis probatoire est de 0,2 g/L de sang, soit 0,10 mg/L d’air expiré.
  • Une infraction liée à l’alcool entraîne un retrait de 6 points.
  • Si votre permis ne compte encore que 6 points, il peut être invalidé.
  • Les points ne sont pas retirés le jour même du contrôle.
  • Il est possible – sous certaines conditions – de sauver le permis en bloquant le retrait de points.

Ne laissez pas une alcoolémie au volant compromettre votre avenir

Avant de payer l’amende ou de laisser la procédure avancer, le Cabinet vérifie votre situation, votre solde de points et le risque réel d’invalidation du permis.

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Dans cet article

Retrouvez les points essentiels pour comprendre les risques d’une alcoolémie en jeune permis.

Quel est le taux d’alcool autorisé en jeune permis ?

Le seuil applicable aux titulaires d’un permis probatoire est inférieur à celui des autres conducteurs.

Il est fixé à :

Ce seuil concerne notamment :

Peut-on boire un verre avant de conduire avec un permis probatoire ?

En pratique, non.

Le seuil de 0,2 g/L est si faible qu’un seul verre peut suffire à le dépasser. Cela dépend de plusieurs facteurs : corpulence, sexe, fatigue, alimentation, heure de consommation. Mais du point de vue juridique, le résultat est le même.

Se sentir parfaitement en état de conduire ne protège donc pas d’un contrôle positif. C’est une erreur très fréquente chez les jeunes conducteurs.

Jeune permis et alcool : quelles sanctions ?

En matière d’alcool au volant, il faut distinguer selon que l’on soit en alcoolémie contraventionnelle ou en alcoolémie délictuelle.

L’alcoolémie reste contraventionnelle tant que le taux est inférieur à 0,80 g/L de sang ou 0,40 mg/L d’air expiré ; à partir de ces seuils, elle devient délictuelle.

Tout dépend donc du taux relevé. Mais, dans un cas comme dans l’autre, le permis est directement menacé à cause du retrait de 6 points.

Alcoolémie contraventionnelle en jeune permis : entre 0,2 g/L et 0,8 g/L

Pour un conducteur en permis probatoire, le seuil d’alcool autorisé est plus strict que pour un conducteur expérimenté. L’infraction est constituée dès 0,20 g/L de sang ou 0,10 mg/L d’air expiré.

On parle d’alcoolémie contraventionnelle tant que le taux relevé reste inférieur à 0,80 g/L de sang ou 0,40 mg/L d’air expiré. À partir de ce seuil, il ne s’agit plus d’une simple contravention : la conduite sous alcool devient un délit.

En cas d’alcoolémie contraventionnelle en jeune permis, le conducteur encourt notamment les sanctions suivantes :

Si le dossier est porté devant le tribunal de police, le conducteur s’expose également à une amende pouvant atteindre 750 € et à une suspension du permis de conduire pouvant aller jusqu’à 3 ans.

En jeune permis, le retrait de 6 points est particulièrement dangereux. Si le conducteur ne dispose que de 6 points, la perte de points peut entraîner un solde nul et donc une invalidation du permis de conduire. Dans ce cas, le conducteur reçoit une décision 48SI et doit restituer son permis.

Le paiement de l’amende n’est donc jamais un acte neutre : il entraîne la reconnaissance de l’infraction et déclenche ensuite le retrait de points. Pour un conducteur en permis probatoire, il faut vérifier le dossier avant de payer, surtout lorsque le solde de points est déjà fragile.

Alcoolémie délictuelle en permis probatoire

En jeune permis, comme pour les autres conducteurs, l’alcoolémie devient délictuelle dès que le taux atteint 0,80 g/L de sang ou 0,40 mg/L d’air expiré. À ce niveau, il ne s’agit plus d’une simple contravention, mais d’un délit routier.

Le conducteur en permis probatoire poursuivi pour alcoolémie délictuelle encourt d’abord les peines principales suivantes :

En pratique, la procédure peut aussi entraîner des mesures immédiates sur le permis de conduire :

Si le dossier est porté devant le tribunal correctionnel, le juge peut également prononcer plusieurs peines complémentaires, notamment :

Pour un jeune conducteur, la perte de 6 points est souvent la conséquence la plus dangereuse. Un permis probatoire dispose de 6 points la première année. Si le conducteur n’a pas encore récupéré de points supplémentaires, le retrait de 6 points va entraîner un solde nul, puis l’envoi d’une lettre 48SI invalidant le permis de conduire.

Si le permis n’est pas invalidé, le conducteur en période probatoire peut aussi recevoir une lettre 48N. Cette lettre l’oblige à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le délai indiqué, car l’infraction entraîne un retrait d’au moins 3 points.

Devant le tribunal, le fait d’être en jeune permis est rarement perçu comme un élément favorable. Les juges peuvent se montrer moins cléments lorsqu’un conducteur commet un délit d’alcool au volant alors que son permis est encore récent.

Jeune permis et alcool : peut-on perdre son permis après une seule infraction ?

Oui. Un conducteur en permis probatoire peut perdre son permis après un seul contrôle positif à l’alcool, lorsqu’il ne dispose encore que de 6 points. L’infraction entraînant elle-même un retrait de 6 points, le solde peut tomber à zéro dès qu’elle devient définitive. L’administration peut alors engager une procédure d’invalidation du permis de conduire.

C’est souvent ce que les conducteurs découvrent trop tard. Ils se concentrent sur l’amende, alors que le point décisif est ailleurs : le permis lui-même peut disparaître, parfois quelques mois seulement après son obtention.

Peut-on sauver son permis probatoire après une alcoolémie au volant ?

Oui, soit en empêchant le retrait des points sur le permis de conduire, soit en obtenant l’annulation des poursuites, lorsque le dossier le permet.

Le retrait de points n’intervient pas le jour du contrôle positif. Aux termes de l’article L223-1 du Code de la route, le retrait de points intervient au moment où une condamnation devient définitive.

Pour un titulaire d’un permis probatoire, ce décalage a une importance décisive : tant que vous n’êtes pas jugé de façon définitive, vous ne pourrez faire l’objet d’un retrait de points.

Notre cabinet est spécialisé en droit routier et traite régulièrement ce type de procédure, où la sauvegarde du permis est aussi importante que la défense pénale devant le tribunal pour limiter les sanctions.

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Comment fonctionne la reconstitution des points en jeune permis ?

Le permis probatoire commence avec un capital initial de 6 points. Ce capital augmente ensuite progressivement pendant la période probatoire, mais seulement à condition qu’aucune infraction entraînant un retrait de points ne soit commise.

Pour un permis probatoire classique, la période probatoire dure en principe 3 ans. Le conducteur récupère alors 2 points par an : il passe de 6 à 8 points après la première année, de 8 à 10 points après la deuxième année, puis de 10 à 12 points à la fin de la troisième année.

Pour un conducteur ayant suivi l’apprentissage anticipé de la conduite, c’est-à-dire la conduite accompagnée, la période probatoire est en principe réduite à 2 ans. Dans ce cas, la majoration est de 3 points par an : le permis passe de 6 à 9 points après la première année, puis de 9 à 12 points à la fin de la deuxième année.

Attention : cette reconstitution progressive des points ne s’opérera pas en cas de retrait de points. Elle est conditionnée à l’absence d’infraction ayant entraîné un retrait de points depuis le début de la période probatoire. Un contrôle positif à l’alcool, ou même un précédent retrait de points peut donc bloquer cette progression et empêcher le jeune conducteur d’atteindre un capital de points suffisants pour encaisser un retrait de 6 points pour une conduite sous alcool.

Avant d’accepter une mesure ou de laisser la procédure de conduite sous l’empire d’un état alcoolique avancer sans analyse, il faut vérifier le nombre de points disponibles, la date d’obtention du permis, l’échéance de la prochaine majoration et le moment auquel le retrait de points risque réellement d’intervenir.

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Jeune permis et alcoolémie délictuelle : quelles poursuites judiciaires ?

Après un contrôle positif à l’alcool en jeune permis, les poursuites judiciaires peuvent prendre plusieurs formes :

Le choix de la procédure dépend du dossier, des antécédents, des circonstances du contrôle et de l’appréciation du parquet.

Dans tous les cas, il ne faut pas seulement regarder la sanction pénale : pour un jeune conducteur, l’enjeu principal est le retrait de 6 points et le risque d’invalidation du permis probatoire.

Infractions simultanées en jeune permis : le retrait peut aller jusqu’à 8 points

En cas d’infractions simultanées, le retrait de points peut être plus lourd qu’un simple retrait de 6 points. L’article L.223-2 du Code de la route prévoit que, lorsque plusieurs infractions entraînant un retrait de points sont commises en même temps, les retraits se cumulent dans la limite des deux tiers du nombre maximal de points, soit 8 points. Cette règle est également rappelée par l’article R.223-2 du Code de la route.

Pour un conducteur en permis probatoire qui a commis une conduite sous alcool associée à une autre infraction, cette situation peut être particulièrement problématique.

En effet, le permis probatoire classique commence avec 6 points, puis bénéficie d’une majoration de 2 points par an en l’absence d’infraction entraînant retrait de points : 6 points la première année, 8 points après un an, 10 points après deux ans, puis 12 points à la fin de la période probatoire.

Si le conducteur risque un retrait de 8 points (par exemple pour une conduite sous alcool avec un franchissement de ligne continue) alors qu’il dispose seulement de 8 points sur 8, son permis peut tomber à zéro.

Dans ce type de dossier, l’enjeu peut donc être de retarder le jugement ou le moment où l’infraction devient définitive jusqu’à la fin de la deuxième année de permis, lorsque le capital passe de 8 points sur 8 à 10 points sur 10.

Le retrait de 8 points ne ferait alors plus tomber le solde à zéro.

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Jeune permis et alcool : ne laissez pas la procédure avancer sans analyse

Dans ce type de dossier, certaines erreurs sont fréquentes.

Accepter trop vite une mesure proposée, répondre seul à une convocation sans en mesurer les conséquences, ou ne regarder que la sanction pénale en oubliant la mécanique des points : autant de décisions qui peuvent vous faire perdre définitivement le permis de conduire.

Même sans disposer encore de tous les documents, un premier échange permet souvent d’identifier les urgences du dossier et les décisions à ne pas prendre trop vite.

Pourquoi contacter le cabinet dans ce type de dossier ?

Notre cabinet exerce exclusivement en droit routier et intervient régulièrement dans les dossiers où le permis de conduire est menacé, notamment en cas de conduite sous l’empire d’un état alcoolique.fstu

Dans ce type de dossier, notre intervention consiste notamment à :

Le Cabinet KIRMEN & LEFEBVRE intervient partout en France pour défendre les conducteurs devant les juridictions pénales et administratives. Son activité est centrée depuis plus de 15 ans sur la défense du permis de conduire, avec plus d’un millier de permis sauvegardés ou récupérés depuis sa création.

L’objectif est simple : déterminer s’il existe une voie sérieuse pour protéger votre permis, éviter une invalidation ou, à défaut, limiter les conséquences de la procédure.

Concrètement, cette analyse se déroule en plusieurs étapes. Avant d’envisager une contestation ou une stratégie de défense, il faut d’abord comprendre précisément votre situation de permis, le calendrier du dossier et les risques réels liés au retrait de points.

Vérifier immédiatement si votre permis est réellement en danger

Tout commence par une reconstitution précise de votre situation. Le cabinet vérifie notamment :

Rechercher les vices de procédure qui peuvent changer l’issue du dossier

Un contrôle d’alcoolémie obéit à des règles précises. Le cabinet examine de près l’existence d’éventuels vices de procédure, qui peuvent toucher :

Lorsqu’une irrégularité sérieuse existe, elle peut devenir un point central de la défense.

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Questions fréquentes sur le jeune permis et l’alcool

Quel est le taux d’alcool autorisé en jeune permis ?

Le taux d’alcool autorisé en jeune permis est de 0,2 g/L de sang, soit 0,10 mg/L d’air expiré. En pratique, ce seuil est si bas qu’il faut le comprendre comme une règle de zéro alcool avant de conduire.

Combien de points perd-on pour alcool en jeune permis ?

Une infraction liée à l’alcool au volant entraîne un retrait de 6 points. Pour un conducteur qui ne dispose encore que de 6 points, ce retrait peut entraîner un solde nul et une invalidation du permis de conduire.

Peut-on perdre son permis probatoire dès la première infraction liée à l’alcool ?

Oui. Si le permis probatoire ne compte encore que 6 points, une seule infraction liée à l’alcool peut suffire à faire tomber le solde à zéro lorsque le retrait de points devient effectif.

Que se passe-t-il si je paie l’amende ?

Le paiement de l’amende va établir la réalité de l’infraction et entrainer d’office le retrait de points. En jeune permis, il faut donc absolument vérifier son solde de points avant de payer une amende.

Faut-il contester une alcoolémie en jeune permis ?

La contestation dépend du dossier, du taux relevé, des documents remis, de la procédure suivie et du solde de points. En jeune permis, l’enjeu principal est souvent de protéger le permis contre le retrait de 6 points.

Sources officielles

Article rédigé par Maître Auni Kirmen, Avocat à la Cour. Mis à jour le 2 juillet 2026.