Ces situations sont souvent confondues dans le langage courant. Elles ne reposent pourtant pas sur les mêmes fondements juridiques et n’entraînent pas les mêmes conséquences.
Pour savoir ce qui est réellement encouru, il faut commencer par identifier la situation du conducteur, la décision qui affectait son permis et la date à laquelle cette décision lui est devenue opposable.
L’essentiel à retenir
La conduite sans avoir jamais obtenu le permis correspondant au véhicule est punie d’une peine maximale de 1 an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
La conduite malgré une suspension, une rétention, une invalidation ou une annulation du permis peut être punie de 2 ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende.
Ces montants constituent des maximums prévus par la loi. Ils ne sont pas systématiquement prononcés. Le tribunal tient compte des circonstances de l’infraction et des antécédents du conducteur.
Il est possible d’obtenir l’abandon des poursuites pour conduite sans permis, notamment si l’on obtient l’annulation de la décision ayant invalidé le permis.
Poursuivi pour conduite sans permis ?
Une erreur de notification ou une décision contestable peut changer l’issue du dossier. Faites vérifier votre situation.
Dans cet article
Retrouvez les principales situations, sanctions et démarches abordées dans cet article.
- Que signifie juridiquement conduire sans permis ?
- Conduire malgré une suspension du permis
- Conduire malgré l’invalidation du permis
- Conduire sans avoir jamais obtenu le permis
- Conduire malgré une annulation judiciaire
- Pourquoi peut-on être interdit de repasser le permis ?
- Peut-on recevoir une amende forfaitaire de 800 euros ?
- À partir de quand n’a-t-on plus le droit de conduire ?
- Que se passe-t-il après un contrôle pour conduite sans permis ?
- Que risque-t-on en cas de récidive de conduite sans permis ?
- Que se passe-t-il en cas d’accident sans permis valide ?
- Quels moyens de défense en cas de conduite sans permis ?
- Questions fréquentes sur la conduite sans permis
Que signifie juridiquement conduire sans permis ?
L’expression « conduire sans permis » désigne plusieurs infractions distinctes :
- la conduite sans avoir jamais obtenu le permis correspondant au véhicule ;
- la conduite malgré une suspension administrative ou judiciaire du permis ;
- la conduite malgré l’invalidation du permis pour solde de points nul ;
- la conduite malgré une rétention du permis ;
- la conduite malgré l’annulation judiciaire du permis.
La qualification retenue dépend donc de la situation exacte du conducteur au moment des faits. Les sanctions ne sont pas les mêmes selon qu’il n’a jamais obtenu le permis requis ou qu’il conduit malgré une décision lui interdisant temporairement ou définitivement de prendre le volant.
Conduire malgré une suspension du permis
La suspension, qu’elle soit préfectorale ou judiciaire, interdit temporairement au conducteur d’utiliser son permis.
Elle est notamment prise après certaines infractions comme un grand excès de vitesse, une alcoolémie au volant ou une conduite sous stupéfiants.
Pendant la période de suspension, le permis continue juridiquement d’exister, mais le conducteur n’a plus le droit de s’en servir.
Le fait de posséder encore matériellement la carte du permis ne permet pas de conduire.
La conduite malgré suspension est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende.
Elle entraîne également un retrait de 6 points et peut donner lieu aux peines complémentaires suivantes :
- une suspension complémentaire du permis pouvant atteindre trois ans ;
- l’annulation du permis avec interdiction d’en solliciter un nouveau pendant une durée maximale de trois ans ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules pendant cinq ans au maximum ;
- la confiscation ou l’immobilisation du véhicule ;
- un travail d’intérêt général, des jours-amende ou un stage de sensibilisation.
Il est possible de contester le bien-fondé de cette suspension lors du passage au tribunal, mais il faut vérifier avec précision la date de prise d’effet de la suspension, sa durée et les conditions dans lesquelles elle a été notifiée.
Vous avez conduit pendant une suspension du permis ?
Faites vérifier la date d’effet de la suspension, sa durée, sa notification et les suites pénales envisagées.
Conduire malgré l’invalidation du permis
L’invalidation intervient lorsque le solde de points du permis atteint zéro.
L’administration adresse alors au conducteur une lettre recommandée référencée 48SI. Cette décision l’informe que son permis a perdu sa validité et qu’il doit le restituer à l’administration.
La réception de la lettre 48SI signifie que le conducteur n’a plus le droit de conduire, et le permis doit en principe être restitué dans les dix jours suivant cette réception.
L’invalidation est une mesure administrative. Elle ne doit pas être confondue avec l’annulation judiciaire prononcée par un tribunal.
La conduite malgré invalidation est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende.
Le tribunal peut également prononcer plusieurs peines complémentaires :
- la confiscation ou l’immobilisation du véhicule ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules pendant cinq ans au maximum ;
- un travail d’intérêt général ou une peine de jours-amende ;
- un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
En revanche, aucun retrait supplémentaire de six points ne peut être appliqué sur un permis déjà invalidé, puisque celui-ci a déjà perdu sa validité en raison d’un solde nul.
L’invalidation entraîne par ailleurs une interdiction d’obtenir un nouveau permis pendant six mois. Ce délai est porté à un an lorsque le conducteur a déjà subi une invalidation pour solde nul au cours des cinq années précédentes.
Dans ce type de dossier, la question de la notification de la lettre 48SI est déterminante.
En effet, beaucoup de personnes se retrouvent poursuivies pour conduite malgré l’invalidation du permis de conduire alors même qu’elles n’ont jamais reçu le recommandé 48SI à leur domicile.
Surtout, les poursuites peuvent être abandonnées si l’on obtient la revalidation du permis de conduire.
En effet, un permis revalidé est réputé ne jamais avoir été invalidé, ce qui va faire disparaître le fondement même des poursuites pour conduite malgré invalidation.
Afin de déterminer s’il est possible de revalider un permis dont le solde de points est nul, vous devez vous procurer un relevé d’information intégral et nous le transmettre. Nous pourrons ainsi examiner votre situation et évaluer les chances de récupération de votre ancien permis.
Votre permis a été invalidé pour solde de points nul ?
Le cabinet peut examiner votre relevé d’information intégral et évaluer les possibilités de revalidation de votre ancien permis.
Conduire sans avoir jamais obtenu le permis
La première situation concerne la personne qui conduit un véhicule sans avoir jamais obtenu le permis exigé pour cette catégorie.
Il peut s’agir d’une personne qui n’a jamais passé le permis de conduire, mais aussi d’un conducteur titulaire d’une catégorie qui ne lui permet pas de conduire le véhicule concerné.
Une personne titulaire du permis B qui conduit un véhicule nécessitant une autre catégorie peut ainsi être poursuivie pour conduite sans être titulaire du permis correspondant.
L’article L221-2 du Code de la route punit cette infraction de 1 an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Le tribunal peut également prononcer plusieurs peines complémentaires :
- la confiscation du véhicule appartenant au conducteur ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules pendant une durée maximale de cinq ans ;
- un travail d’intérêt général ou une peine de jours-amende ;
- un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Lorsque les conditions légales sont réunies, l’infraction peut être traitée par une amende forfaitaire délictuelle, sans audience immédiate devant le tribunal.
La situation est nettement plus grave lorsqu’un faux permis ou un permis falsifié est présenté. Il ne s’agit alors plus seulement d’une conduite sans permis, mais d’une infraction distincte exposant à des sanctions plus importantes.
Cette situation ne doit pas être confondue avec le simple fait de ne pas pouvoir présenter immédiatement son permis lors d’un contrôle. Un conducteur qui possède un permis valide mais qui ne l’a pas sur lui ne commet pas une conduite sans permis.
Conduire malgré une rétention du permis
La rétention du permis est une mesure provisoire prise immédiatement par les forces de l’ordre à la suite de certaines infractions, notamment en matière d’alcool, de stupéfiants ou de grand excès de vitesse.
Pendant cette période, le conducteur ne peut plus conduire, même si le préfet n’a pas encore rendu son arrêté de suspension.
La conduite malgré une rétention est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende.
Le conducteur s’expose également à un retrait de 6 points ainsi qu’à plusieurs peines complémentaires :
- une suspension complémentaire du permis pouvant atteindre trois ans ;
- l’annulation du permis avec interdiction d’en solliciter un nouveau pendant une durée maximale de trois ans ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules pendant cinq ans au maximum ;
- la confiscation ou l’immobilisation du véhicule ;
- un travail d’intérêt général, des jours-amende ou un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
L’interdiction de conduire certains véhicules ne doit pas être confondue avec l’interdiction de solliciter un nouveau permis. La première peut atteindre cinq ans, tandis que la seconde peut être prononcée lorsque le permis est annulé.
Conduire malgré une annulation judiciaire du permis
L’annulation du permis est prononcée par un tribunal.
Elle fait disparaître le permis et s’accompagne généralement d’une interdiction d’en solliciter un nouveau pendant une durée fixée par la juridiction.
Le conducteur devra ensuite accomplir les démarches médicales et administratives nécessaires, puis repasser tout ou partie des épreuves du permis selon sa situation.
La conduite malgré annulation est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende.
Le tribunal peut également prononcer :
- la confiscation ou l’immobilisation du véhicule ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules pendant une durée maximale de cinq ans ;
- un travail d’intérêt général ou une peine de jours-amende ;
- un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
La situation est particulièrement grave lorsque la période d’interdiction de solliciter un nouveau permis est toujours en cours ou lorsque le conducteur n’a pas encore obtenu un nouveau titre après avoir repassé les épreuves.
La fin de l’interdiction ne recrée pas automatiquement l’ancien permis. Tant qu’un nouveau permis n’a pas été valablement délivré, le conducteur ne peut pas reprendre le volant.
| Infraction | Prison maximale | Amende maximale | Retrait de points |
|---|---|---|---|
| Conduite sans avoir obtenu la catégorie exigée | 1 an | 15 000 € | Aucun |
| Conduite malgré rétention | 2 ans | 4 500 € | 6 |
| Conduite malgré suspension | 2 ans | 4 500 € | 6 |
| Conduite malgré invalidation | 2 ans | 4 500 € | Aucun retrait possible |
| Conduite malgré annulation | 2 ans | 4 500 € | Aucun retrait possible |
Les peines maximales sont-elles systématiquement prononcées ?
Les peines indiquées par le Code de la route sont des maximums légaux.
Un conducteur poursuivi pour conduite malgré suspension n’est donc pas automatiquement condamné à deux ans de prison et 4 500 euros d’amende.
Le tribunal apprécie notamment :
- les antécédents judiciaires et l’existence d’une éventuelle récidive ;
- la durée du trajet et les raisons de la conduite ;
- l’attitude du conducteur et ses démarches de régularisation ;
- sa situation professionnelle, familiale et financière ;
- les autres infractions éventuellement commises.
Une conduite malgré suspension isolée ne sera pas nécessairement traitée de la même manière qu’une conduite accompagnée d’un refus d’obtempérer, d’un défaut d’assurance, d’une alcoolémie, d’un usage de stupéfiants ou d’un accident.
Lorsque les faits ne peuvent pas utilement être contestés, la défense peut porter sur la nature et le niveau de la peine.
Pourquoi peut-on être interdit de passer ou de repasser le permis ?
L’expression « interdiction de passer le permis pendant cinq ans » recouvre souvent plusieurs mesures juridiques différentes. Il faut notamment distinguer l’interdiction de conduire certains véhicules, l’annulation du permis accompagnée d’une interdiction d’en solliciter un nouveau et le délai applicable après une invalidation pour perte totale des points.
En cas de conduite sans permis ou de conduite malgré une suspension, le tribunal peut prononcer une interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur pendant une durée maximale de cinq ans. Cette interdiction peut même concerner des véhicules pour lesquels aucun permis n’est normalement exigé.
Cette peine ne signifie toutefois pas nécessairement que le conducteur ne peut pas s’inscrire à l’examen du permis pendant cinq ans. Elle porte d’abord sur le droit de conduire les véhicules désignés par la décision.
Une véritable interdiction de solliciter un nouveau permis peut, en revanche, accompagner une annulation judiciaire. Lorsqu’une personne est condamnée pour avoir conduit malgré une suspension ou une rétention, le tribunal peut notamment annuler son permis et lui interdire d’en solliciter un nouveau pendant une durée pouvant atteindre trois ans.
Il faut donc vérifier avec précision les termes employés dans le jugement :
- une interdiction de conduire certains véhicules n’est pas une interdiction de passer l’examen ;
- une interdiction de solliciter un nouveau permis empêche effectivement d’engager les démarches avant l’expiration du délai ;
- une invalidation pour solde nul obéit à un régime administratif différent de celui de l’annulation judiciaire.
La durée de cinq ans fréquemment évoquée correspond donc souvent à l’interdiction de conduire certains véhicules et non à une interdiction générale de passer ou de repasser le permis.
Seule la lecture de la décision permet de déterminer la mesure réellement prononcée, sa durée et les démarches qui pourront être entreprises pour récupérer le droit de conduire.
Peut-on recevoir une amende forfaitaire de 800 euros ?
Une amende forfaitaire délictuelle peut être utilisée dans certains dossiers de conduite sans avoir obtenu le permis correspondant au véhicule.
Son montant normal est de 800 euros. Il peut être minoré à 640 euros en cas de paiement rapide ou majoré à 1 600 euros lorsque les délais ne sont pas respectés.
Cette procédure ne s’applique toutefois pas automatiquement à toutes les situations qualifiées de « conduite sans permis ».
Elle ne doit notamment pas être confondue avec les poursuites engagées pour conduite malgré suspension, invalidation ou annulation.
L’amende forfaitaire est également soumise à des conditions tenant notamment à l’âge du conducteur, à ses antécédents et au contexte de l’infraction. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, le procureur de la République peut choisir une autre procédure.
Attention avant de payer
Le paiement de l’amende signifie que le conducteur reconnaît l’infraction. Une fois l’amende payée, l’avis ne peut plus être contesté selon la procédure ordinaire. Il est donc important de comprendre exactement ce qui est reproché avant de procéder au paiement.
À partir de quand n’a-t-on plus le droit de conduire ?
La date à laquelle l’interdiction devient effective est une question centrale.
Il ne suffit pas de constater qu’une décision existe. Il faut déterminer quand elle a commencé à produire ses effets à l’égard du conducteur.
Après une suspension administrative
La suspension administrative est décidée par le préfet après une rétention du permis.
La décision précise sa durée ainsi que les voies de recours. Elle peut être remise au conducteur ou lui être adressée par courrier recommandé avec accusé de réception.
Il faut examiner la date de notification, la date de départ de la mesure et la durée exacte mentionnée sur l’arrêté. Pour en savoir plus sur la question de la notification de la suspension préfectorale, vous pouvez consulter notre article détaillé sur le sujet.
Lorsqu’une suspension judiciaire intervient avant la fin d’une suspension administrative, elle remplace cette dernière. Les deux durées ne s’additionnent pas automatiquement.
Après une suspension judiciaire
La suspension judiciaire peut être prononcée par un jugement, une ordonnance pénale, une composition pénale acceptée ou dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
La date d’effet dépend de la nature de la décision et des modalités selon lesquelles elle a été rendue ou portée à la connaissance du conducteur.
Certaines décisions peuvent être déclarées exécutoires par provision. Il est donc dangereux de considérer qu’un recours ou un délai de recours autorise nécessairement à continuer de conduire.
Le dispositif de la décision et les documents de notification doivent être lus attentivement.
Après une invalidation pour solde nul
La lettre 48SI informe le conducteur que son solde est nul, que son permis a perdu sa validité et qu’il lui est interdit de conduire.
La preuve de la notification est souvent un point important du dossier : si vous voulez en savoir plus à ce sujet, vous pouvez consulter notre article relatif à la 48SI.
Une lettre recommandée non réclamée peut, selon les circonstances, être regardée comme régulièrement notifiée. Une absence de signature personnelle ne suffit donc pas toujours à établir que la décision était inopposable.
Après une annulation judiciaire
L’annulation peut prendre effet à la date fixée par le tribunal ou selon les conditions d’exécution mentionnées dans la décision.
Le conducteur doit ensuite respecter la durée pendant laquelle il lui est interdit de solliciter un nouveau permis.
Même après cette période, il doit accomplir les démarches médicales et administratives nécessaires et obtenir un nouveau titre avant de conduire.
Peut-on conduire dès la fin de la suspension ?
La fin de la durée inscrite sur l’arrêté ou sur le jugement ne permet pas toujours de reprendre immédiatement le volant.
En cas de suspension supérieure à un mois, un contrôle médical est nécessaire pour récupérer le permis. Un examen psychotechnique est également obligatoire lorsque la suspension atteint au moins six mois.
Il faut donc anticiper ces démarches avant la date de fin de suspension.
Attention, un conducteur qui reprend le volant au seul motif que la date inscrite sur l’arrêté est dépassée sans avoir fait les formalités administratives va être poursuivi en justice pour conduite malgré la suspension du permis.
Que se passe-t-il après un contrôle pour conduite sans permis ?
Lors d’un contrôle, les forces de l’ordre consultent les fichiers permettant de vérifier l’existence du permis et son statut.
Si elles constatent que le conducteur n’a jamais obtenu le permis ou qu’il conduit malgré une suspension, une invalidation ou une annulation, le véhicule peut être immobilisé.
Le conducteur peut ensuite être entendu librement ou placé en garde à vue selon les circonstances du dossier.
Les procès-verbaux sont transmis au procureur de la République, qui décide de la suite de la procédure.
Le dossier peut notamment donner lieu à :
- une amende forfaitaire délictuelle ;
- une composition pénale ;
- une ordonnance pénale ;
- une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ;
- une convocation devant le tribunal correctionnel.
Dans les dossiers les plus graves, notamment lorsqu’il existe une récidive, un accident, un refus d’obtempérer ou plusieurs délits simultanés, une procédure rapide peut être envisagée.
La conduite sans permis entraîne-t-elle toujours un retrait de six points ?
Non.
Le retrait de six points concerne la conduite commise malgré une suspension ou une rétention du permis.
Il ne s’applique pas à une personne qui n’a jamais obtenu le permis, puisqu’aucun titre valide ne peut être affecté par le retrait.
Il ne peut pas davantage être exécuté sur un permis déjà invalidé pour solde nul ou supprimé par une annulation judiciaire.
Cette différence peut avoir des conséquences importantes. Un conducteur disposant encore d’un permis valide mais suspendu peut perdre six points en plus des sanctions pénales. Si son solde est faible, cette perte de points peut entraîner une invalidation ultérieure.
Que risque-t-on en cas de récidive de conduite sans permis ?
Une nouvelle conduite sans permis ne constitue pas automatiquement une récidive au sens juridique du terme. Pour que la récidive légale soit retenue, il faut notamment qu’une première condamnation soit devenue définitive et que la nouvelle infraction ait été commise dans le délai prévu par la loi.
Lorsqu’une personne déjà condamnée définitivement pour un délit commet, dans le délai de cinq ans suivant l’expiration ou la prescription de la précédente peine, le même délit ou un délit assimilé, le maximum des peines d’emprisonnement et d’amende encourues peut être doublé.
Ainsi, en cas de récidive légale de conduite sans avoir obtenu le permis correspondant au véhicule, les peines maximales peuvent atteindre :
- 2 ans d’emprisonnement ;
- 30 000 euros d’amende.
La juridiction peut également prononcer les peines complémentaires prévues pour la conduite sans permis, notamment la confiscation du véhicule lorsque le conducteur en est propriétaire, l’interdiction de conduire certains véhicules pendant une durée maximale de cinq ans, un travail d’intérêt général, une peine de jours-amende ou un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Lorsque les conditions de la récidive légale ne sont pas réunies, les faits peuvent néanmoins constituer une réitération. La peine maximale n’est alors pas automatiquement doublée, mais les précédentes condamnations restent prises en compte par le tribunal.
Des faits répétés peuvent ainsi conduire à une réponse pénale plus sévère qu’en présence d’une première infraction.
L’analyse doit donc porter sur la date et la nature des condamnations antérieures, leur caractère définitif, la date des nouveaux faits et la qualification exacte retenue.
Il faut également vérifier si la nouvelle procédure concerne une absence totale de permis, une conduite malgré suspension, une invalidation pour solde nul ou une annulation judiciaire.
Faites analyser votre situation
Un examen de la procédure permet de déterminer la stratégie de défense adaptée.
Que se passe-t-il en cas d’accident sans permis valide ?
La conduite sans permis ne prive pas les victimes de leur droit à indemnisation.
Les passagers, piétons, cyclistes ou occupants d’un autre véhicule peuvent être indemnisés selon les règles applicables aux accidents de la circulation.
En revanche, l’absence de permis va avoir de lourdes conséquences pour le conducteur responsable.
Le contrat d’assurance prévoit le plus souvent une exclusion de garantie lorsque le véhicule est conduit par une personne qui ne possède pas le permis nécessaire. L’assureur va alors indemniser les victimes dans les conditions prévues par la loi, puis exercer un recours contre le conducteur ou l’assuré selon le contrat et les circonstances.
Lorsque le véhicule n’était pas assuré, le Fonds de garantie peut intervenir pour indemniser les victimes éligibles, puis se retourner contre le responsable afin de récupérer les sommes versées.
Ces sommes peuvent devenir très importantes en présence de blessures graves nécessitant des soins, une assistance quotidienne, une perte de revenus ou l’aménagement d’un logement.
Peut-on conduire une voiture sans permis pendant une suspension ou une invalidation ?
La réponse dépend de la nature exacte de la décision et du véhicule utilisé.
Un tribunal peut prononcer une interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur, y compris ceux pour lesquels aucun permis n’est exigé.
Il faut donc lire précisément l’arrêté, le jugement et les éventuelles peines complémentaires avant d’utiliser une voiturette, un scooter ou un autre véhicule.
Quels moyens de défense en cas de conduite sans permis ?
La défense ne consiste pas uniquement à rechercher un vice de procédure.
Elle commence par une analyse complète de la situation juridique du conducteur et des pièces utilisées pour établir l’infraction.
Il faut notamment vérifier :
- la qualification juridique exacte de l’infraction ;
- la réalité de la conduite et l’identification du conducteur ;
- la validité, la durée et la date d’effet de la décision initiale ;
- les conditions de notification de la suspension ou de la lettre 48SI ;
- la cohérence des procès-verbaux et des informations administratives ;
- la situation particulière d’un permis étranger ou d’une catégorie de permis différente.
Une erreur administrative peut parfois expliquer une discordance entre le statut réel du permis et les informations consultées lors du contrôle.
Lorsque l’infraction paraît établie, la défense peut porter sur la peine.
Il faut alors préparer les justificatifs relatifs à l’emploi, à la famille, aux revenus, aux charges, aux démarches de régularisation et aux conséquences qu’une peine particulière pourrait entraîner.
L’objectif peut être d’éviter une confiscation, une peine d’emprisonnement ou une interdiction trop longue, tout en présentant au tribunal une solution crédible pour prévenir une nouvelle infraction.
Faites analyser votre situation
Un examen de la procédure permet de déterminer la stratégie de défense adaptée.
Questions fréquentes sur la conduite sans permis
Est-ce un délit de conduire sans permis ?
Oui. La conduite sans être titulaire du permis correspondant est un délit, tout comme la conduite malgré une suspension, une rétention, une invalidation ou une annulation.
Les sanctions diffèrent cependant selon la qualification retenue.
Quelle amende pour une première conduite sans permis ?
Lorsqu’une personne n’a jamais obtenu le permis correspondant, la peine maximale est de 15 000 euros d’amende.
Une amende forfaitaire de 800 euros, minorée à 640 euros ou majorée à 1 600 euros, peut être appliquée lorsque les conditions légales de cette procédure sont réunies.
Risque-t-on la prison pour conduite sans permis ?
La prison fait partie des peines prévues par la loi.
Elle n’est cependant pas automatique. Le risque dépend des antécédents, du contexte, de l’existence d’une récidive et des autres infractions éventuellement commises.
Combien de points perd-on en conduisant pendant une suspension ?
La conduite malgré suspension ou rétention entraîne une réduction de 6 points.
Ce retrait s’ajoute aux sanctions pénales et peut provoquer l’invalidation du permis lorsque le solde restant est insuffisant.
Peut-on conduire après la date de fin de suspension ?
Non, pas sans avoir respecté les formalités administratives nécessaires.
Lorsque des examens médicaux ou psychotechniques sont obligatoires, ils doivent être accomplis pour récupérer le permis. Il faut également vérifier que le droit de conduire a bien été rétabli administrativement.
Le véhicule peut-il être confisqué ?
Oui. La confiscation peut être prononcée dans plusieurs situations, notamment lorsque le conducteur est propriétaire du véhicule utilisé pour commettre l’infraction.
Le véhicule peut aussi être immobilisé ou placé en fourrière pendant la procédure.
L’employeur est-il informé de la condamnation ?
Il n’existe pas de notification automatique de toute condamnation à l’employeur.
La situation peut toutefois devenir connue lorsque le salarié doit informer son employeur de l’impossibilité de conduire ou lorsque le permis est indispensable à ses fonctions.
Peut-on conduire un scooter pendant une suspension ?
Cela dépend de la catégorie du scooter et de la portée exacte de la décision.
Une interdiction complémentaire peut viser les véhicules dont la conduite ne nécessite pas de permis. Le jugement ou l’arrêté doit donc être vérifié avant toute reprise de la conduite.
Que risque le propriétaire qui prête son véhicule à une personne sans permis ?
Le propriétaire peut rencontrer des difficultés s’il savait que le conducteur n’avait pas le droit de conduire.
Sa responsabilité pénale peut être recherchée selon son comportement et son implication. L’assureur peut également opposer certaines exclusions ou exercer un recours selon les clauses du contrat et les circonstances.
Article rédigé par Maître Auni KIRMEN, Avocat à la Cour.
Mis à jour le 21 juillet 2026.
