Ces chiffres restent néanmoins indicatifs : le montant réellement versé dépend du rapport d’expertise médicale, de l’âge de la victime, de sa situation personnelle et professionnelle ainsi que des répercussions concrètes de l’accident.
Il n’existe pas à proprement parler de somme forfaitaire applicable à toutes les victimes. L’indemnisation doit être calculée poste par poste, en distinguant les préjudices subis avant la consolidation de ceux qui subsistent définitivement.
Les assureurs, les avocats et les juridictions utilisent néanmoins plusieurs outils de référence pour évaluer les préjudices corporels. Parmi eux figurent notamment la nomenclature Dintilhac, qui classe les différents postes de préjudice, ainsi que des référentiels indicatifs établis à partir de la jurisprudence.
Ne laissez pas l’assureur fixer seul votre indemnisation
Une offre sous-évaluée peut vous faire perdre une part importante des sommes auxquelles vous pouvez prétendre.
Tableau récapitulatif des principaux postes de préjudice
L’indemnisation d’un accident corporel ne repose pas sur un montant global unique. Elle est construite à partir de plusieurs postes de préjudice distincts.
| Poste de préjudice | Préjudice indemnisé |
|---|---|
| Dépenses de santé actuelles | Frais médicaux restant à charge avant consolidation |
| Pertes de gains actuels | Revenus perdus avant consolidation |
| Frais divers | Déplacements, assistance et médecin-conseil |
| Déficit fonctionnel temporaire | Gêne quotidienne avant consolidation |
| Souffrances endurées | Douleurs physiques et psychologiques |
| Préjudice esthétique temporaire | Altération provisoire de l’apparence |
| Déficit fonctionnel permanent | Séquelles définitives dans la vie personnelle |
| Préjudice esthétique permanent | Altération durable de l’apparence |
| Préjudice d’agrément | Limitation d’une activité sportive ou de loisir |
| Tierce personne | Besoin temporaire ou permanent d’aide humaine |
| Pertes de gains futurs | Revenus perdus après consolidation |
| Incidence professionnelle | Pénibilité, dévalorisation ou reconversion |
| Frais futurs | Soins, équipements et adaptations durables |
Certains postes sont calculés à partir d’un taux ou d’une cotation médicale. D’autres exigent une analyse économique complète et des justificatifs précis.
Tableau d’indemnisation du déficit fonctionnel temporaire
Le déficit fonctionnel temporaire, ou DFT, indemnise la gêne rencontrée par la victime dans sa vie quotidienne entre l’accident et la consolidation.
Il ne correspond pas à l’arrêt de travail. Une personne peut avoir repris son activité professionnelle tout en continuant à subir un déficit fonctionnel temporaire, par exemple en raison de douleurs, d’une limitation des déplacements ou de l’impossibilité d’accomplir certaines tâches habituelles.
Le référentiel Mornet 2025 mentionne une base généralement comprise entre 750 et 1 000 euros par mois, soit environ 25 à 33 euros par jour, pour un déficit fonctionnel temporaire total. Lorsque le déficit n’est que partiel, ce montant est réduit en fonction du niveau retenu par l’expert.
| Niveau de DFT | Taux | Base par jour |
|---|---|---|
| DFT total | 100 % | 25 à 33 € |
| Classe IV | 75 % | 18,75 à 24,75 € |
| Classe III | 50 % | 12,50 à 16,50 € |
| Classe II | 25 % | 6,25 à 8,25 € |
| Classe I | 10 % | 2,50 à 3,30 € |
Exemple de calcul du DFT
Une victime subit :
- 10 jours de DFT total ;
- 40 jours de classe III à 50 % ;
- 60 jours de classe I à 10 %.
Sur une base de 30 euros par jour, le calcul indicatif serait le suivant :
| Période | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| 10 jours à 100 % | 10 × 30 € | 300 € |
| 40 jours à 50 % | 40 × 15 € | 600 € |
| 60 jours à 10 % | 60 × 3 € | 180 € |
| Total indicatif | — | 1 080 € |
Cette somme indemnise uniquement la gêne temporaire dans la vie quotidienne. Les pertes de salaire, les frais médicaux et l’aide humaine doivent être calculés séparément.
Tableau des souffrances endurées de 1/7 à 7/7
Les souffrances endurées, parfois désignées par l’expression pretium doloris, correspondent aux douleurs physiques et psychologiques subies entre l’accident et la consolidation.
L’expert médical tient notamment compte :
- de la gravité des blessures ;
- de la durée des hospitalisations ;
- des interventions chirurgicales ;
- des traitements et de la rééducation ;
- des complications éventuelles ;
- du retentissement psychologique.
La cotation est généralement exprimée sur une échelle allant de 1/7 à 7/7.
| Cotation | Niveau | Montant indicatif |
|---|---|---|
| 1/7 | Très léger | Jusqu’à 2 000 € |
| 2/7 | Léger | 2 000 à 4 000 € |
| 3/7 | Modéré | 4 000 à 8 000 € |
| 4/7 | Moyen | 8 000 à 20 000 € |
| 5/7 | Assez important | 20 000 à 35 000 € |
| 6/7 | Important | 35 000 à 50 000 € |
| 7/7 | Très important | 50 000 à 80 000 € |
| Exceptionnel | Hors cotation habituelle | 80 000 € et plus |
Ces références restent indicatives et doivent être adaptées aux circonstances médicales de chaque dossier.
Le mot de Maître Lefebvre
La cotation médicale et sa valorisation financière sont deux opérations différentes. Le médecin expert évalue l’importance des souffrances. Leur montant est ensuite discuté avec l’assureur ou déterminé par le juge.
Une cotation de 4/7 ne signifie donc pas automatiquement que la victime recevra un montant précis. La durée des soins, le nombre d’opérations et les conséquences psychologiques peuvent justifier une valorisation différente à l’intérieur de la fourchette.
Tableau du préjudice esthétique permanent
Le préjudice esthétique permanent indemnise l’altération définitive de l’apparence physique après consolidation.
Il peut résulter notamment :
- d’une cicatrice ;
- d’une déformation ou d’une boiterie ;
- de l’utilisation permanente d’un appareillage ;
- d’une atteinte visible du visage ou du corps.
Comme les souffrances endurées, il est généralement évalué sur une échelle allant de 1/7 à 7/7.
| Cotation | Niveau | Montant indicatif |
|---|---|---|
| 1/7 | Très léger | Jusqu’à 2 000 € |
| 2/7 | Léger | 2 000 à 4 000 € |
| 3/7 | Modéré | 4 000 à 8 000 € |
| 4/7 | Moyen | 8 000 à 20 000 € |
| 5/7 | Assez important | 20 000 à 35 000 € |
| 6/7 | Important | 35 000 à 50 000 € |
| 7/7 | Très important | 50 000 à 80 000 € |
| Exceptionnel | Atteinte majeure | 80 000 € et plus |
Le montant peut être modulé selon l’âge de la victime, sa situation personnelle et, dans certaines circonstances, son activité professionnelle.
Une cicatrice ne correspond toutefois pas automatiquement à une cotation déterminée. Son emplacement, sa taille, sa visibilité et son retentissement doivent être examinés individuellement.
Il faut également distinguer le préjudice esthétique permanent du préjudice esthétique temporaire, qui concerne l’apparence de la victime avant la consolidation.
Tableau du déficit fonctionnel permanent selon l’âge et le taux
Le déficit fonctionnel permanent, ou DFP, indemnise les séquelles définitives qui subsistent après la consolidation.
Il couvre notamment :
- la réduction permanente des capacités physiques, intellectuelles ou psychosensorielles ;
- les douleurs permanentes ;
- la perte de qualité de vie ;
- les troubles dans les conditions d’existence.
Le DFP est exprimé en pourcentage. Plus le taux est important, plus la valeur indicative du point augmente. Cette valeur diminue en revanche généralement avec l’âge.
Le terme AIPP, pour atteinte à l’intégrité physique et psychique, reste encore souvent employé dans les rapports médicaux ou par les internautes. Dans le cadre de la nomenclature Dintilhac, le poste indemnisé est principalement désigné sous le nom de déficit fonctionnel permanent.
Valeur indicative du point de DFP
Le tableau suivant reprend une sélection de valeurs indicatives. Elles doivent être actualisées et confrontées aux références applicables au dossier.
| Taux de DFP | 21 à 40 ans | 41 à 60 ans | 61 à 70 ans |
|---|---|---|---|
| 1 à 5 % | 1 770 à 1 960 € | 1 400 à 1 580 € | 1 210 € |
| 6 à 10 % | 2 035 à 2 255 € | 1 560 à 1 800 € | 1 320 € |
| 11 à 15 % | 2 300 à 2 550 € | 1 730 à 2 025 € | 1 430 € |
| 16 à 20 % | 2 560 à 2 850 € | 1 890 à 2 245 € | 1 540 € |
Le montant indicatif du DFP est obtenu en multipliant le taux retenu par la valeur du point.
Exemple pour un DFP de 8 %
Une victime âgée de 38 ans obtient un taux de DFP de 8 %.
Pour la tranche de 6 à 10 % et la catégorie d’âge de 31 à 40 ans, la valeur indicative du point est de 2 035 euros.
Le calcul serait alors :
8 × 2 035 € = 16 280 €
Cette somme ne correspond qu’au déficit fonctionnel permanent. Elle ne comprend pas les souffrances endurées, les pertes de revenus, la tierce personne, le préjudice esthétique ou l’incidence professionnelle.
Attention
Une indemnisation totale ne doit jamais être calculée en multipliant simplement le taux d’AIPP ou de DFP par une valeur du point.
Vous avez reçu une offre d’indemnisation ? Ne l’acceptez pas trop vite
Faites vérifier chaque poste avant de signer une proposition qui pourrait définitivement limiter votre indemnisation.
Les postes qui ne peuvent pas être évalués avec un simple tableau
Certains préjudices ne peuvent pas être sérieusement chiffrés à partir d’une moyenne ou d’une cotation médicale.
Les pertes de revenus avant consolidation
Les pertes de gains professionnels actuels correspondent aux revenus que la victime aurait perçus si l’accident n’avait pas eu lieu.
Le calcul doit notamment prendre en compte :
- les salaires ou revenus professionnels antérieurs ;
- les indemnités journalières et les compléments de salaire ;
- les primes et revenus variables ;
- les prestations déjà versées.
Pour un indépendant, un commerçant ou un dirigeant, l’analyse peut nécessiter l’examen de plusieurs exercices comptables.
Les pertes de revenus futurs
Lorsque les séquelles empêchent la victime de reprendre son activité ou entraînent une réduction durable de revenus, les pertes futures doivent être projetées sur plusieurs années.
Le calcul dépend alors de la carrière qui pouvait raisonnablement être envisagée, de l’âge de la victime, de ses perspectives d’évolution et des possibilités de reclassement.
L’incidence professionnelle
L’incidence professionnelle est distincte de la perte de revenus.
Elle peut indemniser :
- une pénibilité accrue ou une dévalorisation sur le marché du travail ;
- la perte d’une chance de promotion ;
- l’obligation de changer de métier ;
- l’abandon d’une activité professionnelle choisie ;
- la nécessité de travailler davantage pour obtenir le même résultat.
Un faible taux de DFP n’exclut pas une incidence professionnelle importante. Une séquelle limitée peut avoir des conséquences majeures pour un artisan, un chauffeur, un sportif professionnel ou toute personne exerçant une activité physiquement exigeante.
L’assistance par une tierce personne
La tierce personne indemnise l’aide nécessaire pour accomplir certains actes de la vie quotidienne.
Elle peut concerner :
- la toilette, l’habillage et les déplacements ;
- la préparation des repas et les courses ;
- certaines tâches domestiques ;
- l’accompagnement administratif ou médical.
Cette aide doit être indemnisée même lorsqu’elle a été apportée gratuitement par un proche.
Le montant dépend du nombre d’heures retenu par l’expert, de la durée du besoin et du coût horaire applicable. En cas de besoin permanent, le calcul peut nécessiter une capitalisation.
Le préjudice d’agrément
Le préjudice d’agrément indemnise l’impossibilité ou la difficulté à pratiquer régulièrement une activité spécifique, sportive ou de loisirs.
La victime doit être en mesure de démontrer qu’elle pratiquait réellement cette activité avant l’accident. Les licences, attestations, photographies, inscriptions ou témoignages peuvent constituer des justificatifs utiles.
Le logement et le véhicule adaptés
En présence d’un handicap important, l’indemnisation peut comprendre :
- l’aménagement du logement et les travaux d’accessibilité ;
- l’achat ou l’adaptation d’un véhicule ;
- le renouvellement futur de certains équipements ;
- les surcoûts liés au handicap.
Ces dépenses ne peuvent pas être évaluées par un tableau général. Elles doivent être déterminées à partir de devis et des besoins réels de la victime.
Votre indemnisation se joue dès l’expertise médicale
Une expertise mal préparée peut entraîner une sous-évaluation durable de vos séquelles et de vos préjudices.
Exemple de calcul d’une indemnisation après un accident de la route
Prenons l’exemple fictif d’une femme de 38 ans, passagère d’un véhicule, victime d’un accident de la circulation.
Elle présente une fracture nécessitant une opération, plusieurs mois de rééducation et un arrêt de travail. Après consolidation, l’expert retient :
- 5 jours de DFT total ;
- 60 jours de DFT à 50 % ;
- 90 jours de DFT à 25 % ;
- des souffrances endurées évaluées à 3,5/7 ;
- un DFP de 8 % ;
- un préjudice esthétique permanent de 2/7 ;
- 60 heures d’assistance par un proche ;
- une perte de salaire de 2 500 euros ;
- une limitation durable dans la pratique de la course à pied.
Estimation pédagogique
| Poste | Base retenue | Estimation |
|---|---|---|
| DFT total | 5 × 30 € | 150 € |
| DFT à 50 % | 60 × 15 € | 900 € |
| DFT à 25 % | 90 × 7,50 € | 675 € |
| Souffrances endurées | 3,5/7 | 8 000 € |
| DFP | 8 × 2 035 € | 16 280 € |
| Préjudice esthétique | 2/7 | 3 000 € |
| Tierce personne | 60 × 20 € | 1 200 € |
| Pertes de revenus | Justificatifs | 2 500 € |
| Préjudice d’agrément | Évaluation individualisée | 3 000 € |
| Total indicatif | Somme des postes | 35 705 € |
Cet exemple est volontairement simplifié. Dans un dossier réel, il faudrait également examiner les dépenses de santé restant à charge, les frais de déplacement, les frais de médecin-conseil, l’éventuelle incidence professionnelle et les prestations versées par les organismes sociaux.
Exemple pratique
Une offre globale de 25 000 euros ne peut pas être qualifiée de suffisante ou d’insuffisante sans connaître le détail des postes. L’analyse doit porter sur la méthode de calcul, et non uniquement sur le total affiché.
Pourquoi deux victimes avec le même taux de DFP ne reçoivent-elles pas la même somme ?
Le taux de DFP mesure principalement les séquelles affectant la vie personnelle. Il ne résume pas l’ensemble des conséquences de l’accident.
Deux personnes présentant un DFP de 8 % peuvent avoir :
- des durées d’hospitalisation différentes ;
- des souffrances plus ou moins importantes ;
- des pertes de salaire différentes ;
- des métiers plus ou moins affectés ;
- un besoin d’aide humaine différent ;
- des activités de loisirs distinctes ;
- un préjudice esthétique différent.
L’âge joue également un rôle dans la valeur du point. Une séquelle permanente est généralement valorisée davantage chez une victime jeune, car elle devra en supporter les conséquences pendant une période plus longue.
La situation professionnelle peut surtout modifier très fortement l’indemnisation totale. Une limitation de la mobilité peut être relativement compatible avec une activité sédentaire, mais compromettre durablement le métier d’un chauffeur, d’un artisan ou d’un professionnel de terrain.
L’indemnisation dépend-elle de la responsabilité dans l’accident ?
La loi du 5 juillet 1985 organise un régime spécifique pour les accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur.
Le passager, le piéton et le cycliste
Les victimes non conductrices bénéficient d’un régime particulièrement protecteur pour leurs dommages corporels.
Leur propre faute ne peut en principe leur être opposée, sauf faute inexcusable ayant été la cause exclusive de l’accident. La loi prévoit une protection encore renforcée pour certaines victimes, notamment les personnes âgées de moins de 16 ans, de plus de 70 ans ou présentant un taux d’incapacité ou d’invalidité au moins égal à 80 %.
Le conducteur non responsable
Le conducteur qui n’a commis aucune faute susceptible de limiter son droit à indemnisation peut demander la réparation de l’ensemble des préjudices imputables à l’accident.
Le conducteur ayant commis une faute
La faute du conducteur peut avoir pour effet de limiter ou d’exclure son indemnisation. Cette question doit être distinguée de la responsabilité retenue par l’assureur pour les dommages matériels.
Lorsque le conducteur ne peut pas obtenir une réparation intégrale au titre de la loi Badinter, sa propre garantie corporelle du conducteur peut parfois intervenir. Le montant dépend alors du contrat, de ses plafonds, de ses seuils d’intervention et de ses exclusions.
Le responsable est inconnu ou non assuré
Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages peut intervenir lorsqu’un accident a été causé par un véhicule dont le responsable est non assuré ou inconnu, sous réserve des conditions applicables.
En présence d’un conducteur identifié mais non assuré, les préjudices corporels et matériels peuvent être pris en charge. Lorsque l’auteur n’est pas identifié, les dommages corporels peuvent être indemnisés, tandis que l’indemnisation des dommages matériels est soumise à des conditions supplémentaires.
Comment savoir si l’offre de l’assurance est suffisante ?
Le montant total ne suffit pas pour apprécier une offre. Il faut vérifier la manière dont chaque poste a été calculé.
Une offre doit notamment être examinée au regard :
- des conclusions exactes de l’expertise médicale ;
- des périodes de déficit fonctionnel temporaire ;
- de la cotation des souffrances endurées ;
- du taux de DFP ;
- des justificatifs de pertes de revenus ;
- du besoin de tierce personne ;
- des conséquences professionnelles ;
- des frais restés à charge ;
- des activités devenues impossibles ou limitées.
La loi prévoit que l’offre de l’assureur doit comprendre tous les éléments indemnisables du préjudice. Elle peut être provisionnelle lorsque l’état de la victime n’est pas encore consolidé.
Les principaux signaux d’alerte
Une vérification approfondie est particulièrement utile lorsque :
- l’offre ne comporte aucun détail poste par poste ;
- certains postes sont indiqués comme « néant » sans explication ;
- l’aide apportée par la famille n’a pas été indemnisée ;
- les pertes professionnelles ont été limitées au seul salaire immédiatement perdu ;
- l’incidence professionnelle n’a pas été étudiée ;
- le rapport médical ne correspond pas aux difficultés ressenties ;
- la date de consolidation paraît prématurée ;
- le préjudice d’agrément n’a pas été retenu malgré des justificatifs.
Il faut également distinguer le montant global du dommage, les créances des organismes sociaux et la somme revenant effectivement à la victime.
Peut-on contester l’expertise médicale ou l’offre d’indemnisation ?
La victime n’est pas obligée d’accepter les conclusions d’une expertise ou le montant proposé par l’assureur.
Lors de l’expertise médicale, elle peut se faire assister par un médecin-conseil de victime. Cette assistance permet notamment de préparer les documents médicaux, de présenter les difficultés rencontrées et de discuter les conclusions proposées.
La loi impose à l’assureur de rappeler à la victime qu’elle peut se faire assister librement par un avocat et, en cas d’examen médical, par un médecin.
Lorsque le rapport paraît incomplet, plusieurs démarches peuvent être envisagées selon la situation :
- adresser des observations ;
- solliciter un nouvel examen ;
- organiser une expertise amiable contradictoire ;
- demander une expertise judiciaire ;
- négocier chaque poste avec l’assureur ;
- saisir la juridiction compétente.
L’intervention d’un avocat permet en de vérifier le droit à indemnisation, la qualité de l’expertise et la prise en compte de l’ensemble des postes de préjudice.
Votre indemnisation se joue dès l’expertise médicale
Une expertise mal préparée peut entraîner une sous-évaluation durable de vos séquelles et de vos préjudices.
Quand l’indemnisation est-elle versée ?
L’indemnisation définitive intervient généralement après la consolidation, c’est-à-dire lorsque l’état de la victime est considéré comme stabilisé.
La consolidation ne signifie pas nécessairement une guérison. Elle marque le moment à partir duquel les séquelles peuvent être considérées comme permanentes et évaluées.
La loi du 5 juillet 1985 impose à l’assureur de présenter une offre dans un délai maximal de huit mois à compter de l’accident lorsqu’une victime a subi une atteinte à sa personne.
Lorsque l’assureur n’a pas été informé de la consolidation dans les trois mois suivant l’accident, l’offre peut être provisionnelle. L’offre définitive doit alors intervenir dans les cinq mois suivant la date à laquelle l’assureur a été informé de la consolidation.
La victime peut donc recevoir une ou plusieurs provisions avant que l’ensemble de ses préjudices puisse être définitivement chiffré.
Après la signature d’une transaction, elle dispose d’un délai de quinze jours pour la dénoncer par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
Ce qu’un tableau d’indemnisation ne peut pas vous dire
Un tableau peut aider à comprendre certains postes, mais il ne permet pas de déterminer :
- si le droit à indemnisation est total ou limité ;
- si le rapport d’expertise est complet ;
- si la consolidation a été fixée au bon moment ;
- si les séquelles ont été correctement évaluées ;
- si tous les frais ont été pris en compte ;
- si une incidence professionnelle existe ;
- si les besoins futurs ont été correctement estimés ;
- si les prestations des organismes sociaux ont été imputées sur les bons postes ;
- si l’offre correspond à la jurisprudence applicable au dossier ;
- si une garantie contractuelle comporte un plafond ou une franchise.
Le bon réflexe consiste donc à utiliser les tableaux comme des points de comparaison, et non comme des calculateurs définitifs.
Vous avez reçu une offre d’indemnisation ?
Le cabinet peut examiner le rapport d’expertise, vérifier les postes retenus et identifier les préjudices insuffisamment pris en compte.
Questions fréquentes sur les tableaux d’indemnisation
Existe-t-il un barème officiel d’indemnisation des accidents de la route ?
Non. Il existe des référentiels indicatifs et des décisions de jurisprudence, mais aucun barème obligatoire ne fixe automatiquement le montant dû à chaque victime.
Combien vaut un point d’AIPP ou de DFP ?
La valeur du point dépend notamment de l’âge de la victime et de l’importance du taux. Plus le taux est élevé, plus la valeur du point tend à augmenter. Elle diminue généralement avec l’âge.
Quelle indemnisation pour 5 % d’AIPP ?
Le montant dépend de l’âge de la victime. À titre indicatif, une personne âgée de 31 à 40 ans pourrait utiliser une valeur de référence de 1 770 euros par point pour un taux compris entre 1 et 5 %, soit environ 8 850 euros pour le seul DFP. Les autres préjudices doivent être ajoutés séparément.
Quelle indemnisation pour des souffrances cotées 4/7 ?
Une fourchette indicative comprise entre 8 000 et 20 000 euros peut être retenue. Le montant exact dépend des blessures, des traitements, des opérations et de la durée des souffrances.
Peut-on être indemnisé sans séquelle permanente ?
Oui. Même en l’absence de DFP, la victime peut être indemnisée pour son déficit fonctionnel temporaire, ses souffrances endurées, ses pertes de revenus, ses frais et son éventuel besoin d’assistance.
L’âge influence-t-il le montant de l’indemnisation ?
L’âge influence principalement la valeur du point de DFP et le calcul de certains préjudices futurs. Il ne modifie pas automatiquement tous les postes.
Un conducteur responsable peut-il être indemnisé ?
Cela dépend de la faute retenue et du contenu de son contrat. Une faute peut limiter ou exclure son indemnisation au titre de la loi Badinter, mais une garantie corporelle du conducteur peut parfois intervenir.
Comment contester l’offre de l’assurance ?
Il est possible de demander le détail des calculs, de produire des justificatifs complémentaires, de discuter l’expertise médicale et de présenter une contre-proposition. Une expertise contradictoire ou une procédure judiciaire peut parfois être nécessaire.
Peut-on recevoir une provision avant la consolidation ?
Oui. Une provision peut être demandée lorsque le droit à indemnisation n’est pas sérieusement contestable et que les préjudices définitifs ne peuvent pas encore être évalués.
Combien de temps faut-il pour être indemnisé ?
Le délai dépend notamment de la gravité des blessures et de la date de consolidation. La loi prévoit une offre dans les huit mois suivant l’accident, mais cette offre peut être provisionnelle lorsque l’état de la victime n’est pas encore stabilisé.
Article rédigé par Maître Yann LEFEBVRE , Avocat à la Cour.
Mis à jour le 20 juillet 2026.
